Frank Martin, l'impeccable transporteur aux règles d'acier, accepte provisoirement un travail de chauffeur pour la famille d'un puissant fonctionnaire américain. Lorsque le fils de la famille est kidnappé et inoculé avec un virus mortel par un groupe de mercenaires, Frank va devoir une fois encore briser ses propres règles et mobiliser toutes ses ressources pour sauver l'enfant. La suite amplifie les séquences d'action du premier film jusqu'à des sommets d'absurde chorégraphié parfaitement assumé, dans un Miami ensoleillé et clinquant.
Le Transporteur 2 est la suite directe du premier film sorti en 2002, co-produite par EuropaCorp et Luc Besson, qui avait rencontré un succès international inattendu. Fort du succès du premier volet — qui avait lancé Jason Statham comme star internationale d'action — la production a décidé d'amplifier tous les éléments qui avaient fonctionné : les combats chorégraphiés, les cascades automobiles spectaculaires et le charme impassible de Statham. Louis Leterrier, assistant de Corey Yuen sur le premier film, prend ici les rênes de la mise en scène pour son premier long-métrage de grande envergure. La décision de transporter le personnage de Frank Martin de la Côte d'Azur à Miami permettait de renouveler visuellement la franchise tout en conservant son atmosphère de luxe et de vitesse. Le scénario, co-écrit par Luc Besson et Robert Mark Kamen, ne cherche pas la profondeur psychologique mais l'enchaînement efficace de situations d'action de plus en plus extravagantes, assumant pleinement le registre du film de genre pur.
Résumé des critiques professionnelles : Le Transporteur 2 a reçu des critiques mitigées, les journalistes reconnaissant l'efficacité des séquences d'action tout en notant l'absurdité croissante du scénario et l'impossibilité physique de plusieurs des exploits accomplis par Frank Martin. Ces critiques ont souvent adopté le ton de la critique complice — reconnaître les limites du film tout en admettant que ces excès constituent son charme particulier. Rotten Tomatoes lui a attribué un score d'environ 36 %.
Réception du public : Le public a plébiscité le film, qui a réalisé 85 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget de 32 millions — un excellent ratio. Les fans du premier volet et les amateurs de films d'action européens ont particulièrement apprécié l'escalade des séquences spectaculaires et le style de combat de Jason Statham.
Récompenses obtenues : Le film n'a pas été récompensé lors des grandes cérémonies, mais a remporté des prix dans plusieurs festivals de cinéma d'action et de films de genre.
Inspirations du réalisateur : Louis Leterrier a déclaré s'être inspiré des films de kung-fu de Hong Kong et des chorégraphies de Jackie Chan pour construire des séquences d'action où l'environnement quotidien devient un arsenal improvisé. Chaque lieu de tournage était étudié pour ses possibilités de combat créatif.
Difficultés de production : Tourner des courses-poursuites et des cascades automobiles dans les rues de Miami a demandé une coordination avec les autorités locales considérable et a imposé de nombreuses restrictions sur les horaires et les lieux de tournage. L'équipe de cascadeurs, dont certains venaient directement du cinéma d'action hong-kongais, a représenté une force créative centrale dans la conception des séquences.
Anecdote sur une scène particulière : La scène dans laquelle Frank Martin éjecte une bombe magnétique attachée sous sa voiture en utilisant une rampe improvisée — que la physique la plus élémentaire rend impossible — est devenue l'emblème de l'humour involontaire du film et l'une des cascades les plus moquées et les plus aimées simultanément de la saga.
Le Transporteur 2 n'a pas de prétentions thématiques profondes, mais sa structure révèle quelques lignes de force intéressantes. Frank Martin, homme de règles et de codes dans un monde sans morale, est paradoxalement le personnage le plus éthique du film — ses principes sont absolus, quand bien même ils concernent l'art de transporter des cargaisons illicites. La figure de l'enfant à protéger est le déclencheur émotionnel qui humanise ce personnage autrement glacial et le force à s'investir au-delà de sa mission professionnelle. Le film celebre aussi une certaine compétence masculine — la maîtrise du corps, du véhicule, de la situation — comme valeur esthétique en soi, indépendamment de toute justification morale.
La résolution de Le Transporteur 2 est spectaculaire et satisfaisante dans le cadre du film d'action pur : Frank sauve l'enfant, neutralise les méchants avec une élégance et une efficacité qui défient les lois de la physique, et repart vers de nouvelles aventures sans s'attarder sur les émotions. Cette fin sans ambiguïté ni complexité est exactement ce que le film promettait depuis son ouverture, et elle remplit ce contrat avec une honnêteté totale.
Le Transporteur 2 inscrit le film dans la continuité directe du premier avec le simple ajout du chiffre, maintenant l'identité de marque de la franchise autour du personnage-concept du transporteur — cet homme dont la spécialité est de déplacer des cargaisons d'un point à un autre avec une efficacité absolue. Ce titre fonctionnel et sans prétention correspond parfaitement à la philosophie d'une franchise qui préfère l'efficacité à l'originalité.
Le Transporteur 2 fait partie d'une franchise qui a depuis été rebootée avec Le Transporteur Héritage (2015) — sans Jason Statham — et qui continue d'exister sous forme de série télévisée. Jason Statham reste l'acteur d'action européen le plus populaire à Hollywood, et son travail dans les trois premiers Transporteur a posé les bases de ce statut. Louis Leterrier a depuis réalisé L'Incroyable Hulk (2008) et Now You See Me (2013), confirmant sa trajectoire vers les grosses productions.
Le Transporteur 2 s'inscrit naturellement dans la trilogie originale avec Le Transporteur (2002) et Le Transporteur 3 (2008). Taken (2008) de Pierre Morel, produit dans la même veine EuropaCorp/Besson, est peut-être la référence la plus directe dans son registre d'homme de compétence ultime qui sauve un enfant. The Mechanic (2011) ou Haywire (2011) de Soderbergh offrent des variations plus réalistes sur le même archétype du professionnel de la violence. Mad Max : Fury Road (2015) représente la version épique et visionnaire du même territoire d'action chorégraphiée.