La famille Hoover est un clan particulièrement excentrique et dysfonctionnel du Nouveau-Mexique. Lorsque la jeune Olive, sept ans, est qualifiée pour le concours de beauté de Little Miss Sunshine en Californie, toute la famille s'embarque dans un break Volkswagen jaune délabré pour un road trip de trois jours. Entre un grand-père junkie, un oncle suicidaire et un frère ayant fait un vœu de silence, le voyage s'annonce explosif. Cette aventure collective va forcer chaque membre à redécouvrir le sens de la solidarité familiale face aux échecs de la vie.
L'idée originale du film est née de l'imagination du scénariste Michael Arndt, qui s'est inspiré d'une déclaration de Arnold Schwarzenegger affirmant que la pire chose au monde était d'être un perdant. Arndt a voulu prendre le contre-pied de cette philosophie ultra-compétitive américaine en mettant en scène une famille de marginaux magnifiques. Le projet a mis plusieurs années à se concrétiser, le scénario ayant été retravaillé pour accentuer la satire sociale des concours de beauté pour enfants. Les réalisateurs Jonathan Dayton et Valerie Faris, venus du monde du clip musical, ont immédiatement été séduits par la justesse de cette histoire douce-amère.
La critique professionnelle a unanimement salué le film lors de sa présentation au Festival de Sundance, soulignant la fraîcheur de son écriture et l'alchimie parfaite de sa distribution. Les observateurs ont loué l'équilibre fragile mais réussi entre une comédie grinçante et une profonde tendresse humaine. Du côté du public, le long-métrage a rencontré un immense succès surprise au box-office mondial, touchant les spectateurs par son message universel sur l'acceptation de soi. Le film a d'ailleurs été couronné par deux Oscars, celui du meilleur scénario original pour Michael Arndt et celui du meilleur acteur dans un second rôle pour Alan Arkin.
Pour l'inspiration, les réalisateurs se sont appuyés sur leur propre expérience des longs trajets en famille pour créer cette atmosphère de promiscuité tragi-comique. La principale difficulté de production résidait dans l'utilisation du célèbre van Volkswagen jaune, qui tombait réellement en panne durant le tournage, forçant les acteurs à le pousser pour de vrai. Une anecdote amusante concerne la scène de la danse finale d'Olive, qui a été gardée secrète auprès des autres acteurs jusqu'au moment du tournage pour obtenir leurs réactions de surprise authentiques. Pour le casting initialement prévu, le rôle du grand-père avait d'abord été proposé à d'autres figures d'Hollywood avant qu'Alan Arkin ne s'en empare de façon magistrale.
Le film explore en profondeur la critique du culte de la performance et du succès à tout prix dans la société moderne. Il redéfinit la notion de famille, montrant que les liens se soudent dans l'acceptation des failles de chacun plutôt que dans la perfection de façade. La dépression, le deuil et la désillusion face au rêve américain y sont traités avec une légèreté bienvenue.
La fin du film se termine sur la disqualification joyeuse d'Olive après sa chorégraphie transgressive sur scène, rejointe par toute sa famille. Ce geste collectif marque leur libération finale vis-à-vis du regard des autres et des diktats de la réussite. En repartant à bord de leur van décapité, les Hoover n'ont pas gagné le trophée, mais ils ont sauvé leur unité familiale.
Le titre fait directement référence au nom du concours de beauté californien auquel la jeune héroïne souhaite participer. Derrière cette appellation enfantine et lumineuse se cache en réalité une ironie mordante sur le caractère artificiel et standardisé du bonheur et de la beauté que la société tente d'imposer.
La bande originale, composée en grande partie par le groupe DeVotchKa et le compositeur Mychael Danna, apporte une mélancolie festive absolument indissociable de l'identité visuelle et émotionnelle du road-trip.
Le film reste aujourd'hui une référence absolue du cinéma indépendant des années 2000, régulièrement cité dans les rétrospectives sur les chefs-d'œuvre du genre.
On peut le rapprocher d'autres comédies dramatiques chorales et familiales indépendantes comme Captain Fantastic, Juno ou encore l'incontournable Silver Linings Playbook.