Nina, seize ans, a quitté l'école et vit seule avec sa mère dans un petit village du sud de la France. Elle passe l'été à travailler dans un parc d'attractions consacré aux dinosaures, entre ennui et rêves d'ailleurs. Peu avant de rencontrer Morad, le frère de sa meilleure amie Djamila, elle est la seule à apercevoir une météorite s'enflammer dans le ciel et s'écraser dans la montagne. Persuadée d'y voir le signe d'une vie nouvelle, Nina se lance alors dans une quête à la fois amoureuse et existentielle.
Né en 1986 près de Béziers et formé à la Fémis, Romain Laguna signe avec Les Météorites son premier long-métrage après trois courts métrages, dont J'mange froid. Le réalisateur, admirateur revendiqué du cinéma d'Abdellatif Kechiche, a choisi de tourner l'histoire dans sa région natale de l'Hérault durant l'été 2017, entre vignes, rivières et montagnes. Le personnage de Nina, adolescente en quête d'aventure et d'absolu, est en partie une projection du réalisateur lui-même quelques années plus tôt.
Le film est unanimement salué pour la performance de Zéa Duprez, dont c'est le premier rôle, et pour la délicatesse avec laquelle Romain Laguna filme le trouble adolescent. Plusieurs critiques rapprochent le film du cinéma de Pialat ou de Kechiche, tout en soulignant sa dimension plus onirique, portée par la symbolique de la météorite. Le mélange des tons, entre chronique naturaliste, romance et fantastique discret, est perçu comme une prise de risque payante pour un premier long-métrage. Certains regrettent cependant un récit parfois trop elliptique, qui peine à toujours transformer ses promesses en émotions pleinement abouties.
Romain Laguna, admirateur revendiqué du cinéma d'Abdellatif Kechiche, a choisi de tourner son premier long-métrage dans sa région natale de l'Hérault, durant l'été 2017, afin de filmer au plus près la lumière et les paysages qui ont marqué sa propre adolescence.
Le film explore l'adolescence, la quête de sens, les premiers émois amoureux, le lien avec la nature environnante et l'incertitude face à l'avenir.
Le film ne tranche jamais clairement sur la réalité de la météorite aperçue par Nina, laissant ouverte l'interprétation d'un simple fantasme adolescent ou d'un véritable présage. Cette ambiguïté assumée fait écho au parcours sentimental de l'héroïne avec Morad, dont l'issue reste elle aussi teintée d'incertitude, renforçant l'idée d'un été charnière dont le sens définitif n'appartient qu'à Nina elle-même.
La météorite qui traverse le ciel au début du film devient la métaphore du bouleversement intérieur de Nina, un événement rare et fulgurant censé annoncer une nouvelle vie, à l'image de l'impact d'une météorite ayant jadis changé le cours de l'histoire de la Terre.
Mektoub, My Love : Canto Uno (2017, Abdellatif Kechiche) et Ava (2017, Léa Mysius), deux autres chroniques d'adolescence solaires et sensorielles tournées dans le sud de la France.