Dans la vallée de San Fernando au début des années 1970, Gary Valentine, jeune acteur adolescent débrouillard et plein d'assurance, croise le chemin d'Alana Kane, photographe de vingt-cinq ans employée le temps d'une séance photo scolaire. Malgré leur différence d'âge, une complicité inattendue naît immédiatement entre ces deux personnalités que tout semble pourtant opposer. Au fil de multiples aventures entrepreneuriales aussi rocambolesques qu'attachantes, leur relation évolue au gré des hauts et des bas, entre amitié, rivalité et attirance non assumée. Ce portrait nostalgique et solaire de la Californie des seventies suit leur parcours initiatique commun vers l'âge adulte.
Paul Thomas Anderson a puisé dans ses propres souvenirs d'enfance passés dans la vallée de San Fernando, en Californie, région qu'il a déjà largement explorée dans plusieurs de ses films précédents, pour construire ce récit semi-autobiographique et nostalgique. Le personnage de Gary Valentine s'inspire librement du producteur Gary Goetzman, ami de longue date du réalisateur, dont les nombreuses activités entrepreneuriales adolescentes ont directement nourri le scénario du film. Anderson a voulu capturer l'énergie et l'insouciance propres à l'adolescence des années 1970, une époque qu'il affectionne particulièrement pour sa liberté créative et son absence de cynisme. Le réalisateur a choisi de confier les rôles principaux à deux acteurs quasi débutants, Alana Haim, membre du groupe de musique Haim, et Cooper Hoffman, fils de son ami et collaborateur régulier Philip Seymour Hoffman, apportant une fraîcheur et une authenticité particulières au film.
La critique internationale a unanimement salué le film comme l'une des œuvres les plus abouties de Paul Thomas Anderson, saluant sa nostalgie sincère, son humour décalé et la révélation du duo d'acteurs principaux, Alana Haim et Cooper Hoffman. Beaucoup ont souligné la capacité du réalisateur à capturer une époque révolue sans jamais sombrer dans une nostalgie artificielle ou complaisante.
Le public s'est montré séduit par le charme rétro et l'énergie communicative du film, appréciant particulièrement l'alchimie inattendue entre ses deux protagonistes principaux. Le film a néanmoins suscité quelques débats concernant certaines scènes jugées datées dans leur traitement de sujets sensibles, reflet assumé de l'époque représentée.
Le film a été nommé à trois reprises aux Oscars, notamment dans les catégories du meilleur film, du meilleur réalisateur et du meilleur scénario original, confirmant la reconnaissance critique unanime dont a bénéficié cette œuvre nostalgique de Paul Thomas Anderson.
Paul Thomas Anderson s'est directement inspiré de ses propres souvenirs d'enfance dans la vallée de San Fernando ainsi que du parcours entrepreneurial adolescent de son ami Gary Goetzman pour construire ce récit nostalgique et semi-autobiographique.
Le tournage, mené en grande partie en pellicule 35 millimètres selon les habitudes du réalisateur, a nécessité une reconstitution minutieuse de la Californie des années 1970, avec de nombreux décors et véhicules d'époque soigneusement recréés pour l'occasion.
Une scène de poursuite en camion sans essence dévalant les collines de la vallée, moment emblématique du film, a nécessité une chorégraphie de cascade particulièrement précise afin de restituer le chaos comique et la tension de cette séquence mémorable.
Alana Haim et Cooper Hoffman, tous deux quasi débutants au cinéma, ont bénéficié d'un long travail de répétition avec Paul Thomas Anderson afin de construire la complicité naturelle et l'alchimie si particulière qui caractérise leur duo à l'écran.
Le film explore le passage à l'âge adulte et la difficulté à définir sa place dans le monde, à travers les nombreuses aventures entrepreneuriales et amoureuses de ses deux personnages principaux. Il aborde également la nostalgie d'une époque révolue, la Californie des années 1970 étant dépeinte avec une tendresse et une liberté créative particulières. Le film questionne aussi les frontières floues de l'amitié amoureuse, la relation entre Gary et Alana évoluant constamment entre complicité fraternelle et attirance non assumée. L'ambition et la débrouillardise juvénile, incarnées par les multiples entreprises improbables de Gary, constituent enfin un fil narratif central et particulièrement solaire du récit.
Après une série d'aventures et de séparations temporaires les ayant éloignés l'un de l'autre à plusieurs reprises, Gary et Alana finissent par se retrouver définitivement, courant l'un vers l'autre à travers les rues de la vallée de San Fernando dans une scène finale résolument romantique et joyeuse. Cette conclusion, bien que laissant leur relation future délibérément indéfinie compte tenu de leur différence d'âge, célèbre avant tout la force du lien affectif unique qui les unit au-delà des conventions sociales habituelles. Le film refuse toute résolution moralisatrice sur la nature de leur relation, préférant célébrer la spontanéité et l'énergie de leur complicité plutôt que d'en définir précisément les contours. Cette fin ouverte et solaire referme le récit sur une note d'optimisme juvénile fidèle à l'esprit nostalgique de l'ensemble du film.
Le titre "Licorice Pizza" (littéralement "pizza à la réglisse") fait référence au nom d'une célèbre chaîne de magasins de disques vinyles californienne active dans les années 1970, dont l'apparence des disques noirs et ronds évoquait justement une pizza à la réglisse, incarnant à elle seule toute la nostalgie musicale et culturelle de l'époque représentée dans le film.
La bande originale du film puise abondamment dans le répertoire musical populaire des années 1970, mêlant titres de David Bowie, Paul McCartney and Wings ou encore Sonny and Cher, contribuant grandement à l'immersion nostalgique et à l'authenticité de l'ambiance californienne recréée par Paul Thomas Anderson.
Le succès critique du film a définitivement lancé la carrière cinématographique d'Alana Haim, l'actrice ayant depuis reçu de nombreuses propositions de rôles tout en poursuivant en parallèle sa carrière musicale au sein du groupe Haim.
Boogie Nights (1997), American Graffiti (1973), Once Upon a Time... in Hollywood (2019), Dazed and Confused (1993)