Joseph Turner est un agent de second plan de la CIA, chargé de lire et d'analyser des romans d'espionnage pour y déceler des fuites ou des codes cachés. Un jour, alors qu'il s'absente brièvement de son bureau secret à New York, une équipe de tueurs professionnels massacre l'ensemble de ses collègues. Terrifié et livré à lui-même, Turner, sous le nom de code de Condor, réalise qu'il ne peut faire confiance à sa propre hiérarchie. Il kidnappe alors une femme innocente pour se cacher et tenter de comprendre le complot qui le vise.
Le scénario est l'adaptation cinématographique du roman d'espionnage "Les Six Jours du Condor" écrit par James Grady en 1974. Le réalisateur Sydney Pollack a eu l'inspiration d'adapter ce projet en raison du climat de paranoïa politique qui régnait aux États-Unis après le scandale du Watergate. Il a voulu transformer un simple récit de gare en une réflexion profonde sur la transparence de l'État et la manipulation de l'information. L'idée maîtresse était de montrer un intellectuel forcé d'utiliser son cerveau pour survivre à des tueurs de terrain.
À sa sortie, la critique cinématographique américaine a salué un thriller d'une efficacité redoutable et d'une intelligence rare. Les journalistes ont loué la tension constante maintenue par Sydney Pollack et la justesse de l'interprétation de Robert Redford en héros malgré lui. La photographie froide de New York a également été largement complimentée pour sa capacité à renforcer le sentiment de solitude.
Le public a réservé un accueil triomphal au long-métrage, qui est rapidement devenu l'un des plus grands succès de l'année au box-office. Les spectateurs, profondément marqués par l'actualité politique de l'époque, se sont immédiatement identifiés à cette quête de vérité contre les institutions de l'ombre. Le film est devenu une référence absolue du cinéma de paranoïa des années 1970.
Sur le plan des distinctions, le film a été nommé à l'Oscar du meilleur montage en 1976 pour son rythme haletant. Il a également reçu plusieurs récompenses prestigieuses de la part des associations de critiques de cinéma à travers le monde pour son scénario et sa mise en scène efficace.
Le réalisateur s'est inspiré des techniques du reportage journalistique pour filmer les scènes urbaines, préférant les caméras à l'épaule pour capter la panique du protagoniste. Son style a grandement influencé le cinéma de genre moderne.
La production a rencontré des difficultés mineures pour tourner dans les rues bondées de Manhattan sans attirer l'attention des foules curieuses d'apercevoir la star Robert Redford.
Une scène particulièrement marquante est le combat brutal à mains nues dans l'appartement entre Redford et un tueur déguisé en postier, une séquence chorégraphiée de manière extrêmement réaliste pour l'époque.
Pour le casting initial, l'alchimie immédiate entre Robert Redford et Faye Dunaway a poussé le réalisateur à modifier certaines scènes pour approfondir la relation intime entre leurs deux personnages.
Le film explore la paranoïa d'État, la perte de l'éthique au sein des agences de renseignement et l'isolement de l'individu face aux machines bureaucratiques. Il aborde de manière prémonitoire la question du contrôle des ressources énergétiques mondiales, notamment le pétrole, comme déclencheur caché de guerres secrètes et d'assassinats ciblés.
La scène finale montre Turner révélant toute l'affaire au New York Times devant les bureaux du journal, pensant ainsi s'être protégé. Son rival de la CIA lui lance alors une réplique glaçante, lui demandant s'il est bien sûr que le journal osera publier l'histoire. Le film se termine sur ce doute angoissant, soulignant que la vérité peut être étouffée.
Le titre fait référence au nom de code opérationnel du personnage principal au sein de l'agence. La réduction de six à trois jours accentue l'urgence dramatique du récit, montrant la vitesse fulgurante à laquelle la vie d'un homme ordinaire peut basculer dans l'enfer de la traque.
La bande originale fait l'objet d'une mention spéciale pour les superbes compositions jazz-funk de Dave Grusin, qui apportent un rythme urbain et une atmosphère typiquement new-yorkaise au suspense du film.
Le film reste étudié dans les écoles de cinéma comme le modèle parfait du thriller politique américain et a inspiré une adaptation en série télévisée intitulée "Condor" ces dernières années.
Les Hommes du président, Conversation secrète, À cause d'un assassinat, Ennemi d'État.