Désormais trentenaire, Xavier a quitté ses rêves de grand écrivain pour devenir un nègre littéraire et un scénariste de feuilletons télévisés bas de gamme. Sa vie amoureuse n'est guère plus stable, balancée entre des aventures sans lendemain et des retrouvailles nostalgiques avec ses anciennes amours. Ses contrats professionnels l'obligent à voyager régulièrement entre Paris, Londres et Saint-Pétersbourg pour écrire une romance idéale. À force de chercher la femme parfaite, Xavier va devoir ouvrir les yeux sur ce qui compte réellement pour lui.
Ce film trouve sa genèse dans le succès phénoménal de L'Auberge Espagnole, sorti quelques années plus tôt, qui avait profondément marqué toute une génération de spectateurs. L'idée originale est venue naturellement au réalisateur Cédric Klapisch qui souhaitait observer comment ses personnages fétiches allaient négocier le passage délicat à la trentaine. Il ne s'agit pas de l'adaptation d'un livre, mais plutôt d'une chronique générationnelle moderne écrite sur le vif par le cinéaste lui-même. L'inspiration lui est venue en observant ses propres amis et l'évolution des trentenaires urbains face aux réalités du marché du travail et de la précarité affective. Klapisch a voulu utiliser le concept du voyage européen, en explorant cette fois-ci l'Angleterre et la Russie, pour symboliser l'errance existentielle et géographique de sa jeunesse dorée.
La presse professionnelle a accueilli cette suite avec beaucoup de bienveillance, louant la maturité du scénario et l'évolution touchante des personnages. Les critiques ont souligné l'habileté du montage et le charme intact du duo formé par Romain Duris et Kelly Reilly à l'écran. Même si quelques journalistes ont regretté un rythme parfois décousu, la fraîcheur du ton a conquis la majorité des rédactions.
Le public s'est rué en masse dans les salles, ravi de retrouver la bande de copains découverte à Barcelone quelques années auparavant. Les spectateurs se sont facilement identifiés aux doutes amoureux et professionnels de Xavier, faisant du film un immense succès populaire en France.
Le long-métrage a été distingué lors de la prestigieuse cérémonie des César en 2006. C'est l'actrice belge Cécile de France qui a remporté le César de la Meilleure Actrice dans un Second Rôle pour son interprétation survoltée de Isabelle.
Cédric Klapisch s'est inspiré du rythme effréné des vrais scénaristes de télévision pour écrire les scènes de travail laborieuses de Xavier. Cette immersion dans les coulisses de l'écriture donne un ton satirique très réussi à ces séquences de bureau.
Les difficultés de production ont été principalement liées au tournage à Saint-Pétersbourg en plein hiver, où la gestion administrative locale et le froid glacial ont mis les nerfs des équipes à rude épreuve. Obtenir les autorisations de filmer sur les célèbres canaux russes a demandé des mois de négociations complexes.
Pour l'anecdote sur la scène mémorable où Xavier court en caleçon dans les rues de Londres, Romain Duris a dû répéter la prise plusieurs fois au milieu des passants londoniens totalement hilares et non briefés. L'authenticité des regards surpris dans la rue est donc totalement réelle.
Le casting initialement prévu n'a pas souffert de modifications car le réalisateur tenait absolument à réunir l'intégralité des colocataires du premier opus. Tous les comédiens ont accepté immédiatement de reprendre leurs rôles par amitié pour le cinéaste.
Le film explore la quête obsessionnelle de l'idéal amoureux à travers la célèbre métaphore des poupées russes qui s'emboîtent. Il aborde les angoisses liées au passage à l'âge adulte, la désillusion professionnelle et la difficulté de s'engager durablement dans une relation. L'œuvre traite également du multiculturalisme européen et des liens indéfectibles de l'amitié.
À la fin du récit, après avoir couru après des chimères, Xavier réalise enfin que la femme parfaite n'existe pas et que le véritable amour se trouve dans l'imperfection du quotidien auprès de Wendy. Dans le train qui le ramène à Paris, il pose enfin ses valises et commence à écrire son propre roman. C'est une conclusion salvatrice qui marque la fin de son errance et le début de sa maturité.
Le titre fait directement écho à la tirade philosophique du protagoniste sur les femmes et les relations amoureuses. Chaque rencontre ressemble à une poupée gigogne : on croit avoir trouvé la dernière et la bonne, mais une autre surprise se cache toujours à l'intérieur, jusqu'à ce que l'on atteigne le cœur de l'autre.
La bande originale du film bénéficie d'une attention toute particulière avec la participation du groupe décalé Lo'Jo et du compositeur Kraked Unit. Les rythmes entraînants et les mélodies nostalgiques soulignent merveilleusement les transitions géographiques entre Paris, Londres et les plaines russes.
Le film demeure une étape culte de la trilogie de Cédric Klapisch et fait régulièrement l'objet de cycles thématiques à la télévision française. Les acteurs de la saga évoquent encore aujourd'hui ce tournage comme l'une de leurs plus belles aventures humaines.
L'Auberge Espagnole, Casse-tête chinois, High Fidelity