Juillet 1916 : la bataille de la Somme fait rage et des milliers de soldats britanniques tombent en quelques heures à peine. Dans l'impasse, l'état-major imagine un plan aussi audacieux que désespéré : creuser un tunnel sous les lignes allemandes pour y déposer la plus grosse charge explosive jamais conçue. Une petite équipe de mineurs civils, jugés inaptes au combat, est réquisitionnée pour mener à bien cette mission en à peine quatre semaines. Dans l'obscurité et l'humidité des galeries, ces hommes de l'ombre vont devoir affronter leurs peurs pour changer le cours de la guerre.
L'Enfer sous Terre s'inspire d'un épisode réel et largement méconnu de la Première Guerre mondiale : le recrutement de mineurs civils britanniques, les fameux "Clay Kickers", chargés de creuser des galeries sous les tranchées allemandes pour y placer des explosifs. C'est le premier long métrage de J.P. Watts, jeune réalisateur britannique qui en signe également le scénario. Plutôt que de filmer la guerre des tranchées vue mille fois au cinéma, il choisit d'éclairer une guerre souterraine, invisible, menée par des hommes que l'armée ne considérait pas comme de véritables soldats. Le film s'attache en particulier à la figure historique du capitaine John "Hellfire Jack" Norton-Griffith, véritable instigateur du projet de tunnels, incarné à l'écran par Tom Goodman-Hill. L'ambition de Watts est de rendre hommage à ces travailleurs de l'ombre, dont l'apport à l'effort de guerre est resté largement ignoré par l'Histoire officielle.
La presse a salué le sujet original et le devoir de mémoire du film, tout en reprochant à Watts un scénario parfois convenu et un budget visiblement restreint qui limite l'ampleur des scènes de tunnel. Plusieurs critiques ont noté un manque de tension dramatique et une écriture jugée trop sage pour un sujet aussi âpre, tout en reconnaissant la sincérité de la démarche. Le public s'est montré globalement plus indulgent, appréciant la reconstitution historique et l'hommage rendu à des hommes restés dans l'anonymat. La note spectateurs sur AlloCiné avoisine les 3,2 sur 5, avec de nombreux avis soulignant l'émotion suscitée par cette histoire de sacrifice discret plutôt que par l'action pure.
Le film s'appuie sur les faits réels concernant la Royal Engineers Tunnelling Company, ces mineurs civils surnommés "Clay Kickers" qui comptaient dans leurs rangs des volontaires britanniques, canadiens et australiens, réduits ici à une poignée de personnages pour les besoins du récit. C'est le tout premier long métrage de J.P. Watts en tant que réalisateur, après une carrière dans l'écriture. Plusieurs critiques ont souligné que le budget limité de la production se ressentait dans l'ampleur restreinte des décors de tranchées et de galeries, obligeant l'équipe à composer avec des moyens modestes pour reconstituer l'ampleur réelle de l'opération de 1917.
L'Enfer sous Terre explore le courage discret de ceux qui ne combattent pas en première ligne mais risquent tout autant leur vie. Le film interroge la notion d'héroïsme invisible, celui de civils requis pour une tâche extrême sans jamais être reconnus comme des soldats à part entière. Il aborde aussi la camaraderie forcée entre hommes que rien ne destinait à se battre ensemble, ainsi que la peur intime du confinement et de l'enfermement, redoublée par l'angoisse de la mort imminente. En toile de fond, le film interroge le poids de la mémoire collective sur des pans entiers de la Grande Guerre restés dans l'ombre.
Le titre français fait directement référence au décor souterrain où se joue l'essentiel de l'intrigue : les galeries creusées sous les lignes ennemies. Le titre original, "The War Below", insiste sur cette guerre parallèle et cachée, menée sous terre pendant que la bataille officielle se déroule en surface.
1917 de Sam Mendes, Les Sentiers de la gloire de Stanley Kubrick, Beneath Hill 60 de Jeremy Sims.