Dimanche, 12 juillet 2026
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Les 55 jours de Pékin

Les 55 jours de Pékin

1963 États-Unis, Espagne
Synopsis

Pékin, 1900. La révolte des Boxers, nationalistes chinois soutenus secrètement par l'impératrice Cixi, soulève le pays contre les puissances étrangères qui ont colonisé des pans entiers de la Chine. Les légations diplomatiques européennes, américaines et japonaises se retrouvent assiégées dans leur quartier pendant cinquante-cinq jours, repoussant les assauts d'une armée considérablement supérieure en nombre. Le major Lewis Nate doit trouver le courage et les ressources pour maintenir la résistance jusqu'à l'arrivée des secours, dans ce qui restera l'un des sièges les plus mémorables de l'histoire coloniale.

Genèse du film

Genèse du film

Les 55 Jours de Pékin est une superproduction épique américano-espagnole qui retrace l'un des événements les plus dramatiques de l'histoire coloniale mondiale : le siège des légations étrangères à Pékin pendant la révolte des Boxers de 1900. Le film est produit par Samuel Bronston, le producteur américain qui avait fait de Madrid son quartier général pour produire des épopées hollywoodiennes à grand spectacle dans les années 1960 — notamment El Cid (1961) et La Chute de l'Empire romain (1964). Le scénario de Bernard Gordon et Philip Yordan reconstruit les événements historiques en les dramatisant autour d'un personnage fictif central, le major Nate, qui permet de donner une unité narrative à un siège qui impliquait en réalité des dizaines de nationalités différentes. Nicholas Ray commence la réalisation mais une crise cardiaque l'éloigne de la direction quelques semaines avant la fin du tournage, et c'est le réalisateur de seconde équipe Andrew Marton qui termine le film.

Critiques et réception

Résumé des critiques professionnelles : À sa sortie, Les 55 Jours de Pékin est accueilli comme un spectacle épique de premier ordre, les critiques saluant l'ampleur des décors — notamment la reconstitution des légations de Pékin en Espagne — et l'énergie des scènes de bataille. Certains journalistes expriment des réserves sur le traitement de la dimension historique, notamment la façon dont le film présente le point de vue colonial comme naturellement juste, mais ces critiques sont minoritaires dans le contexte des années 1960.

Réception du public : Le film est un succès commercial significatif, s'imposant comme l'un des films épiques les plus populaires de l'année 1963. Le public des années 1960 est friand de ces grandes reconstitutions historiques à grand spectacle, et la présence de Charlton Heston — alors au sommet de sa popularité après Ben-Hur — garantit l'attrait commercial de la production.

Récompenses obtenues : Le film est nommé à l'Oscar de la Meilleure musique originale pour Dimitri Tiomkin, confirmant la dimension musicale exceptionnelle de la production.

Anecdotes de tournage

Inspirations du réalisateur : Nicholas Ray, fasciné par la dimension épique de l'histoire et par la façon dont le siège des légations incarnait les contradictions du colonialisme occidental en Chine, voulait un film qui soit plus qu'un simple film d'action historique — une réflexion sur les rapports de force entre l'Occident et l'Orient à une époque charnière.

Difficultés de production : La reconstitution du quartier des légations à Pékin — construite entièrement en Espagne dans les studios et dans la campagne madrilène — fut l'une des entreprises de production les plus ambitieuses de la décennie. Des milliers d'ouvriers et d'artisans espagnols travaillèrent pendant des mois pour créer une ville fictive dont la crédibilité visuelle reste saisissante.

Anecdote sur une scène particulière : La crise cardiaque de Nicholas Ray pendant le tournage — qui conduisit Andrew Marton à terminer le film — survint lors d'une journée de tournage particulièrement intense des scènes de siège. Ray ne put jamais vraiment voir le film terminé dans la forme qu'il avait envisagée, ce qui en fait une œuvre partiellement orpheline de son auteur.

Thèmes abordés

Thèmes abordés

Les 55 Jours de Pékin est un film qui dit involontairement beaucoup sur le regard que l'Occident portait sur lui-même et sur le reste du monde au moment de sa production — les années 1960. Le siège des légations est présenté comme un acte de résistance héroïque de la "civilisation" contre la "barbarie", un cadrage qui reflète les préjugés coloniaux de l'époque bien plus qu'une lecture historique honnête des événements. Avec le recul, le film est aussi intéressant comme document sur les représentations occidentales de l'Asie que comme récit historique. La dimension humaine du siège — la peur, le courage ordinaire, la solidarité entre étrangers que les circonstances réunissent — reste cependant universellement touchante.

⚠️ Attention : cette section révèle les éléments majeurs de l'intrigue.

Explication de la fin

Explication de la fin

La fin du film voit les secours arriver à Pékin et lever le siège après cinquante-cinq jours d'une résistance qui semblait impossible. Le major Nate, après avoir perdu des compagnons et surmonté des épreuves considérables, voit la relève arriver avec un soulagement qui est aussi une forme de mélancolie : la victoire a un prix humain incalculable. La conclusion est celle d'un film d'époque classique — triomphante mais sobre.

Signification du titre

Signification du titre

"Les 55 Jours de Pékin" est un titre d'une précision chronologique qui ancre immédiatement le film dans l'histoire réelle. Ces cinquante-cinq jours — du 20 juin au 14 août 1900 — sont le temps exact pendant lequel les légations étrangères ont résisté à l'assaut des forces Boxers et de l'armée impériale chinoise. Le titre dit d'emblée que le film ne sera pas une aventure fictive mais une reconstitution historique, avec toute la gravité que ce sous-titre implicite implique.

Bande Originale

Bande Originale

La bande originale de Les 55 Jours de Pékin est composée par Dimitri Tiomkin, l'un des compositeurs les plus importants de l'âge d'or hollywoodien, auteur des partitions de High Noon et The Alamo. Pour ce film, Tiomkin compose une partition orchestrale épique qui mêle les sonorités de l'Occident et de l'Orient dans un dialogue musical qui reflète la nature même du conflit représenté. Le thème principal du film — mémorable et martial — est l'une des compositions les plus efficaces de sa carrière tardive, et la partition reçoit une nomination aux Oscars qui couronne une carrière de compositeur d'exception.

Actualités

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Les 55 Jours de Pékin est aujourd'hui regardé avec un œil très différent de celui de ses spectateurs originels, l'évolution de la critique postcoloniale rendant son cadrage idéologique particulièrement problématique. Il est néanmoins régulièrement cité comme un exemple remarquable du cinéma épique américain des années 1960 dans sa dimension formelle et spectaculaire. La Chine, qui a longtemps mal reçu ce type de productions, a progressivement développé son propre cinéma historique sur cette période de l'histoire nationale.

Films Similaires

Films Similaires

  • El Cid (1961) de Anthony Mann — une autre superproduction de Samuel Bronston, dans le même registre de l'épopée historique à grand spectacle.
  • La Charge de la Brigade légère (1968) de Tony Richardson — un film sur une autre catastrophe militaire de l'ère victorienne, dans un registre plus critique du colonialisme.
  • Lawrence d'Arabie (1962) de David Lean — la grande épopée coloniale du cinéma britannique, qui partage avec Les 55 Jours de Pékin l'ambition formelle et la dimension historique.