Victor Pivert, industriel raciste et colérique, se retrouve mêlé bien involontairement à un complot international après avoir croisé la route d'un opposant politique poursuivi par des tueurs à gages. Pour échapper à ses poursuivants, il doit se déguiser en rabbin, endossant l'identité du rabbi Jacob attendu avec ferveur par toute une communauté juive de New York venue l'accueillir à Paris. Contraint de maintenir cette identité d'emprunt malgré lui, Pivert va peu à peu apprendre à dépasser ses préjugés au contact de la communauté qui le célèbre. Cette mésaventure rocambolesque va transformer en profondeur ce personnage aussi antipathique qu'attachant.
Gérard Oury, déjà auteur de plusieurs grands succès populaires du cinéma comique français, conçoit ce film comme une nouvelle occasion d'aborder avec humour les questions de préjugés et de tolérance, thème récurrent de son œuvre depuis La Grande Vadrouille. L'idée originelle du scénario, coécrit avec Danièle Thompson et Josy Eisenberg, spécialiste des questions religieuses juives, naît de la volonté de construire une comédie de quiproquo autour du choc entre un personnage ouvertement raciste et une communauté qu'il est contraint de représenter malgré lui. Oury retrouve Louis de Funès, avec lequel il a déjà collaboré sur plusieurs succès précédents, pour incarner ce personnage extrême et pourtant capable d'évolution morale. Le réalisateur veille à traiter les questions religieuses et communautaires avec un respect sincère malgré le ton volontairement comique du récit, en s'appuyant sur les conseils de spécialistes pour la reconstitution des rites et traditions juives. Le tournage se déroule principalement à Paris, avec une reconstitution soignée de l'effervescence d'un quartier accueillant la communauté juive new-yorkaise venue célébrer l'arrivée du rabbi Jacob.
Le film reçoit un accueil critique très favorable dès sa sortie, salué comme l'une des plus grandes réussites comiques de Gérard Oury et de Louis de Funès, capable de traiter des questions de racisme et de préjugés avec une intelligence rare pour une comédie populaire. Plusieurs critiques soulignent la façon dont le film parvient à faire rire tout en portant un message sincère de tolérance et d'ouverture à l'autre. La performance de Louis de Funès, entre excès comique et vulnérabilité progressive du personnage, est également largement appréciée par la presse. Le public réserve un accueil triomphal au film, qui devient l'un des plus grands succès du cinéma français des années 1970, confirmant la place de Louis de Funès comme la plus grande star populaire du cinéma comique de l'époque. De nombreuses répliques et scènes du film, notamment la célèbre danse improvisée dans la rue, sont rapidement entrées dans la culture populaire française et continuent d'être largement citées aujourd'hui. Le film reste considéré comme un classique intemporel de la comédie française. Le film n'a pas obtenu de récompense cinématographique majeure lors de sa sortie, mais son succès commercial exceptionnel et sa portée culturelle durable en ont fait l'un des films les plus régulièrement rediffusés du patrimoine cinématographique français.
Gérard Oury s'est entouré de Josy Eisenberg, spécialiste des questions religieuses juives, pour la coécriture du scénario, afin de garantir un traitement respectueux et authentique des traditions et des rites représentés dans le film malgré son ton comique. La célèbre scène de la danse improvisée de Louis de Funès dans la rue, devenue l'une des séquences les plus emblématiques du cinéma comique français, a nécessité de nombreuses répétitions pour trouver le juste équilibre entre spontanéité apparente et précision chorégraphique. Le tournage a par ailleurs nécessité une reconstitution minutieuse de l'effervescence d'un quartier parisien accueillant une importante communauté venue célébrer l'arrivée du personnage du rabbi Jacob.
Le film aborde frontalement la question du racisme et des préjugés, à travers l'évolution du personnage principal, initialement ouvertement raciste, contraint par les circonstances de se confronter directement à la communauté qu'il méprisait jusque-là. Il questionne également la construction de l'identité à travers le déguisement forcé du personnage, qui doit apprendre à habiter une identité qui n'est pas la sienne pour survivre. La tolérance et l'ouverture à l'autre, thème central de l'œuvre de Gérard Oury, traversent également l'ensemble du récit sur un mode résolument optimiste et bienveillant.
Après avoir déjoué le complot politique qui menaçait sa vie et celle de ses proches, Victor Pivert choisit finalement d'assumer avec fierté et reconnaissance son identité d'emprunt de rabbi Jacob, ayant profondément évolué au contact de la communauté qui l'a accueilli avec chaleur malgré son racisme initial. Cette transformation morale, obtenue par la confrontation directe avec ses propres préjugés, constitue le véritable aboutissement du récit, bien plus que la seule résolution de l'intrigue policière. Le film se conclut sur une scène de célébration collective et joyeuse, symbole de la réconciliation entre le personnage et la communauté qu'il a appris à respecter et à aimer.
Le titre Les Aventures de Rabbi Jacob renvoie à l'identité d'emprunt que le personnage principal doit assumer malgré lui, celle d'un rabbin attendu avec ferveur par toute une communauté, un déguisement forcé qui devient le moteur principal des péripéties comiques du film.
La musique du film, composée par Vladimir Cosma, contribue fortement à l'énergie et à la joie communicative de plusieurs scènes emblématiques, notamment celle de la danse improvisée dans la rue, devenue l'un des morceaux les plus reconnaissables du répertoire musical du cinéma comique français.
Les Aventures de Rabbi Jacob demeure aujourd'hui l'un des films les plus régulièrement rediffusés du patrimoine cinématographique français, régulièrement cité comme une référence en matière de comédie engagée sur les questions de tolérance. Le film continue d'être étudié dans un cadre pédagogique pour sa façon singulière de traiter des sujets sensibles à travers l'humour populaire.
Les amateurs du film apprécieront La Grande Vadrouille, autre grand succès de Gérard Oury porté par Louis de Funès, Le Corniaud pour retrouver le même duo réalisateur-acteur, ou encore La Folie des grandeurs pour une autre grande comédie populaire française des années 1970.