Dans une petite ville du Maine au début des années 2000, le jeune Craig se lie d'amitié avec Mr. Harrigan, un milliardaire reclus dont il fait la lecture chaque semaine. Lorsque Craig gagne à la loterie, il offre à son ami âgé son tout premier smartphone, scellant entre eux un lien inattendu par-delà leur différence d'âge. À la mort de Mr. Harrigan, Craig glisse le téléphone dans sa poche avant l'enterrement, sans se douter que leur connexion pourrait survivre à la tombe. Peu après, des messages inquiétants commencent à apparaître sur son propre téléphone, semblant provenir d'un numéro qui ne devrait plus jamais sonner.
Le Téléphone de M. Harrigan est l'adaptation de la novella éponyme de Stephen King, publiée en 2020 au sein du recueil Si ça saigne, qui explore les thèmes chers à l'auteur autour de l'enfance, de l'amitié intergénérationnelle et du surnaturel intrusif dans le quotidien. Le scénariste et réalisateur John Lee Hancock, connu pour des œuvres plus réalistes comme La Couleur des sentiments ou Le Fondateur, a été chargé dès 2020 par Netflix, en collaboration avec Blumhouse Productions et le producteur Ryan Murphy, d'adapter cette histoire pour l'écran. Hancock a choisi de rester particulièrement fidèle au texte original de King, préservant le ton mélancolique et la réflexion sur l'omniprésence de la technologie qui traverse la novella plutôt que d'accentuer les éléments purement horrifiques du récit. L'idée centrale du texte de King, celle d'une connexion qui survit à la mort grâce à un téléphone enterré avec son propriétaire, permettait au réalisateur d'explorer à la fois le deuil adolescent et une réflexion plus large sur notre dépendance croissante aux objets connectés. Le tournage s'est déroulé dans le Connecticut à l'automne 2021, dans des décors évoquant la petite ville fictive de Harlow, dans le Maine, cadre récurrent de l'œuvre de Stephen King.
Les critiques ont été mitigées, beaucoup saluant les performances de Donald Sutherland et Jaeden Martell tout en regrettant un film jugé trop sage et pas assez effrayant pour un récit vendu comme une histoire d'horreur. Sur Rotten Tomatoes, le film recueille environ 46 % de critiques positives, plusieurs observateurs estimant que la fidélité de John Lee Hancock au texte original de Stephen King desservait finalement le film, jugé trop lent et pas assez inquiétant dans son traitement des messages venus d'outre-tombe. D'autres ont toutefois salué la dimension plus intimiste du récit, préférant y voir un drame initiatique sur le deuil plutôt qu'un simple film d'épouvante. Le public s'est montré tout aussi partagé, certains spectateurs saluant la performance touchante de Donald Sutherland dans l'un de ses derniers rôles marquants, tandis que d'autres ont exprimé leur déception face à l'absence de véritables scènes effrayantes malgré la promesse horrifique du marketing du film. De nombreux commentaires soulignent la qualité de la relation entre les deux personnages principaux comme le véritable cœur du récit, au-delà de l'intrigue surnaturelle elle-même. Le film a néanmoins rencontré un bon succès d'audience lors de sa sortie sur Netflix en octobre 2022, coïncidant avec la période d'Halloween. Le Téléphone de M. Harrigan n'a pas été distingué par de récompense cinématographique majeure, mais a confirmé l'attrait persistant du public pour les adaptations de Stephen King diffusées sur les plateformes de streaming.
John Lee Hancock a choisi de rester extrêmement fidèle à la novella originale de Stephen King, préservant son ton mélancolique et sa réflexion sur la dépendance aux nouvelles technologies plutôt que d'accentuer artificiellement les éléments horrifiques du récit. Le tournage s'est déroulé dans le Connecticut à l'automne 2021, les équipes ayant dû recréer l'atmosphère typique des petites villes du Maine, cadre récurrent de l'œuvre de Stephen King, à travers des décors soigneusement choisis pour évoquer le début des années 2000. Donald Sutherland, qui interprète Mr. Harrigan, livrait avec ce film l'un de ses derniers grands rôles avant sa disparition en 2024, une performance saluée pour sa profondeur malgré l'accueil critique mitigé réservé au film dans son ensemble.
Le film explore l'amitié intergénérationnelle improbable entre un adolescent et un vieillard reclus, ainsi que le deuil et la difficulté de laisser partir un être cher malgré la tentation de maintenir un lien artificiel par-delà la mort. Il aborde également une réflexion plus large sur la dépendance croissante aux technologies connectées, incarnée par le smartphone qui devient à la fois le symbole de leur amitié et le vecteur d'une menace surnaturelle incontrôlable.
Craig découvre que ses messages adressés au téléphone enterré de Mr. Harrigan semblent provoquer la mort de ceux qui le tourmentent, une conséquence terrifiante qu'il n'avait jamais anticipée lorsqu'il exprimait ses frustrations d'adolescent. Pris de remords, il choisit finalement de couper définitivement le contact avec cette présence d'outre-tombe, refusant de continuer à utiliser ce pouvoir destructeur malgré la tentation de s'en servir à nouveau. Le film se conclut sur une note d'ambiguïté morale assumée, laissant le spectateur incertain quant à la nature réelle du phénomène, entre coïncidence tragique et véritable intervention surnaturelle.
Le titre Le Téléphone de M. Harrigan désigne l'objet central du récit, ce smartphone offert par Craig à son ami vieillissant puis enterré avec lui, qui devient le vecteur improbable d'une connexion persistant par-delà la mort et symbolise la manière dont la technologie peut brouiller les frontières entre le monde des vivants et celui des disparus.
Le film reste aujourd'hui l'une des dernières grandes apparitions à l'écran de Donald Sutherland, disparu en 2024, dont la performance dans le rôle du reclus Mr. Harrigan continue d'être régulièrement citée parmi les moments marquants de la fin de sa longue carrière.
Les amateurs du film pourront se tourner vers Le Téléphone noir, autre adaptation récente d'un texte lié à l'univers de Stephen King, cette fois signé par son fils Joe Hill, ou vers Stand by Me, référence incontournable de l'auteur sur l'amitié et le passage à l'âge adulte dans le Maine.