Joe et Averell, respectivement le plus âgé et le plus jeune des célèbres frères Dalton, décident de dévaliser une banque pour faire plaisir à leur mère, redoutable matriarche du clan familial. Après une évasion de prison rocambolesque, les quatre frères traversent la frontière mexicaine à la recherche d'un mystérieux sombrero magique censé leur garantir la réussite de leurs projets criminels. Leur parcours chaotique est semé d'embûches, entre maladresses en série et poursuite acharnée du légendaire cow-boy Lucky Luke. Le film transpose sur un mode volontairement burlesque et déjanté l'univers de la célèbre bande dessinée dont il s'inspire.
Le film adapte librement l'univers de la bande dessinée Lucky Luke créée par René Goscinny et Maurice de Bevere, dit Morris, en se concentrant cette fois sur les personnages secondaires des frères Dalton plutôt que sur le cow-boy lui-même. L'idée originelle du projet naît de la volonté de proposer un spin-off comique centré sur cette fratrie de bandits maladroits, déjà particulièrement populaire auprès des lecteurs de la bande dessinée originale. Le scénario est coécrit par Éric Judor et Ramzy Bedia, duo comique déjà habitué à ce type de production, en collaboration avec Michel Hazanavicius, qui évoquera par la suite ce projet comme l'une des expériences les plus difficiles de sa carrière de scénariste. Philippe Haïm, réalisateur choisi pour le projet, doit composer avec un compromis délicat entre le scénario initial imaginé par les producteurs et une version alternative qu'avait envisagée Hazanavicius pour une autre adaptation du même univers. Éric Judor et Ramzy Bedia incarnent respectivement Joe et Averell Dalton, tandis que l'acteur allemand Til Schweiger est choisi pour le rôle de Lucky Luke, un choix international destiné à élargir le potentiel commercial du film. Le tournage nécessite une reconstitution soignée de l'univers visuel western caractéristique de la bande dessinée, entre décors désertiques et costumes fidèles aux personnages originaux.
Le film reçoit un accueil critique très négatif à sa sortie, largement considéré par la presse spécialisée comme l'une des adaptations les plus décevantes de l'univers de Lucky Luke, entre scénario jugé creux et interprétation des acteurs critiquée comme forcée et peu convaincante. Plusieurs critiques soulignent le décalage entre les moyens de production importants engagés et le résultat final jugé décevant, le scénariste Michel Hazanavicius qualifiant lui-même par la suite le film de véritable échec de sa carrière. Seules quelques prestations de seconds rôles, notamment celle de Marthe Villalonga dans le rôle de la mère Dalton, sont ponctuellement saluées par la critique. Le public réserve un accueil commercial correct au film lors de sa sortie, porté par la popularité du duo Éric et Ramzy et par la notoriété de la franchise Lucky Luke, avec près de deux millions d'entrées en France malgré la sévérité des critiques. Le film reste toutefois aujourd'hui davantage cité comme un exemple de production ambitieuse n'ayant pas tenu ses promesses que comme une réussite comique durable. Le décalage entre son succès commercial initial et sa réputation critique persistante en fait un cas particulier dans la comédie française des années 2000. Le film n'a pas obtenu de récompense cinématographique lors de sa sortie, sa réception critique globalement négative ayant durablement marqué sa réputation dans l'histoire du cinéma comique français.
Michel Hazanavicius, coscénariste du film, a par la suite qualifié ce projet de véritable échec de sa carrière, expliquant que le réalisateur Philippe Haïm avait dû composer un compromis délicat entre le scénario initial qu'il avait imaginé et une version alternative destinée à une autre adaptation de l'univers de Lucky Luke. Ce même tournage a permis à Hazanavicius de rencontrer pour la première fois Jean Dujardin, bien que leur collaboration marquante ne se concrétise que plusieurs années plus tard sur d'autres projets. Le choix de l'acteur allemand Til Schweiger pour incarner Lucky Luke, un cow-boy emblématique de la culture populaire française, a par ailleurs suscité des interrogations et des critiques quant à sa pertinence pour ce rôle si identifié à l'imaginaire national français.
Le film explore, sur un mode volontairement burlesque et absurde, les liens fraternels chaotiques entre les quatre frères Dalton, unis par leur incompétence criminelle commune et leur dévotion sincère envers leur mère. Il joue également sur la parodie affectueuse des codes du western classique, transposés dans un registre comique déjanté fidèle au style caractéristique du duo Éric et Ramzy. La quête d'un objet magique aux pouvoirs providentiels, thème classique du récit d'aventure, structure également l'ensemble de l'intrigue sur un mode résolument comique.
Après une série de péripéties chaotiques à travers le Mexique, les frères Dalton parviennent finalement à un duel final face à Lucky Luke, résolu sur un mode comique fidèle à l'esprit burlesque de l'ensemble du film plutôt que dans une véritable tension dramatique. Le sombrero magique tant recherché se révèle finalement moins décisif que prévu dans la résolution de l'intrigue, l'humour situationnel prenant le pas sur la cohérence narrative tout au long du récit. Le film se conclut sur une note volontairement légère et absurde, fidèle au registre comique assumé de la production, sans chercher de résolution dramatique appuyée.
Le titre Les Daltons reprend simplement le nom de cette célèbre fratrie de bandits issue de la bande dessinée Lucky Luke, personnages secondaires de l'œuvre originale devenus ici les protagonistes principaux de cette adaptation cinématographique centrée sur leurs mésaventures.
Les Daltons demeure aujourd'hui régulièrement cité comme un exemple de comédie française ambitieuse n'ayant pas convaincu la critique malgré des moyens de production importants. Éric et Ramzy ont depuis poursuivi des carrières solo marquantes au cinéma et à la télévision, tandis que Michel Hazanavicius a connu un immense succès critique avec ses projets ultérieurs, contrastant fortement avec cette expérience qu'il considère lui-même comme décevante.
Les amateurs du film pourront apprécier La Tour Montparnasse infernale et Double Zéro, autres grandes comédies du duo Éric et Ramzy, Lucky Luke avec Jean Dujardin pour une autre adaptation de l'univers de la bande dessinée, ou encore Rango pour une autre parodie animée des codes du western.