Suite à une décision municipale, un centre d'accueil de jour pour femmes sans-abri, l'Envol, s'apprête à fermer définitivement ses portes. Les travailleuses sociales n'ont plus que trois mois pour réinsérer coûte que coûte ces femmes dont la société ne veut plus voir la misère. Refusant de baisser les bras, l'équipe décide d'enfreindre les règles en ouvrant un atelier clandestin pour les former à différents métiers. Commence alors une aventure humaine bouleversante faite de solidarité, de mensonges thérapeutiques et de résilience.
Le projet trouve sa source directe dans le livre documentaire de Claire Lajeunie, « Sur la route des invisibles », qui explore le quotidien des femmes SDF. L'idée originelle du réalisateur Louis-Julien Petit était de donner un visage et une voix à ces femmes totalement oubliées des politiques publiques et du cinéma traditionnel. L'inspiration est venue d'un long travail de terrain mené par le cinéaste, qui a passé plus d'un an à fréquenter des centres d'accueil pour comprendre la réalité de la rue. La production a souhaité éviter le piège du misérabilisme en injectant une immense dose d'humour et d'énergie lumineuse dans le récit. Le réalisateur a conçu cette œuvre comme un hommage vibrant au courage des travailleuses sociales.
La presse professionnelle a réservé un accueil unanime et particulièrement enthousiaste à ce long-métrage lors de sa sortie. Les critiques ont encensé la justesse du ton, saluant un film social d'une puissance rare qui parvient à faire rire aux larmes tout en bouleversant les consciences. La performance collective des actrices professionnelles et non professionnelles a été qualifiée de magistrale par les grands quotidiens. Du côté des spectateurs, le public a plébiscité le film, qui a réalisé un magnifique succès surprise au box-office français avec plus d'un million d'entrées. Les spectateurs ont été profondément marqués par l'humanité débordante et la dignité absolue qui se dégagent du récit. Le film a remporté plusieurs prix du public dans de nombreux festivals nationaux.
Le metteur en scène s'est fortement inspiré du cinéma social et engagé du réalisateur britannique Ken Loach pour marier le réalisme brut à l'émotion populaire. La plus grande singularité et difficulté de la production résidait dans le choix d'engager de véritables femmes ayant connu la rue pour jouer la majorité des rôles secondaires. Une anecdote bouleversante raconte que le tournage a servi de véritable tremplin de réinsertion pour plusieurs de ces femmes non professionnelles. Les actrices principales comme Audrey Lamy ont passé des semaines en immersion totale auprès de vrais éducateurs avant le premier jour de tournage. Concernant le casting, les rôles ont été écrits après de longs mois d'entretiens réels, adaptant les répliques à la personnalité des interprètes.
Le film traite de la grande précarité féminine, de l'absurdité des règles administratives face à la misère humaine et de la puissance de la solidarité. Il explore également le dévouement absolu et le risque d'épuisement professionnel des travailleuses sociales qui sacrifient leur vie privée pour celle des autres.
La fin du film, bien que marquée par la fermeture inévitable du centre et l'intervention des forces de l'ordre, reste profondément lumineuse et pleine d'espoir. On y voit ces femmes marcher fièrement vers un avenir incertain mais transformées, ayant retrouvé leur dignité et un nom grâce au combat acharné des éducatrices, prêtes à affronter le monde extérieur.
Le titre fait directement référence au statut social de ces femmes sans-abri qui deviennent transparentes aux yeux des passants et des institutions administratives dans les grandes villes.
Le long-métrage est devenu une œuvre de référence absolue pour les associations caritatives et est très régulièrement projeté lors de débats citoyens sur la précarité urbaine.
On peut directement associer cette comédie sociale à des œuvres majeures comme « Discount » du même réalisateur ou « Pride » pour sa gestion de l'humour face à la lutte.