Solange est une jeune femme brillante qui, faute de mieux, travaille comme caissière dans un grand supermarché. Face à la routine déshumanisante et au mépris de certains clients, elle décide de consigner ses observations quotidiennes dans un journal intime. Ce regard plein d'esprit sur son entourage va rapidement attirer l'attention et bouleverser sa vie professionnelle et personnelle. Entre humour et critique sociale, le film dépeint le parcours d'une héroïne moderne en quête de dignité.
Le projet est né de l'adaptation cinématographique du best-seller éponyme d'Anna Sam, qui a elle-même exercé ce métier pendant plusieurs années. Le réalisateur Pierre Rambaldi a été immédiatement séduit par la justesse et la fraîcheur de ce témoignage authentique. Son intention première était de mettre en lumière une profession souvent invisible aux yeux du grand public tout en conservant une approche romancée et accessible. L'inspiration est venue de cette volonté d'allier chronique sociale et comédie dramatique moderne. Le parcours de l'auteure initiale a servi de fil conducteur pour construire le squelette narratif de l'œuvre.
La presse professionnelle a accueilli le film de manière mitigée, saluant la performance de Déborah François mais regrettant parfois un manque de mordant social. Certains critiques ont pointé du doigt une mise en scène trop lisse par rapport à la réalité brute décrite dans le livre original. Malgré cela, l'aspect chaleureux et la sincérité de la démarche globale ont été largement reconnus par une partie des observateurs. Du côté du grand public, l'accueil a été plus bienveillant, de nombreux spectateurs s'identifiant facilement aux situations quotidiennes dépeintes à l'écran. Les retours soulignent souvent l'empathie dégagée par les personnages secondaires et la légèreté de la narration. Le long-métrage n'a pas obtenu de distinctions majeures ou de récompenses notables lors de sa sortie en salles.
Le cinéaste s'est inspiré des codes de la comédie italienne pour insuffler du rythme et de la couleur à un décor de supermarché initialement terne. La production a dû faire face à la complexité de tourner dans un véritable hypermarché pendant les heures de fermeture nocturnes, imposant un rythme épuisant aux équipes. Pour une scène clé impliquant une cohue de clients, les figurants ont été encouragés à improviser leurs réactions, créant un moment d'authenticité mémorable sur le plateau. Concernant la distribution, le rôle principal avait été envisagé pour une autre actrice montante de l'époque avant que le choix final ne se porte légitimement sur la spontanéité de Déborah François.
Le long-métrage explore en profondeur la précarité de l'emploi et la confrontation quotidienne aux barrières sociales dans notre société de consommation. Il questionne également la quête d'identité et le besoin de reconnaissance individuelle à travers le prisme d'un métier dévalorisé. L'importance de l'écriture comme échappatoire et outil d'émancipation personnelle constitue un autre pilier narratif majeur de cette œuvre contemporaine.
La conclusion voit Solange assumer pleinement son identité d'écrivaine et s'affranchir de sa condition de caissière grâce au succès de ses mémoires publiés. Les dernières scènes symbolisent une libération professionnelle mais surtout un triomphe personnel sur le mépris de classe qu'elle a subi. Elle choisit de tourner la page sans amertume, prête à entamer un nouveau chapitre de sa vie amoureuse et artistique.
Le terme « tribulations » évoque les nombreuses péripéties, obstacles et aventures tragi-comiques que traverse l'héroïne dans son quotidien professionnel. Associer ce mot à la fonction de « caissière » permet d'anoblir cette profession souvent jugée monotone en la transformant en un véritable parcours initiatique.
Le film est régulièrement cité lors des débats sociologiques sur la revalorisation des métiers dits de première ligne. Il bénéficie également de rediffusions télévisées périodiques qui permettent à de nouvelles générations de découvrir cette adaptation littéraire.
On peut rapprocher ce long-métrage d'œuvres comme « Discount » pour son traitement social et humain de l'univers de la grande distribution, ou encore « Le Nom des gens » pour sa fraîcheur narrative et son ton résolument engagé.