En 1935, un modeste marchand de sardines de Saint-Tropez cède sa maison en viager à un notaire parisien, en échange d'une rente mensuelle jusqu'à sa mort. Persuadé de faire une bonne affaire face à un vendeur âgé et fragile, le notaire est bien loin d'imaginer que celui-ci va vivre jusqu'à un âge extrêmement avancé. Année après année, la rente vient grever de plus en plus lourdement les finances de la famille du notaire, provoquant un désarroi grandissant chez ses héritiers. Le vieil homme, lui, semble au contraire rajeunir à mesure que les décennies défilent.
Le Viager n'est pas tiré d'un livre mais d'un scénario original coécrit par Pierre Tchernia et Jean-Loup Dabadie, qui signaient ici leur première collaboration au cinéma après s'être déjà côtoyés à la télévision. L'idée du film est née de la volonté de Tchernia, alors surtout connu comme animateur et scénariste, de réaliser une comédie sur un principe simple mais redoutablement efficace, celui du contrat de vente en viager qui se retourne contre son acheteur en raison de la longévité inattendue du vendeur. Le scénario s'inspire du mécanisme juridique bien réel du viager, pratique immobilière française consistant à vendre un bien contre une rente à vie, dont Tchernia et Dabadie ont exploité tout le potentiel comique en imaginant un vendeur increvable au grand dam de l'acheteur impatient. Le tournage a réuni une distribution impressionnante d'acteurs comiques français de l'époque, portée par Michel Serrault dans le rôle du marchand de sardines et Michel Galabru dans celui du notaire dupé par sa propre cupidité. Le film s'inscrit dans la grande tradition de la comédie populaire française des années 1970, portée par un humour de situation reposant sur la répétition et l'absurde plutôt que sur les gags visuels.
Les critiques de l'époque ont salué l'efficacité comique du scénario et la performance de Michel Serrault, dont l'humour pince-sans-rire a été unanimement remarqué comme l'un des grands atouts du film. Plusieurs observateurs ont souligné l'originalité du postulat, jugé suffisamment simple et universel pour fonctionner sur la durée du long métrage sans jamais s'essouffler, porté par un rythme de comédie de mœurs classique et efficace. Le film a été considéré dès sa sortie comme l'une des réussites du genre de la comédie populaire française des années 1970, aux côtés d'autres classiques de l'époque. Le public a réservé un très bon accueil au film lors de sa sortie en salles en 1972, qui est rapidement devenu culte auprès des amateurs de comédies françaises grâce à ses nombreuses diffusions télévisées ultérieures. Plusieurs générations de spectateurs ont depuis salué l'humour intemporel du film ainsi que la performance du duo Serrault-Galabru, devenu emblématique de toute une époque du cinéma comique français. Le Viager reste aujourd'hui considéré comme un classique populaire régulièrement redécouvert par de nouvelles générations de spectateurs. Le film n'a pas été distingué par de récompense cinématographique majeure à sa sortie, mais son statut de classique du cinéma comique français s'est construit dans la durée, à travers ses innombrables rediffusions télévisées qui en ont fait un des films les plus populaires de son époque.
Pierre Tchernia et Jean-Loup Dabadie se sont inspirés du mécanisme juridique bien réel du viager, pratique immobilière française consistant à vendre un bien contre une rente à vie, pour en tirer tout le potentiel comique d'un vendeur qui refuse obstinément de mourir. Le tournage a réuni une distribution particulièrement dense d'acteurs comiques français de l'époque, dont Michel Serrault et Michel Galabru, qui formaient déjà un duo populaire du théâtre de boulevard avant de le retrouver au cinéma dans ce long métrage. Pierre Tchernia, avant tout connu comme animateur de télévision et scénariste, signait avec Le Viager l'une de ses premières réalisations marquantes au cinéma, confirmant sa capacité à transposer son sens de la comédie de la petite à la grande écran.
Le film explore la cupidité et ses effets retors, à travers le personnage du notaire persuadé de faire une bonne affaire avant de se retrouver piégé par sa propre avidité. Il aborde également le passage du temps et les bouleversements historiques du vingtième siècle, le récit s'étendant sur plusieurs décennies marquées par la guerre et les mutations sociales, ainsi que la thématique de la transmission patrimoniale entre générations, mise à mal par ce contrat qui échappe à tout contrôle.
Après des décennies d'attente vaine, la famille du notaire, ruinée par le versement continu de la rente viagère, doit finalement se résoudre à l'idée que le vieux marchand de sardines leur survivra probablement à tous. Le film se conclut sur une pirouette comique soulignant l'absurdité totale de la situation, le vendeur increvable continuant imperturbablement sa vie tandis que ses acheteurs successifs s'épuisent et disparaissent avant lui. Cette conclusion en forme de morale inversée souligne que la cupidité initiale du notaire s'est retournée contre lui de la plus cruelle des manières, celle du temps qui s'écoule sans jamais lui donner raison.
Le titre Le Viager désigne directement le type de contrat immobilier au cœur de l'intrigue, une vente dans laquelle l'acheteur verse une rente à vie au vendeur en échange du bien, pari risqué dont dépend entièrement toute la mécanique comique du film.
Plus de cinquante ans après sa sortie, Le Viager demeure régulièrement rediffusé à la télévision française et reste considéré comme l'un des classiques incontournables du cinéma comique populaire de son époque, transmis de génération en génération.
Les amateurs du film pourront se tourner vers d'autres comédies populaires françaises des années 1970 portées par des duos d'acteurs comiques emblématiques, comme La Soupe aux choux ou Les Tontons flingueurs, qui partagent avec Le Viager ce même goût pour l'absurde et la répétition comique typiques de l'âge d'or de la comédie française.