Cinq amis inséparables, passionnés de musique pop, rêvent de percer avec leur groupe et remportent même un concours régional prometteur. Mais leur envol musical est brutalement interrompu par la convocation au service militaire, à laquelle ils ne peuvent échapper. À la caserne, ils sont placés sous l'autorité du sergent Bellec, bien décidé à leur mener la vie dure. Peace and love avant tout, les cinq acolytes enchaînent les gaffes et les provocations face à une hiérarchie militaire qui les dépasse complètement.
Le film marque la naissance cinématographique des Charlots, groupe musical humoristique français, ainsi que le premier long métrage réalisé par Claude Zidi, alors cadreur sur un précédent film où il avait sympathisé avec la troupe. Après un premier succès avec La Grande Java de Philippe Clair, Les Charlots refusent la proposition de ce dernier pour un second projet et préfèrent suivre Claude Zidi, séduits par le scénario de deux pages qu'il leur soumet. Le film s'inspire directement de l'expérience du service militaire obligatoire, alors vécue par de nombreux jeunes hommes français, en la transposant sur le mode de la comédie potache et hippie. Claude Zidi retarde volontairement l'entrée en caserne jusqu'à près de la quarantième minute du film, privilégiant dans un premier temps l'aventure musicale du groupe. Ce projet marque également les débuts du producteur Christian Fechner, qui fondera sa société grâce au succès du film.
Le film reçoit un accueil critique mitigé à sa sortie, certains observateurs saluant la fraîcheur et la spontanéité du jeu des Charlots tandis que d'autres jugent l'humour potache et l'enchaînement de gags parfois approximatif. Plusieurs critiques soulignent néanmoins le renouvellement apporté par le film à la comédie française populaire du début des années 1970. Le film contribuera durablement à façonner l'image comique des Charlots pour le reste de leur carrière cinématographique. Le public réserve un accueil triomphal au film, qui rassemble près de sept millions de spectateurs en France, devenant le plus gros succès de l'année 1971 dans l'Hexagone. Ce succès inattendu propulse Les Charlots au rang de véritables stars du cinéma populaire français des années 1970. Le film reste depuis un classique nostalgique de cette période pour de nombreux spectateurs. Le film n'a pas obtenu de récompense notable lors de sa sortie.
Claude Zidi s'est appuyé sur sa propre expérience et sur celle des Charlots pour construire un scénario mêlant l'aventure musicale d'un groupe pop à la satire du service militaire obligatoire, alors vécu par la plupart des jeunes Français. Le tournage s'est déroulé dans le département du Calvados, notamment à Caen et à Falaise, où l'équipe a pu profiter de décors variés, entre église, cinéma et caserne, pour donner corps à cette comédie populaire. Deux groupes de musique pop de l'époque, Martin Circus et Triangle, apparaissent dans le film lors de la séquence du concours musical, contribuant à ancrer le récit dans l'air du temps musical du début des années 1970. C'est à l'issue de ce premier film que Luis Rego, membre des Charlots à l'époque, décide de mettre un terme à sa collaboration avec le groupe, inquiet de voir son nom trop associé et cloisonné par cette identité collective.
Le film s'amuse de l'absurdité et de la rigidité de l'institution militaire, confrontée à l'esprit peace and love de jeunes hommes davantage préoccupés par la musique que par la discipline. Il questionne également la liberté individuelle face aux contraintes imposées par une hiérarchie autoritaire. La camaraderie et la solidarité entre les cinq amis traversent aussi tout le récit, valeur centrale de l'ensemble de la saga des bidasses.
Après une série de mésaventures et de provocations à l'encontre de leur hiérarchie militaire, les cinq amis parviennent finalement à conserver leur esprit libre et frondeur malgré les contraintes de la caserne. Le film se referme sur une note résolument légère et festive, fidèle à l'esprit potache et bon enfant de l'ensemble du récit. Cette conclusion privilégie le pur divertissement plutôt qu'une quelconque critique sociale approfondie de l'institution militaire.
Le titre désigne avec ironie l'état d'esprit décalé et frondeur des cinq jeunes appelés du service militaire, plus préoccupés de musique et de bonne humeur que de discipline, au grand désespoir de leur hiérarchie.
Les amateurs de ce film apprécieront Les Bidasses s'en vont en guerre, suite directe de ce premier volet, ainsi que Les Fous du stade et Le Grand Bazar, autres comédies populaires des Charlots réalisées par Claude Zidi.