Thomas, jeune musicien fraîchement fiancé, fait la connaissance de Gilbert, son futur beau-père, marié depuis trente ans à Suzanne et traversant une profonde crise existentielle. Persuadé d'avoir gâché sa vie à cause de son mariage, Gilbert dissuade Thomas d'épouser sa fille Lola et l'entraîne dans une nouvelle vie faite de liberté et d'insouciance retrouvées. Les deux hommes se lancent alors ensemble dans une existence de « gamins », multipliant les expériences et les rencontres loin des responsabilités du quotidien. Cette parenthèse joyeuse va cependant les confronter à leurs propres limites et à la valeur réelle de ce qu'ils avaient laissé derrière eux.
Anthony Marciano et Max Boublil, coscénaristes qui se connaissent depuis plusieurs années et ont déjà collaboré sur un spectacle ainsi que sur plusieurs chansons à l'humour provocateur, développent ensemble l'idée originelle du film autour de la crise de la cinquantaine et de la lassitude conjugale. Les deux hommes revendiquent l'influence du cinéma américain de Judd Apatow et de Woody Allen plutôt que celle du burlesque plus exubérant à la Farrelly, cherchant à privilégier le naturel des dialogues et la vérité des personnages. Le processus d'écriture s'étend sur environ trois années, permettant aux deux scénaristes d'affiner progressivement la relation entre les deux personnages principaux. Alain Chabat est choisi pour incarner Gilbert, un rôle de grand adolescent désabusé qui lui correspond particulièrement bien selon les retours de la critique. Le tournage privilégie une approche naturaliste des dialogues, fidèle à l'ambition initiale des scénaristes de s'éloigner des gags purement potaches pour privilégier une écriture plus fine et personnelle.
Le film reçoit un accueil critique globalement positif, la presse saluant notamment la qualité des dialogues et la complicité comique entre Alain Chabat et Max Boublil, jugée particulièrement efficace et naturelle. Plusieurs critiques soulignent cependant un scénario sentimental assez convenu et un épilogue moralisateur jugé prévisible par rapport à l'ambition initiale plus originale du duo de scénaristes. La performance d'Alain Chabat est unanimement remarquée comme l'un des points forts du film, l'acteur étant particulièrement à l'aise dans ce registre de grand enfant désabusé. Le public réserve un accueil favorable au film, qui rencontre un succès commercial correct avec plus d'un million et demi de spectateurs en France. Le duo formé par Alain Chabat et Max Boublil séduit un large public, curieux de cette nouvelle collaboration comique entre les deux personnalités. Le film confirme la place d'Anthony Marciano comme réalisateur de comédies populaires françaises appréciées du grand public. Le film n'a pas obtenu de récompense cinématographique majeure lors de sa sortie, mais son succès commercial correct a confirmé la popularité durable du duo Chabat-Boublil auprès du public français.
Anthony Marciano et Max Boublil, qui se connaissent depuis près de dix ans avant ce projet, avaient déjà collaboré ensemble sur un spectacle de Max Boublil ainsi que sur plusieurs de ses chansons à l'humour provocateur, ce qui a nourri leur complicité d'écriture sur ce scénario. Le processus d'écriture du film s'est étendu sur environ trois années, les deux scénaristes ayant pris le temps d'affiner progressivement la relation entre les deux personnages principaux avant de finaliser le script. Le casting du film comprend également plusieurs apparitions remarquées, notamment celle du chanteur Iggy Pop dans son propre rôle, ainsi qu'un sosie de Patrick Bruel, clins d'œil appréciés par la critique lors de la sortie du film.
Le film explore la crise de la cinquantaine et la remise en question du mariage à long terme, à travers le personnage de Gilbert convaincu d'avoir sacrifié sa jeunesse et ses rêves à cause de sa vie conjugale. Il questionne également la transmission intergénérationnelle des désillusions, le jeune Thomas se retrouvant entraîné dans les doutes existentiels de son futur beau-père. La différence entre le fantasme de liberté retrouvée et la réalité de ses conséquences concrètes constitue également un axe important du récit, traité avec une tonalité oscillant entre comédie et émotion sincère.
Après une parenthèse de liberté marquée par de nombreuses péripéties, Gilbert et Thomas réalisent progressivement la valeur de ce qu'ils avaient laissé derrière eux, leur fuite en avant révélant davantage leurs propres angoisses existentielles que de véritables solutions à leur mal-être. Gilbert finit par se réconcilier avec Suzanne, comprenant que son couple méritait d'être sauvé plutôt qu'abandonné au profit d'une jeunesse insaisissable et illusoire. Thomas, de son côté, choisit de poursuivre sa relation avec Lola, ayant lui aussi tiré des enseignements de cette parenthèse initiatique aux côtés de son futur beau-père. Le film se conclut sur une réconciliation familiale chaleureuse, fidèle au ton doux-amer de l'ensemble du récit.
Le titre Les Gamins désigne la nouvelle vie d'insouciance et de liberté que choisissent d'adopter Gilbert et Thomas, retrouvant symboliquement une attitude d'adolescents affranchis des responsabilités et des contraintes de leur vie adulte respective.
Les Gamins reste aujourd'hui apprécié comme une comédie française sincère sur la crise de la cinquantaine, régulièrement rediffusé à la télévision. Max Boublil et Alain Chabat ont depuis poursuivi des carrières marquantes respectivement dans la musique comique et la réalisation de comédies populaires françaises.
Les amateurs du film apprécieront Very Bad Trip pour retrouver une dynamique comique masculine similaire, La Crise de Coline Serreau pour une autre exploration comique de la remise en question existentielle masculine, ou encore Le Sens de la fête pour retrouver l'univers comique d'Alain Chabat.