Pour éprouver la sincérité de leurs amis les plus proches, Léon et Valentine décident, le temps d'un dîner, de leur faire croire qu'ils se séparent. Ce jeu de rôle, pensé comme une simple mise à l'épreuve, va rapidement échapper à tout contrôle à mesure que les non-dits et les rancœurs enfouies remontent à la surface. L'arrivée impromptue d'un plombier américain, venu réparer une fuite d'eau, va bouleverser la soirée en devenant malgré lui le révélateur de vérités que personne n'osait formuler. Entre rires et règlements de comptes, la soirée vire peu à peu au cauchemar collectif pour l'ensemble des convives.
Les Beaux Menteurs est l'adaptation par Bruno Mercier de sa propre pièce de théâtre, Les cadavres sont bien enterrés, ce qui explique l'unité de lieu, de temps et d'action qui structure le récit. Quatrième long métrage du réalisateur, ce projet a été financé de manière indépendante grâce à une opération de financement participatif, loin des circuits classiques de production. Bruno Mercier a voulu explorer, à travers ce dîner qui dégénère, la frontière ténue entre amitié sincère et mensonge social, thème central de sa pièce originelle. Le réalisateur affirme que le véritable amour, selon lui, se construit au-delà de l'égoïsme et de la douleur, et que le pardon sincère permet de ressortir grandi des pires tempêtes relationnelles. Le choix d'un dispositif de huis clos, hérité directement du théâtre, a permis de resserrer la mise en scène sur les seuls dialogues et les jeux d'acteurs. Ce parti pris autoproduit a donné au film une identité artisanale revendiquée, loin des standards de la comédie française plus classique.
Le film a suscité des avis contrastés, certains spectateurs saluant la qualité inattendue d'une production autofinancée, tant sur le plan de l'image que du jeu des comédiens, tandis que d'autres ont jugé le dispositif de comédie plus mal à l'aise que réellement drôle. Plusieurs critiques ont souligné la présence habitée de l'acteur américain Mark Austin, dont l'énergie physique et vocale tranche avec le reste de la distribution. Le film a néanmoins été récompensé par le Gold Remi de la meilleure comédie au Worldfest Houston Independent Film Festival en 2019, une reconnaissance notable pour une production aussi modeste. D'autres observateurs ont regretté un ton parfois trop agressif pour une comédie, jugeant les situations plus proches du malaise que du rire libérateur. Distribué dans une dizaine de salles seulement en France, le film n'a touché qu'un public restreint, une conséquence directe de son statut de production indépendante et autofinancée face aux grosses sorties concurrentes.
Les Beaux Menteurs est né d'une pièce de théâtre écrite et mise en scène par Bruno Mercier lui-même, adaptée ensuite pour le grand écran en conservant son huis clos original. Le tournage s'est appuyé sur un financement participatif, une méthode rare pour un long métrage de fiction en France, qui a nécessité une grande autonomie de production. L'équipe technique restreinte a travaillé sur les décors et l'image avec des moyens limités, un choix assumé par le réalisateur pour préserver son indépendance artistique.
Le film interroge la frontière entre mensonge protecteur et vérité destructrice au sein de l'amitié. Il questionne également la solidité des couples sur la durée, mise à l'épreuve par le regard extérieur des proches. L'arrivée d'un étranger au sein d'un cercle fermé sert de révélateur aux failles de chacun, thème classique du théâtre de boulevard revisité ici. Le pardon et la capacité à se montrer tel que l'on est, sans fard, constituent le cœur moral du récit selon son réalisateur.
Le stratagème initial de Léon et Valentine, pensé comme un simple test de loyauté, se retourne contre eux à mesure que les masques tombent chez l'ensemble des convives. Le plombier américain, personnage extérieur et candide, agit comme un révélateur involontaire des non-dits, rappelant aux personnages que la sincérité, même douloureuse, reste préférable au mensonge prolongé. La soirée se conclut sur cette idée défendue par le réalisateur que seul l'amour vrai, débarrassé de l'orgueil, permet de sortir grandi d'une telle épreuve collective.
Les Beaux Menteurs désigne avec une ironie tendre l'ensemble des convives du dîner, tous coupables à des degrés divers de petits arrangements avec la vérité pour préserver leurs relations. Le titre souligne ainsi que le mensonge, loin d'être uniquement destructeur, peut aussi être le signe paradoxal d'un attachement sincère entre les personnages.
Le Prénom d'Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte, ainsi que Le Dîner de cons de Francis Veber, partagent avec Les Beaux Menteurs ce goût pour le huis clos théâtral où un repas entre proches vire à la révélation des secrets de chacun.