Henri Serin, représentant en parapluies menant une existence monotone entre son travail, sa famille et sa passion secrète pour la peinture, rêve d'une vie plus libre. Lors d'une tournée professionnelle en Bretagne, un accident de voiture le contraint à s'arrêter à Pont-Aven, cité réputée pour ses peintres. Séduit par cette parenthèse inattendue, Henri décide alors de tout abandonner pour se consacrer entièrement à sa passion artistique et à ses conquêtes amoureuses. Cette échappée belle va bouleverser durablement le quotidien bien réglé de ce représentant en pleine crise existentielle.
Les Galettes de Pont-Aven a été conçu par Joël Seria comme une réalisation plus commerciale destinée à relancer sa carrière après plusieurs projets moins accessibles au grand public. Le cinéaste, qui avait lui-même exercé le métier de représentant de commerce, a puisé dans sa propre expérience professionnelle pour construire le personnage principal d'Henri Serin. Devenu son propre producteur pour l'occasion, Seria a réuni un budget conséquent et bénéficié d'une distribution nationale assurée par UGC, gage de visibilité pour ce projet ambitieux. Le choix de situer l'intrigue à Pont-Aven, cité bretonne mondialement connue pour avoir accueilli Paul Gauguin et son école de peinture, s'est imposé naturellement au vu de la thématique artistique du récit. C'est en pensant spécifiquement à l'acteur Jean-Pierre Marielle, qu'il avait déjà dirigé dans Charlie et ses deux nénettes, que Joël Seria a écrit le rôle principal d'Henri Serin. Le film s'inscrit dans la tradition de la comédie paillarde à la française, mêlant tableau social truculent et satire de la bourgeoisie provinciale.
La critique s'est montrée partagée à la sortie du film, certains observateurs saluant la fidélité de Joël Seria à sa vision d'un bonheur vagabond loin de la morosité du quotidien. D'autres critiques ont estimé le film ni véritablement populiste ni réellement ancré dans le folklore breton, le jugeant davantage roublard et pittoresque qu'authentiquement enraciné. Certains observateurs ont néanmoins salué l'euphorie subversive du film, saluant sa capacité à se moquer joyeusement de la continence morale et religieuse ambiante. La performance de Jean-Pierre Marielle a été unanimement appréciée, l'acteur trouvant dans ce rôle un terrain idéal pour déployer sa faconde légendaire.
Le public français a réservé un accueil très favorable à cette comédie, qui a rapidement grimpé dans le classement du box-office français lors de sa sortie en août 1975. Le film a notamment pris la tête du box-office parisien dès sa première semaine d'exploitation, confirmant l'attrait immédiat du public pour cette comédie légère et paillarde. Le succès s'est poursuivi durablement, le film dépassant les 500 000 entrées après seulement deux mois d'exploitation en salles.
Les Galettes de Pont-Aven n'a pas obtenu de récompense institutionnelle majeure, s'inscrivant davantage dans une tradition de cinéma populaire et commercial que dans celle du cinéma d'auteur primé. Son succès commercial a néanmoins permis à Joël Seria de relancer durablement sa carrière de cinéaste après une période plus difficile.
Joël Seria, lui-même ancien représentant de commerce avant de devenir cinéaste, a directement puisé dans sa propre expérience professionnelle pour construire le personnage d'Henri Serin, tiraillé entre son métier alimentaire et sa véritable passion artistique.
Devenu son propre producteur pour ce film, Joël Seria a dû réunir un budget conséquent de deux millions de francs, un effort financier important qui témoigne de son ambition de réaliser une œuvre plus accessible au grand public que ses précédents films.
Le tournage s'est déroulé en grande partie dans la véritable cité de Pont-Aven, permettant de capturer l'authenticité pittoresque de ce village breton historiquement associé à Paul Gauguin et à son école de peinture.
C'est en pensant spécifiquement à Jean-Pierre Marielle que Joël Seria a écrit le rôle principal, l'ayant déjà dirigé auparavant dans Charlie et ses deux nénettes, tandis que l'actrice canadienne Dolores Mac Donough effectue avec ce film ses véritables débuts au cinéma.
Les Galettes de Pont-Aven explore la crise existentielle d'un homme d'âge mûr, tiraillé entre les contraintes de sa vie professionnelle et familiale et son aspiration profonde à la liberté créatrice. Le film interroge également la place de l'art et de la passion artistique comme échappatoire à une existence jugée trop monotone. La satire de la bourgeoisie provinciale et de sa morale rigide, incarnée notamment par l'épouse puritaine du personnage principal, occupe une place importante dans le récit. Le film aborde aussi la sensualité et la libération des mœurs, dans l'esprit libertaire caractéristique du cinéma français du milieu des années 1970. Enfin, l'œuvre questionne avec humour la tension entre devoir familial et épanouissement personnel, thème universel traité ici sur un mode résolument comique et léger.
Henri Serin, après avoir vécu pleinement sa parenthèse bretonne faite de peinture, de rencontres amoureuses et de liberté retrouvée, se retrouve confronté au retour inévitable à sa vie antérieure. Le film se termine sur cette tension non résolue entre l'appel de la liberté artistique et les responsabilités familiales qui continuent de le rattraper. Cette conclusion, traitée sur un ton résolument comique, évite tout pathos excessif tout en laissant transparaître une certaine mélancolie face à l'impossibilité de choisir définitivement entre ces deux existences. Joël Seria choisit ainsi de ne pas trancher moralement la question posée par son film, préférant célébrer la parenthèse enchantée vécue par son personnage plutôt que d'en tirer une leçon définitive.
Le titre Les Galettes de Pont-Aven fait directement référence à la spécialité culinaire bretonne emblématique de cette cité, célèbre biscuit sablé devenu un symbole gastronomique régional reconnu bien au-delà des frontières de la Bretagne. Ce choix de titre, à première vue anodin et gourmand, installe d'emblée une tonalité légère et populaire, en accord avec l'esprit de comédie du film. Il ancre également le récit dans un terroir précis, celui de Pont-Aven, cité connue tant pour sa gastronomie que pour son riche passé artistique lié à l'école de peinture de Gauguin. Ce titre gourmand contraste avec ironie avec les enjeux plus profonds de crise existentielle et de libération personnelle traités par le film.
Les amateurs de comédies paillardes à la française apprécieront Charlie et ses deux nénettes, précédent film de Joël Seria également porté par Jean-Pierre Marielle. Mais ne nous délivrez pas du mal, autre œuvre marquante du même réalisateur, aborde sur un registre plus sombre cette même veine subversive. La Meilleure Façon de marcher de Claude Miller partage cette exploration ironique des conventions sociales et morales de l'époque. Les Bronzés de Patrice Leconte, sorti quelques années plus tard, prolonge cette tradition de la comédie populaire française estivale et satirique.