Les Meilleures suit le quotidien de Nedjma, une jeune fille déterminée qui passe ses vacances d''été au cœur d''un quartier populaire de Paris avec sa bande d''amies. Son univers s''effondre lorsqu''elle croise le regard de Zina, une nouvelle arrivante issue d''une bande rivale de la cité d''en face. Contre toute attente, une attirance amoureuse secrète et d''une force immense naît entre les deux adolescentes. Elles vont devoir affronter les codes stricts de la rue et les préjugés de leur entourage pour vivre leur histoire.
La genèse de ce premier long-métrage est née du désir profond de la réalisatrice Marion Desseigne-Ravel de raconter une histoire d''amour lesbienne en banlieue, un sujet trop souvent absent du cinéma français contemporain. Elle a passé de longues années à travailler dans des associations de quartier, observant la jeunesse, ses langages et ses rituels sociaux très codifiés. L''inspiration lui est venue de l''envie de filmer le coup de foudre amoureux dans ce qu''il a de plus pur, en le confrontant à la violence de la rumeur publique. Elle a délibérément choisi de s''éloigner du misérabilisme habituel sur les banlieues pour capter l''énergie, les couleurs et la vitalité de ces jeunes filles. Le projet a été soutenu par des aides indépendantes pour préserver l''authenticité brute du scénario écrit.
La critique professionnelle a accueilli avec enthousiasme cette chronique adolescente, saluant la fraîcheur du ton et l''absence de clichés larmoyants sur la cité. Les journalistes ont été particulièrement impressionnés par le duo formé par Lina El Arabi et Esther Rollande, dont la complicité à l''écran déborde de naturel et d''intensité. La mise en scène solaire et le rythme nerveux de la caméra à l''épaule ont été encensés pour leur réalisme.
Le public, notamment la jeunesse LGBTQ+, a réservé un accueil très chaleureux et ému à cette œuvre, se réjouissant d''avoir enfin une représentation juste et moderne de leurs amours à l''écran. Les spectateurs ont loué la vérité des dialogues et la description fine de la pression sociale et de la mécanique destructrice de la rumeur. Le film a bénéficié d''un excellent soutien communautaire sur les réseaux sociaux.
Bien qu''ayant connu une distribution modeste dans les salles, le film a brillé dans les festivals de cinéma d''auteur et thématiques à travers le monde. Il a remporté plusieurs prix du public et distinctions dans des festivals majeurs de films queer, affirmant la place essentielle de son message d''émancipation.
La réalisatrice s''est inspirée de la tragédie classique de Roméo et Juliette pour structurer l''affrontement territorial entre les deux bandes de filles de cités rivales.
Pour préparer le tournage, la réalisatrice a réuni ses jeunes comédiennes plusieurs semaines en amont afin de créer une véritable amitié et une dynamique de groupe naturelle, ce qui se ressent parfaitement à l''écran.
Une grande partie des scènes de rue a été tournée en décors réels en Seine-Saint-Denis pendant l''été, les habitants du quartier participant activement comme figurants pour donner cette texture si vivante et réaliste au film.
Le film aborde l''homophobie banalisée en milieu populaire, le poids dévastateur du regard des autres, la solidarité féminine des bandes de copines et le courage de s''affranchir des rôles imposés par la société de la rue.
Le dénouement montre Nedjma et Zina assumer enfin leur amour au grand jour devant les yeux de leur quartier, refusant de se cacher ou de fuir. Bien que leur avenir reste incertain face aux préjugés, leur décision de marcher main dans la main à la fin du film sonne comme une victoire lumineuse de l''authenticité sur l''intolérance.
Le titre Les Meilleures fait ironiquement référence à l''expression utilisée par les bandes de filles pour désigner leur groupe d''amies les plus proches. Il questionne ce que signifie vraiment être la meilleure amie quand la jalousie et l''homophobie s''en mêlent.
Le long-métrage est devenu un outil pédagogique précieux, régulièrement projeté dans les lycées et les centres sociaux pour ouvrir le dialogue sur l''homophobie et le harcèlement de rue.
Ceux qui ont aimé ce drame apprécieront Bande de filles de Céline Sciamma pour son énergie collective en banlieue, ou le film suédois culte Fucking Åmål de Lukas Moodysson pour son traitement pionnier de l''éveil amoureux lesbien chez les adolescentes.