En Australie, depuis les années 1920 jusqu'à la fin des années 1960, la famille Cleary et la richissime Mary Carson voient leurs destins entrelacés autour du père Ralph de Bricassart, prêtre ambitieux et séduisant qui entretient avec la jeune Meggie Cleary une relation passionnée et interdite qui traversera toute sa vie. Cette saga familiale épique, mêlant la splendeur des paysages australiens aux tourments d'un amour impossible entre un homme d'Église et la femme qu'il choisit de ne jamais tout à fait choisir, est l'une des œuvres romanesques les plus aimées du XXe siècle portées à l'écran.
Les Oiseaux se cachent pour mourir est l'adaptation du roman éponyme de Colleen McCullough, publié en 1977 et devenu rapidement l'un des best-sellers les plus vendus de l'histoire de l'édition mondiale, souvent comparé à Autant en emporte le vent pour son ampleur épique et sa romance centrale déchirante. ABC Television, qui cherchait à produire une mini-série événement capable de réunir des audiences massives sur plusieurs soirées, a acquis les droits du roman et confié le projet au réalisateur australien Daryl Duke. La scénariste Carmen Culver a condensé le roman de plus de 600 pages en un récit télévisuel de six heures qui conservait les grandes lignes de la saga tout en mettant l'accent sur la relation centrale entre Ralph et Meggie. Le choix de Richard Chamberlain pour incarner le père de Bricassart était parfaitement calibré : l'acteur, dont la beauté et l'élégance étaient légendaires, apportait au personnage la dimension séducteur irresistible du roman. Rachel Ward, relativement peu connue à l'époque, a été révélée au grand public international par ce rôle.
Résumé des critiques professionnelles : La mini-série a reçu des critiques très positives pour sa qualité de production exceptionnelle, la beauté des paysages australiens et les performances de ses acteurs principaux. Certains critiques ont néanmoins jugé l'adaptation trop romanesque et insuffisamment critique des contradictions du personnage de Ralph, que McCullough avait décrit avec plus d'ambivalence dans son roman.
Réception du public : La mini-série a été un phénomène télévisuel mondial, diffusée dans plus de quarante pays et regardée par des centaines de millions de spectateurs. En France, elle a attiré des audiences records sur TF1 et reste dans la mémoire collective comme l'une des grandes émotions télévisuelles des années 80.
Récompenses obtenues : La mini-série a remporté plusieurs Emmy Awards, dont celui de la Meilleure actrice dans une mini-série pour Barbara Stanwyck, qui jouait Mary Carson dans l'un de ses derniers rôles importants.
Inspirations du réalisateur : Daryl Duke a voulu restituer avec fidélité la dimension épique du roman de Colleen McCullough, cherchant à donner à cette saga familiale la même ampleur visuelle que les grandes productions cinématographiques hollywoodiennes de l'ère classique, en profitant des paysages australiens comme décor naturel exceptionnel.
Difficultés de production : Tourner sur plusieurs décennies fictives avec les mêmes acteurs nécessitait un travail considérable de maquillage et de costumes pour rendre crédible le vieillissement des personnages sur quarante ans d'histoire, un défi technique que la production a résolu avec des résultats inégaux selon les époques représentées.
Anecdote sur une scène particulière : La scène de la première nuit d'amour entre Ralph et Meggie à Matlock Island, filmée avec une romantisme et une retenue qui contrastaient avec la dimension érotique plus explicite du roman original, est devenue l'une des scènes les plus mémorables de la télévision américaine des années 80.
Les Oiseaux se cachent pour mourir explore l'amour impossible entre deux êtres que tout devrait séparer — l'un consacré à Dieu, l'autre attendant d'être entièrement aimée — dans une tragédie romantique qui s'étend sur plusieurs générations. La saga questionne l'institution catholique et le célibat des prêtres comme source de souffrance pour des hommes qui se trouvent tiraillés entre leur vocation et leur humanité. La domination du destin sur les individus, illustrée par le mythe de l'oiseau qui se jette sur les épines pour produire la plus belle des mélodies au prix de sa vie, constitue le leitmotiv philosophique de l'ensemble.
Ralph de Bricassart meurt dans les bras de Meggie après avoir appris la mort tragique de Dane, leur fils qu'il n'a jamais reconnu officiellement, réalisant trop tard le prix qu'il a payé pour son ambition ecclésiastique et son incapacité à choisir vraiment entre Dieu et l'amour humain. Meggie, dans une ultime confrontation, lui révèle que Dane était son fils, lui infligeant la douleur de comprendre tout ce qu'il a sacrifié et perdu. La saga s'achève sur l'image d'un amour qui a traversé toute une vie sans jamais pouvoir s'accomplir pleinement — conformément au mythe de l'oiseau du titre.
Le titre fait référence à la légende de l'oiseau qui passe toute sa vie à chercher l'arbre aux épines, et qui, quand il l'a trouvé, se jette dessus pour produire, en mourant, la plus belle chanson qui soit. Cette métaphore du sacrifice et de la beauté née de la souffrance s'applique au destin de Ralph et Meggie, condamnés à un amour qui ne peut s'exprimer pleinement qu'au prix de tout ce qui leur était le plus précieux.
La musique composée par Henry Mancini pour Les Oiseaux se cachent pour mourir est l'une des partitions les plus romantiques et les plus mémorables de la filmographie télévisuelle des années 80. Son thème principal, mélancolique et lyrique, accompagnait parfaitement la dimension épique et tragique de la saga, et est resté associé dans la mémoire du public à l'image des grands espaces australiens et à l'intensité de l'histoire d'amour de Ralph et Meggie.
Les Oiseaux se cachent pour mourir reste l'une des productions télévisées les plus aimées de son époque et continue d'être diffusée dans de nombreux pays comme un classique de la fiction romantique télévisuelle. Le roman de Colleen McCullough, décédée en 2015, continue d'être lu et étudié dans le monde entier comme l'un des grands romans populaires du XXe siècle.