James Bond enquête sur un vaste réseau de contrebande de diamants sud-africains qui menace de déstabiliser le marché mondial. Sa filature le mène des Pays-Bas à Las Vegas, où il croise la séduisante Tiffany Case, complice malgré elle du trafic. Bond découvre bientôt que cette contrebande n'est que le premier maillon d'un plan bien plus terrifiant orchestré par son ennemi juré Ernst Stavro Blofeld. Celui-ci projette en effet d'utiliser les diamants dérobés pour achever la construction d'un gigantesque laser spatial capable de menacer les plus grandes puissances mondiales.
Les diamants sont éternels s'inspire très librement du roman du même nom publié par Ian Fleming en 1956, dont l'intrigue centrée sur le trafic de diamants n'est finalement que très partiellement reprise à l'écran. Le scénariste Richard Maibaum avait d'abord envisagé le film comme une suite directe d'Au service secret de Sa Majesté, avec une ouverture montrant l'assassinat de Tracy, l'épouse de Bond tuée à la fin du film précédent, par Blofeld et sa complice Irma Bunt. Mais le départ soudain de George Lazenby après un seul film oblige les producteurs Harry Saltzman et Albert R. Broccoli à revoir intégralement leur approche, en misant sur un retour à la formule ayant fait le succès de Goldfinger. Ce choix les conduit à rappeler le réalisateur Guy Hamilton, déjà aux commandes de Goldfinger, ainsi que la chanteuse Shirley Bassey pour interpréter à nouveau la chanson-titre du générique. Tous les acteurs américains contactés pour succéder à George Lazenby refusent le rôle, dont Burt Reynolds, Adam West et Clint Eastwood, avant que Sean Connery n'accepte finalement de reprendre le smoking de l'agent secret moyennant un cachet record pour l'époque. Le tournage, qui se déroule du printemps à l'été 1971 en Angleterre, aux Pays-Bas puis aux États-Unis, fait des Diamants sont éternels le premier James Bond entièrement tourné à Hollywood.
Résumé des critiques professionnelles Le film reçoit à sa sortie des critiques globalement positives, saluant le retour de Sean Connery dans le costume de James Bond après l'intermède George Lazenby, mais sa réputation s'est nettement dégradée au fil des décennies. De nombreux observateurs jugent aujourd'hui le film parmi les plus oubliables de la saga, pointant un ton trop ouvertement comique et des prestations jugées ratées, notamment celles de Jill St. John, de Charles Gray et de Norman Burton.
Réception du public Le public de l'époque a réservé un accueil enthousiaste au film, qui termine numéro un du box-office nord-américain dès sa semaine de sortie et rencontre également un vif succès en France avec près de deux millions cinq cent mille entrées. Le retour de Sean Connery dans la peau de l'agent 007, après la parenthèse George Lazenby jugée décevante par une partie du public, a été perçu comme un événement à part entière contribuant fortement au succès commercial du film.
Difficultés de production Le scénario initial de Richard Maibaum, pensé comme une suite directe et vengeresse d'Au service secret de Sa Majesté, dut être entièrement réécrit après le départ soudain de George Lazenby, contraignant les producteurs à repartir sur une formule plus proche du succès de Goldfinger.
Casting initialement prévu Tous les acteurs américains approchés pour succéder à George Lazenby dans le rôle de James Bond, dont Burt Reynolds, Adam West et Clint Eastwood, déclinèrent l'offre avant que Sean Connery n'accepte finalement de reprendre le rôle moyennant un cachet record de 1,25 million de dollars ; le joueur de rugby Roger Green fut également testé mais jugé peu concluant.
Anecdote sur une scène particulière Charles Gray, qui incarne ici Blofeld, avait déjà tenu un rôle dans On ne vit que deux fois, celui de l'agent du MI6 Dikko Henderson, un clin d'œil discret à la continuité de l'univers Bond que partagent également plusieurs autres membres du casting technique.
Les diamants sont éternels explore la cupidité et le trafic international de pierres précieuses, dont l'exploitation criminelle sert de point de départ à une menace bien plus vaste orchestrée par Blofeld. Le film interroge également la rivalité obsessionnelle entre James Bond et son ennemi juré, cette septième confrontation venant clore le cycle de vengeance entamé après la mort de l'épouse de Bond dans l'épisode précédent. Le glamour et l'exubérance de Las Vegas occupent une place centrale, le film s'amusant du contraste entre l'élégance so British de son héros et le clinquant tapageur du casino américain. Enfin, le récit met en scène la menace de la technologie spatiale détournée à des fins destructrices, thématique récurrente de la saga Bond en pleine Guerre froide.
Le titre Les diamants sont éternels, littéralement traduit de l'expression publicitaire américaine « A Diamond Is Forever », renvoie directement au trafic de pierres précieuses au cœur de l'intrigue, mais joue aussi ironiquement sur la promesse de romance éternelle habituellement associée à cette formule. Ce titre souligne également, en filigrane, la permanence de la rivalité entre Bond et Blofeld, aussi indestructible et récurrente dans la saga que la dureté proverbiale du diamant lui-même.
La chanson-titre Diamonds Are Forever, écrite par Don Black et composée par John Barry, est interprétée par Shirley Bassey, qui reprend ainsi le micro après son titre pour Goldfinger ; elle sera samplée à de nombreuses reprises par la suite, notamment par Kanye West ou les Arctic Monkeys.
Les amateurs de la saga James Bond avec Sean Connery pourront se tourner vers Goldfinger, dont ce film reprend directement la formule, ainsi que vers On ne vit que deux fois ou Jamais plus jamais, remake non-officiel dans lequel Connery reprend le rôle une dernière fois en 1983.