Un groupe de vacanciers hétéroclites se retrouve réuni au sein d'un club de vacances sur une plage africaine, chacun venu chercher détente, rencontres amoureuses ou simple évasion du quotidien. Entre animateurs zélés, activités imposées et promiscuité forcée, les personnalités de chacun se révèlent au fil des journées, entre maladresses sentimentales et rivalités amicales. Jean-Claude Dusse, célibataire désespéré et maladroit, multiplie les tentatives infructueuses pour séduire les vacancières du club. Le film dresse un portrait tendre et hilarant des travers et des espoirs de cette communauté de circonstance.
Le film est développé par la troupe du Splendid, collectif comique français ayant déjà rencontré un vif succès sur les planches parisiennes avec plusieurs pièces de théâtre, dont celle dont ce film est directement adapté. L'idée originelle du récit s'inspire des observations sociales des membres de la troupe sur l'univers particulier des clubs de vacances, alors en plein essor en France durant les années 1970. Patrice Leconte, qui n'appartient pas lui-même à la troupe du Splendid, est choisi pour réaliser le film, apportant un regard extérieur à la mise en scène tout en respectant l'esprit et l'écriture collective des comédiens. Le tournage se déroule en Côte d'Ivoire, offrant un cadre exotique authentique au récit, bien loin des standards de production plus modestes du théâtre dont le film est issu. Les membres de la troupe, qui interprètent également leurs propres personnages du spectacle original, apportent une grande spontanéité comique au tournage grâce à leur connaissance intime des rôles qu'ils incarnent depuis plusieurs années sur scène.
Le film reçoit un accueil critique plutôt tiède à sa sortie, plusieurs observateurs de l'époque jugeant l'humour trop potache et le scénario secondaire par rapport aux qualités d'écriture déjà reconnues de la troupe du Splendid sur les planches. La presse spécialisée peine initialement à percevoir la portée durable du film, davantage perçu comme un divertissement mineur que comme une future référence de la comédie française. Le film ne bénéficie pas immédiatement d'une reconnaissance critique à la hauteur de son succès populaire ultérieur. Le public réserve en revanche un accueil de plus en plus enthousiaste au film au fil des années, notamment grâce à ses nombreuses diffusions télévisées qui lui permettent de trouver son public bien après sa sortie en salles initiale plutôt discrète. De nombreuses répliques du film sont progressivement entrées dans le langage courant français et continuent d'être largement citées aujourd'hui. Le film est aujourd'hui unanimement considéré comme un classique intemporel de la comédie populaire française. Le film n'a pas obtenu de récompense cinématographique lors de sa sortie, son succès s'étant construit progressivement sur la durée plutôt que dans l'immédiateté de sa sortie en salles, jusqu'à devenir l'un des films français les plus cités de sa génération.
Les membres de la troupe du Splendid avaient déjà interprété leurs propres personnages pendant plusieurs années sur scène avant l'adaptation cinématographique, ce qui leur a permis d'apporter une très grande spontanéité et une précision comique remarquable durant le tournage. Le tournage en Côte d'Ivoire, décor exotique inhabituel pour une comédie française de cette époque, a nécessité une organisation logistique importante pour une troupe davantage habituée aux contraintes plus modestes du théâtre. Le succès pourtant modeste du film à sa sortie en salles contraste fortement avec sa reconnaissance progressive et durable au fil des rediffusions télévisées ultérieures.
Le film explore avec tendresse et ironie les mécanismes sociaux propres aux vacances collectives, entre promiscuité forcée, rivalités amicales et espoirs sentimentaux souvent déçus. Il dresse également une satire douce des clubs de vacances alors en plein essor en France, entre activités imposées et animation forcée du bonheur collectif. La solitude et la maladresse amoureuse, incarnées notamment par le personnage de Jean-Claude Dusse, constituent un autre axe central et particulièrement attachant du récit.
Après une semaine de péripéties amoureuses et comiques multiples, les vacanciers du club repartent chacun de leur côté, certains ayant trouvé l'amour espéré tandis que d'autres, comme le malheureux Jean-Claude Dusse, restent bredouilles malgré leurs efforts incessants. Cette fin ouverte et légère, fidèle au ton doux-amer du film, souligne avec tendresse que les vacances ne résolvent pas toujours les problèmes sentimentaux de chacun mais offrent malgré tout une parenthèse de vie collective mémorable. Le film se conclut ainsi sans grande résolution dramatique, privilégiant l'observation sociale et comique du groupe plutôt qu'une conclusion narrative appuyée.
Le titre Les Bronzés désigne avec ironie les vacanciers du club, censés revenir de leur séjour au soleil parfaitement hâlés et détendus, alors que le film souligne avec humour le décalage entre cette promesse de bronzage parfait et les mésaventures bien réelles vécues par chacun des personnages.
Les Bronzés demeure aujourd'hui l'un des films français les plus régulièrement rediffusés et cités, ses répliques continuant d'alimenter le langage courant plusieurs décennies après sa sortie. La troupe du Splendid reste étroitement associée dans la mémoire collective française à ce film fondateur de sa reconnaissance cinématographique.
Les amateurs du film apprécieront Les Bronzés font du ski, suite directe de ce premier volet, Camping pour retrouver un autre grand succès français sur le thème des vacances collectives, ou encore Le Père Noël est une ordure, autre grand classique de la troupe du Splendid.