Dans un futur proche où l'humanité a perdu la capacité de ressentir la douleur physique, l'artiste performeur Saul Tenser s'est spécialisé dans un art corporel radical, celui de faire pousser puis d'exposer publiquement de nouveaux organes générés par son propre corps. Sa partenaire Caprice orchestre ces performances chirurgicales devant un public fasciné par cette mutation de la chair humaine. Alors qu'un mouvement clandestin prône l'adaptation de l'espèce à un environnement toxique en digérant du plastique, Saul se retrouve au cœur des intérêts croisés d'un nouveau bureau gouvernemental chargé de surveiller l'évolution du corps humain. Sa dernière création pourrait bien bouleverser la compréhension même de ce que signifie être humain.
Les Crimes du futur n'est pas une adaptation mais un scénario original de David Cronenberg, qui reprend le titre de l'un de ses tout premiers films expérimentaux réalisés en 1970, sans toutefois en reprendre l'intrigue. Cronenberg avait rédigé ce scénario dès les années 1990, avant de le mettre de côté pendant plus de vingt ans faute de financement adapté à sa vision, jugée trop radicale pour l'époque par les studios sollicités. Le réalisateur a choisi de ressortir ce texte au début des années 2020, estimant que le monde contemporain, marqué par les mutations environnementales et les débats sur la modification du corps humain, offrait un contexte propice à la résonance de son propos. Cronenberg retrouve ici les thématiques de la « chair nouvelle » qui ont fait sa réputation depuis Videodrome ou La Mouche, en poussant plus loin encore sa réflexion sur l'évolution biologique de l'espèce humaine face à un environnement de plus en plus toxique. Le tournage s'est déroulé en Grèce, à Athènes, avec un casting réunissant Viggo Mortensen et Léa Seydoux, deux acteurs déjà familiers de l'univers de Cronenberg, ainsi que Kristen Stewart dans un rôle remarqué de fonctionnaire trouble du nouveau bureau du registre des organes.
Les critiques ont été globalement favorables, saluant le retour de David Cronenberg à son registre de prédilection après plusieurs années consacrées à des films plus réalistes, ainsi que la performance habitée de Viggo Mortensen dans le rôle principal. Plusieurs observateurs ont souligné la cohérence thématique du film avec l'ensemble de l'œuvre du cinéaste canadien, tout en notant un rythme volontairement contemplatif qui a pu dérouter une partie du public habitué à un cinéma plus immédiatement spectaculaire. La performance de Kristen Stewart a également été particulièrement remarquée, jugée à la fois étrange et fascinante dans son interprétation d'une fonctionnaire obsédée par les mutations corporelles qu'elle est censée surveiller. Le public s'est montré partagé, certains spectateurs saluant le retour attendu de Cronenberg à la science-fiction corporelle qui a fait sa réputation, tandis que d'autres ont jugé le film trop lent et too cérébral pour véritablement convaincre. Le film a suscité une forte attente lors de sa présentation au Festival de Cannes 2022, où sa première projection a été marquée par des sorties de spectateurs, un phénomène que Cronenberg lui-même a accueilli avec un certain amusement en évoquant l'humour noir de son film. De nombreux cinéphiles ont depuis salué la cohérence de cette œuvre au sein de la filmographie du cinéaste canadien. Les Crimes du futur a été présenté en compétition officielle au Festival de Cannes 2022, confirmant la reconnaissance internationale dont bénéficie David Cronenberg au sein du cinéma d'auteur, bien que le film n'ait pas été distingué par de récompense officielle lors de la cérémonie.
David Cronenberg avait rédigé le scénario du film dès les années 1990, avant de le mettre de côté pendant plus de vingt ans faute de financement adapté à sa vision, jugée trop radicale pour l'époque par les studios alors sollicités. Le tournage s'est déroulé à Athènes, en Grèce, une production internationale ayant nécessité de réunir des financements provenant du Canada, de la Grèce, de la France et du Royaume-Uni pour donner vie à cette œuvre exigeante et visuellement singulière. Plusieurs spectateurs ont quitté la salle lors de la première projection du film au Festival de Cannes 2022, un phénomène que David Cronenberg a accueilli avec amusement, rappelant que son film contient volontairement une forme d'humour noir sur la mutation du corps humain.
Le film explore la mutation du corps humain face à un environnement de plus en plus toxique et pollué, ainsi que la frontière de plus en plus floue entre art et chirurgie, incarnée par les performances corporelles radicales du personnage principal. Il aborde également la surveillance étatique des évolutions biologiques de l'espèce, ainsi que la disparition de la douleur physique comme métaphore d'une humanité de plus en plus déconnectée de ses propres sensations.
Après avoir accepté de faire pousser un organe capable de digérer le plastique, révélant une possible évolution de l'espèce humaine adaptée à la pollution ambiante, Saul choisit finalement d'ingérer une barre de plastique lors de la scène finale du film. Ce geste, filmé en gros plan sur son visage exprimant à la fois souffrance et soulagement, suggère que le personnage embrasse enfin cette mutation plutôt que de continuer à la fuir ou à l'exploiter à des fins artistiques. Le film se referme sur cette image ambiguë, laissant entendre que l'humanité pourrait effectivement être en train de muter vers une nouvelle forme d'existence, sans trancher définitivement sur la nature positive ou inquiétante de cette évolution.
Le titre Les Crimes du futur, repris d'un film expérimental de Cronenberg réalisé en 1970 sans lien narratif direct, évoque les transgressions à venir que représentent les mutations et manipulations du corps humain dépeintes dans le film, considérées comme des crimes par les institutions cherchant à en garder le contrôle.
La présentation du film au Festival de Cannes 2022 a marqué le retour très attendu de David Cronenberg à la science-fiction corporelle après plusieurs années consacrées à des œuvres plus réalistes, confirmant la place durable de son univers singulier au sein du cinéma d'auteur contemporain.
Les amateurs du film pourront se tourner vers La Mouche ou Videodrome, précédents films de David Cronenberg consacrés à la mutation et à la transformation du corps humain, ainsi que vers Titane de Julia Ducournau, qui partage avec Les Crimes du futur cette même fascination contemporaine pour l'horreur corporelle et la frontière trouble entre chair et machine.