Dimanche, 12 juillet 2026
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Le Serpent

Le Serpent

2021 Royaume-Uni
Synopsis

Au milieu des années 1970, à Bangkok, Charles Sobhraj et sa complice Marie-Andrée Leclerc se font passer pour des diamantaires sous les fausses identités d'Alain et Monique Gautier, revendant à des touristes des pierres précieuses volées. Derrière cette façade respectable se cache une réalité bien plus sombre : le couple drogue, dépouille et assassine de jeunes routards occidentaux parcourant la mythique route hippie asiatique, s'appropriant leurs passeports et leur argent pour multiplier les identités d'emprunt. Herman Knippenberg, jeune diplomate néerlandais en poste à Bangkok, entreprend une enquête acharnée pour faire éclater la vérité sur ces disparitions inexpliquées, se heurtant à l'indifférence des autorités locales et à la ruse insaisissable de celui que la presse surnommera bientôt le Serpent.

Genèse du film

Le Serpent retrace l'histoire authentique de Charles Sobhraj, escroc et tueur en série français d'origine indo-vietnamienne, qui a assassiné une trentaine de jeunes touristes occidentaux en Asie du Sud-Est entre 1975 et 1976 avant de longtemps échapper à la justice grâce à ses talents de manipulateur et à ses nombreux changements d'identité. La BBC a commandé cette mini-série en 2019 à la société de production britannique Mammoth Screen, confiant l'écriture à Richard Warlow et Toby Finlay, qui ont construit le récit comme une double narration entrelaçant le parcours criminel de Sobhraj et l'enquête acharnée du diplomate néerlandais Herman Knippenberg. Tahar Rahim, révélé au grand public par Un prophète de Jacques Audiard, a été choisi pour incarner Sobhraj, opérant une transformation physique et vocale spectaculaire loin de ses rôles plus attachants habituels. Le tournage a débuté en août 2019 à Bangkok puis dans la station balnéaire de Hua Hin, en Thaïlande, avant d'être interrompu pendant cinq mois par la pandémie de Covid-19, la production reprenant finalement en Angleterre, à Tring dans le Hertfordshire, avec un mélange des prises de vue asiatiques et anglaises sans réécriture majeure du scénario.

Critiques et réception

Le Serpent a été largement salué par la critique internationale pour son atmosphère envoûtante et sa reconstitution soignée de l'Asie du Sud-Est des années 1970, ainsi que pour la transformation spectaculaire opérée par Tahar Rahim dans le rôle-titre. Plusieurs observateurs ont particulièrement apprécié la construction narrative en double fil, alternant le point de vue du criminel et celui du diplomate enquêteur, permettant de maintenir une tension constante malgré la connaissance historique de l'issue de l'affaire. D'autres critiques se sont montrées plus réservées sur le jeu de Jenna Coleman, dont l'accent québécois censé incarner la complice canadienne Marie-Andrée Leclerc a été jugé peu convaincant par de nombreux spectateurs francophones. La reconstitution visuelle des décors asiatiques des années 1970, entre Bangkok, Katmandou et New Delhi, a en revanche été unanimement saluée pour son authenticité et son esthétique soignée. Le public a réservé un accueil très favorable à la série, fascinée par le portrait glaçant de ce criminel manipulateur capable de séduire ses victimes avant de les assassiner. La série a connu un important succès sur Netflix dès sa mise en ligne, suscitant un regain d'intérêt médiatique pour l'affaire Sobhraj, dont la libération effective par la justice népalaise est intervenue peu après la diffusion de la série. Le Serpent a été nommée dans plusieurs catégories lors de cérémonies de récompenses télévisées britanniques, sans toutefois remporter de trophée majeur, mais a confirmé la reconnaissance internationale de Tahar Rahim au-delà du cinéma français.

Anecdotes de tournage

Tahar Rahim a opéré une transformation physique et vocale spectaculaire pour incarner Charles Sobhraj, s'appropriant la gestuelle, l'allure et le charisme trouble du criminel réel, une performance largement saluée comme l'une des plus marquantes de sa carrière et confirmant sa reconnaissance internationale au-delà de sa révélation dans Un prophète de Jacques Audiard. Le tournage, débuté en août 2019 en Thaïlande, a été brutalement interrompu pendant cinq mois en raison de la pandémie de Covid-19, contraignant la production à reprendre le tournage en Angleterre, à Tring dans le Hertfordshire, avant de mélanger les prises de vue asiatiques et anglaises sans nécessiter de réécriture majeure du scénario. L'actrice québécoise Laurence Leboeuf avait auditionné dès décembre 2018 pour le rôle de Marie-Andrée Leclerc, la complice canadienne de Sobhraj, mais le rôle a finalement été attribué à la Britannique Jenna Coleman, dont l'accent québécois approximatif a par la suite suscité de nombreuses critiques, en particulier au Québec.

Thèmes abordés

Le Serpent explore la manipulation psychologique et le charisme trouble d'un prédateur capable de séduire ses victimes avant de les exploiter puis de les éliminer, interrogeant les mécanismes de l'emprise et de la confiance mal placée. La série aborde également la route hippie asiatique des années 1970, mouvement de jeunesse occidentale en quête de spiritualité et de liberté, dont la naïveté a pu être exploitée par des criminels comme Sobhraj. La persévérance administrative et humaine face à l'indifférence institutionnelle occupe une place centrale, à travers le parcours du diplomate Herman Knippenberg confronté au scepticisme de sa propre hiérarchie. La série interroge enfin la fascination collective pour les figures criminelles insaisissables, capables de se réinventer sans cesse pour échapper à la justice.

⚠️ Attention : cette section révèle les éléments majeurs de l'intrigue.

Explication de la fin

La série se conclut sur l'arrestation de Charles Sobhraj à New Delhi en 1976, rendue possible grâce à la ténacité de l'enquête menée par Herman Knippenberg malgré des années d'obstacles administratifs et diplomatiques. Sobhraj est finalement condamné à une peine de prison en Inde, échappant ainsi paradoxalement à une possible condamnation à mort en Thaïlande, où le délai de prescription pour ses crimes expire pendant son incarcération indienne, un calcul stratégique qui souligne jusqu'au bout la ruse du personnage. La série se termine sur des cartons rappelant le destin réel de Sobhraj, incarcéré puis libéré à plusieurs reprises au fil des décennies suivantes, laissant entendre que cet homme insaisissable n'a peut-être jamais véritablement payé pour l'ensemble de ses crimes.

Signification du titre

Le titre Le Serpent reprend le surnom donné à Charles Sobhraj par la presse et les autorités en raison de sa ruse extrême et de sa capacité à changer sans cesse d'identité, à l'image d'un serpent capable de muer et d'échapper à ses poursuivants. Ce surnom, également décliné en « Bikini Killer » dans certains pays en référence à la tenue portée par certaines de ses victimes, souligne la dimension prédatrice et insaisissable du personnage central de la série.

Actualités

Après plusieurs décennies passées entre périodes d'incarcération et de liberté, Charles Sobhraj a été libéré par la justice népalaise peu après la diffusion de la série, un événement qui a relancé l'intérêt médiatique pour son parcours criminel. Le Serpent a également été diffusée en clair sur France 2 à partir de juillet 2025, permettant une nouvelle découverte de la série par un public plus large.

Films Similaires

Mindhunter, série américaine explorant elle aussi la psychologie de criminels réels à travers le prisme de l'enquête policière, partage avec Le Serpent cette fascination pour la construction mentale des tueurs en série. Catch Me If You Can, film de Steven Spielberg consacré à un autre grand manipulateur capable de multiplier les identités d'emprunt, offre une résonance thématique autour de l'art de la duperie. Wild Wild Country, documentaire consacré à une autre dérive criminelle au sein d'une communauté spirituelle des années 1970-1980, prolonge la réflexion sur les excès du mouvement de contre-culture de cette époque.