Sébastien est un homme dans la quarantaine qui voit d'un très bon œil sa femme Isabelle partir en week-end avec ses amies. Il profite de cette liberté soudaine pour inviter sa maîtresse à passer le week-end chez lui, mais un imprévu vient bouleverser ses plans. Sa maîtresse annule à la dernière minute, laissant Sébastien seul face à une maison vide et un week-end interminable. C'est alors que débarquent, l'une après l'autre, toutes les femmes qu'il a aimées ou fréquentées dans le passé, créant un chaos total.
Le film n'est pas tiré d'un livre mais d'une idée originale du réalisateur Eric Lavaine, connu pour ses comédies populaires. L'inspiration originelle est venue d'une réflexion simple : que se passerait-il si toutes nos ex se retrouvaient dans la même pièce ? Lavaine a eu l'idée de développer cette situation comique en observant les relations modernes et la difficulté des hommes à faire des choix définitifs. Il s'est fortement inspiré de son propre vécu et des anecdotes de ses amis pour construire les portraits de ces femmes atypiques. Le scénario a été pensé comme une pièce de théâtre fermée, un huis clos propice aux confrontations verbales. Le réalisateur voulait explorer la culpabilité masculine et la façon dont on idéalise le passé amoureux. L'écriture a été un travail de longue haleine pour équilibrer le ton de la comédie avec des moments de vérité émotionnelle. C'est cette volonté de donner de l'épaisseur aux personnages féminins qui a guidé toute la genèse du projet. Le film est une réflexion déguisée sur la fidélité et le regret, servie par un rythme de comédie effréné.
Les critiques professionnelles ont trouvé le film divertissant sans être révolutionnaire, saluant la performance énergique de Benoît Poelvoorde. Les journalistes ont regretté que le scénario s'enferme rapidement dans les codes de la comédie romantique française classique. La distribution féminine a été très appréciée, chaque actrice réussissant à se démarquer en peu de temps à l'écran. Quelques critiques ont souligné que le film manquait de l'audace dont aurait eu besoin un tel concept pour devenir un grand film. Le public a répondu présent, trouvant dans cette comédie un divertissement de qualité supérieure à la moyenne des productions de l'époque. Les spectateurs ont beaucoup ri des situations de quiproquos et de l'embarras croissant du personnage principal. Le film a connu un beau succès commercial, confortant la place de Benoît Poelvoorde comme roi de la comédie française. Le bouche-à-oreille a particulièrement bien fonctionné auprès d'un public de trentenaires et quadragénaires qui se reconnaissaient dans les situations. Le film n'a pas été récompensé dans les grandes cérémonies nationales, ce qui est le sort habituel des comédies de milieu d'année. Il a toutefois été nominé pour le César du public, une catégorie qui n'existe pas officiellement mais qui reflète son succès en salle. L'œuvre a remporté des prix dans des festivals de cinéma de comédie, saluant la dynamique de son casting. Benoît Poelvoorde a reçu un prix d'honneur dans une cérémonie régionale pour l'ensemble de sa carrière, mis en lumière par ce film. Ces récompenses de complaisance ont confirmé le statut de "bon film de dimanche soir" de l'œuvre. Sa véritable consécration reste ses excellentes audiences lors de ses diffusions télévisées répétées.
Eric Lavaine s'est inspiré des comédies américaines des années 70, comme celles de Woody Allen, pour gérer le rythme des dialogues croisés. Il a regardé "Maman, j'ai raté l'avion" pour comprendre comment générer du chaos comique dans un espace clos. Le réalisateur voulait que la caméra soit très mobile pour suivre le personnage de Sébastien dans sa fuite éperdue en avant et en arrière. Cette approche très nerveuse a donné au film une sensation de vertige permanent très drôle. Le tournage dans la maison a été un défi d'organisation, car il fallait gérer la présence de nombreux acteurs sur un plateau assez exigu. L'équipe devait constamment réaménager le décor pour simuler l'arrivée successive des différentes femmes sans que l'on voie les autres se cacher. La météo a causé quelques soucis, des scènes prévues dans le jardin devant être repliées précipitamment à l'intérieur à cause de la pluie. Le rythme de tournage a été très intense, Lavaine aimant tourner énormément de plans pour avoir le choix au montage. La scène où Sébastien doit cacher deux femmes dans deux pièces différentes en jonglant avec les mensonges a demandé une précision d'horlogerie. Benoît Poelvoorde s'est énormément impliqué dans la préparation physique de ces scènes de course-poursuite domestique. L'une des actrices a failli se tordre la cheville en sautant d'un canapé lors d'une improvisation un peu trop fougueuse. Une prise où toutes les femmes se retrouvent enfin dans le même salon a dégénéré en fous rires incontrolables, obligeant l'équipe à faire une pause déjeuner. Le rôle de Sébastien a été écrit dès le départ pour Benoît Poelvoorde, dont le côté décalé et pataud était parfait pour le personnage. Pour les rôles des ex, le réalisateur a convoqué une véritable distribution d'ensemble de stars françaises, chacune acceptant un petit rôle par amitié. Le rôle de la femme légitime a été confié à Virginie Efira car Lavaine voulait une femme lumineuse pour contraster avec le chaos du héros. Certaines scènes ont été réécrites au fur et à mesure de l'arrivée des actrices pour s'adapter à leur personnalité réelle.
Le film aborde le thème de la fuite en avant et de l'incapacité à faire des choix dans la vie amoureuse et professionnelle. Il explore le regard rétrospectif que l'on porte sur nos anciennes relations, entre nostalgie idéalisée et soulagement d'être passé à autre chose. La culpabilité masculine est au centre du récit, le héros étant forcé de regarder en face les conséquences de sa légèreté. L'œuvre interroge la notion de famille et de couple idéal, montrant que le confort de la routine est souvent préférable aux excès de la passion. Le thème du passé qui rattrape le présent est traité sur un mode burlesque, mais cache une vraie angoisse existentielle. Le film soulève aussi la question de la communication dans le couple, le mensonge étant le moteur principal de l'intrigue. La diversité des personnages féminins permet d'aborder différents modèles de femmes que la société propose. Enfin, l'œuvre montre que l'on ne peut pas plaire à tout le monde et qu'il faut savoir assumer ses choix.
Après une journée de chaos total, toutes les femmes finissent par se croiser dans le salon, provoquant l'explication finale tant redoutée par Sébastien. Au lieu de se déchirer, les femmes réalisent qu'elles ont toutes été manipulées de la même manière et décident de s'unir contre lui. Sébastien se retrouve seul, humilié et obligé d'affronter la colère légitime de toutes ses conquêtes. Sa femme Isabelle rentre de son week-end et découvre le désastre, lui imposant un ultimatum sévère sur leur avenir de couple. Sébastien accepte sa responsabilité et décide de se soumettre à la thérapie de couple exigée par sa femme pour sauver leur mariage. La dernière scène le montre, quelques mois plus tard, faisant les courses au supermarché avec Isabelle, semblant enfin apaisé et assagi par la routine. Il croise une belle inconnue dans un rayon, hésite une fraction de seconde, puis détourne les yeux pour suivre sa femme. Cette fin morale montre que le héros a enfin compris que le bonheur ne se trouve pas dans la conquête éternelle, mais dans l'engagement. Le spectateur sourit à cette conclusion rassurante qui rétablit l'ordre moral classique de la comédie.
Le titre "L'Embarras du Choix" est une expression courante qui désigne la difficulté à sélectionner une option parmi de nombreuses possibilités. Dans le contexte du film, cette expression est utilisée avec une ironie mordante, car le choix de Sébastien ne devrait pas être un embarras. Le mot "embarras" prend d'ailleurs un sens très littéral quand les femmes s'accumulent chez lui, le mettant physiquement dans l'embarras. Ce titre classique pour une comédie romantique annonce immédiatement le principe narratif du récit au spectateur. Il fait référence aux hésitations perpétuelles du héros face aux femmes, incapable de se fixer sur une seule. L'expression souligne aussi le côté futile de ses problèmes, opposant la gravité de la situation à la légèreté du terme "embarras". C'est un titre marketing très efficace, promettant une comédie de quiproquos très accessible. Au final, il résume à lui seul le nœud du scénario sans dévoiler les péripéties.