Dimanche, 12 juillet 2026
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L’Homme qui aimait les femmes

L’Homme qui aimait les femmes

1977 France
Synopsis

Bertrand Morane, ingénieur en aéronautique à Montpellier, est obsédé par les femmes depuis sa plus tendre enfance — leur beauté, leur mystère, leurs jambes — et passe sa vie à les séduire, à les perdre et à les retrouver dans un cycle enchanté et mélancolique. En rédigeant les mémoires de cet amour insatiable pour la mémoire de ses conquêtes, il confie à une maison d'édition le récit de ses aventures, dont la lecture va transformer la vie de son éditrice. Un autoportrait déguisé de Truffaut lui-même, d'une légèreté et d'une lucidité admirables sur le désir et la solitude.

Genèse du film

L'Homme qui aimait les femmes est profondément autobiographique : Truffaut, lui-même grand amateur de femmes et de leurs mystères depuis son enfance, a voulu transposer dans un film à la fois léger et mélancolique sa propre relation à l'amour féminin, sa fascination pour les jambes des femmes qu'il a souvent décrite publiquement, et la façon dont cette obsession amoureuse peut coexister avec une profonde solitude. Le personnage de Bertrand Morane emprunte des traits à Truffaut lui-même mais aussi à Henri-Pierre Roché, l'auteur de Jules et Jim, autre grand séducteur littéraire que le cinéaste admirait. Truffaut a co-écrit le scénario avec Michel Fermaud et Suzanne Schiffman, deux collaborateurs fidèles qui l'ont aidé à trouver le ton juste entre la comédie des mœurs et la méditation sur le désir et la mort. Le film constitue un moment important dans la réflexion de Truffaut sur les relations hommes-femmes, thème central de toute son œuvre.

Critiques et réception

Résumé des critiques professionnelles : L'Homme qui aimait les femmes a reçu des critiques globalement positives, les journalistes saluant la légèreté et la lucidité du regard de Truffaut sur la séduction et le désir, ainsi que la performance attachante de Charles Denner dans le rôle principal. Certains critiques ont noté que le film manquait peut-être de la profondeur des meilleurs Truffaut, mais tous ont reconnu le charme et la sincérité de cette méditation sur l'amour.

Réception du public : Le film a connu un succès public honorable, le thème du séducteur invétéré et mélancolique parlant à un large public. Le personnage de Bertrand Morane est rapidement devenu l'une des figures les plus attachantes de la filmographie de Truffaut.

Récompenses obtenues : Le film n'a pas obtenu de récompenses majeures, mais il constitue un jalon important dans la filmographie de Truffaut, souvent cité comme une œuvre à redécouvrir par ceux qui veulent comprendre le cinéaste dans l'intimité de ses obsessions les plus personnelles.

Anecdotes de tournage

Inspirations du réalisateur : Truffaut a déclaré avoir voulu réaliser un film qui soit une déclaration d'amour aux femmes en général et à leur mystère en particulier, s'inspirant de ses propres expériences amoureuses et de sa conviction que la beauté féminine est l'une des grandes consolations de l'existence.

Difficultés de production : Rendre crédible et sympathique un personnage dont l'obsession pour les femmes pourrait apparaître à certains spectateurs comme un manque de respect envers elles a représenté le défi principal du scénario, Truffaut étant soucieux de montrer dans chaque conquête un vrai personnage féminin et pas seulement un objet de désir.

Anecdote sur une scène particulière : La scène dans laquelle Bertrand est renversé par une voiture alors qu'il regardait passer une femme dans la rue est devenue emblématique du film — un homme qui meurt littéralement d'amour, ou plutôt de désir, dans un accident absurde et parfaitement logique compte tenu de son caractère.

Thèmes abordés

L'Homme qui aimait les femmes explore l'obsession amoureuse comme force de vie et comme forme de mélancolie, un personnage qui court après les femmes parce qu'il ne peut pas vivre sans elles mais qui reste fondamentalement seul dans cette course. La séduction est traitée non comme une conquête mais comme une recherche de quelque chose d'insaisissable, une tentative répétée et toujours insuffisante d'atteindre une plénitude que le désir lui-même interdit d'atteindre. L'écriture comme façon de fixer et d'immortaliser ce qui échappe — les visages, les corps, les moments — est au cœur du film, puisque c'est en écrivant ses mémoires que Bertrand cherche à donner un sens à cette vie dispersée entre tant de femmes.

⚠️ Attention : cette section révèle les éléments majeurs de l'intrigue.

Explication de la fin

Bertrand Morane meurt à l'hôpital des suites de son accident, entouré par toutes les femmes qu'il a aimées qui défilent dans ses derniers instants comme un testament vivant de sa vie. Cette fin, à la fois comique dans sa logique absurde et profondément émouvante, est le point final naturel d'une existence qui n'a vécu que pour et par les femmes. Le livre qu'il laisse derrière lui, lu et édité par une femme qui s'y retrouve, est sa façon de continuer à vivre après sa mort — une dernière séduction posthume.

Signification du titre

L'Homme qui aimait les femmes est à la fois la description la plus simple et la plus exacte du personnage principal, mais aussi une déclaration qui transcende l'anecdote pour rejoindre le mythe : Don Juan, Casanova, Roché, et derrière eux Truffaut lui-même. Aimer les femmes, au sens de cet homme et de ce film, n'est pas les collectionner ou les dominer — c'est être captivé par elles, ne pas pouvoir vivre sans elles, reconnaître en chacune quelque chose d'unique et d'irremplaçable que l'on n'aura jamais vraiment.

Actualités

L'Homme qui aimait les femmes est régulièrement redécouvert lors de rétrospectives François Truffaut, présenté comme l'une des œuvres les plus personnelles et les plus sincères du cinéaste. Son regard sur les femmes, chaleureux et respectueux tout en étant parfaitement conscient de sa propre ambivalence, continue de fasciner les spectateurs qui y voient autant un autoportrait qu'un hommage.

Films Similaires

  • Jules et Jim (François Truffaut, 1962)
  • La Femme d'à côté (François Truffaut, 1981)
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  • Don Juan DeMarco (Jeremy Leven, 1994)