Le film retrace l'histoire vraie de Jean-Dominique Bauby, brutalement paralysé à la suite d'un accident vasculaire cérébral. Atteint du syndrome d'enfermement, il ne peut communiquer qu'en clignant de la paupière gauche. Brillant rédacteur en chef du magazine Elle, il refuse de s'avouer vaincu face à la maladie. Avec l'aide d'une orthophoniste dévouée, il entreprend d'épeler et de dicter un livre entier pour raconter son voyage intérieur.
Le long-métrage s'inspire directement du roman autobiographique éponyme écrit par Jean-Dominique Bauby. Le réalisateur Julian Schnabel a été profondément bouleversé par ce témoignage unique de résilience humaine face à l'immobilité forcée. L'idée originelle est venue de la volonté de retranscrire fidèlement le flux de conscience d'un homme enfermé dans son propre corps. Schnabel a puisé son inspiration dans sa propre expérience d'artiste peintre pour imaginer l'aspect visuel de ce combat mental.
La presse professionnelle a unanimement salué cette œuvre comme un chef-d'œuvre de délicatesse et d'innovation visuelle. Les critiques ont encensé la performance magistrale de Mathieu Amalric ainsi que la mise en scène subjective particulièrement audacieuse. La capacité du réalisateur à transformer un sujet potentiellement lourd en une célébration poétique de la vie a été célébrée mondialement. Le public a quant à lui réservé un accueil particulièrement chaleureux et ému à ce drame bouleversant. Les spectateurs ont été profondément touchés par la force mentale du protagoniste et la beauté formelle des images. Le bouche-à-oreille excellent a permis au film de réaliser une superbe carrière dans les salles d'art et d'essai. Cette reconnaissance s'est traduite par de nombreuses distinctions internationales majeures lors des festivals. Julian Schnabel a notamment reçu le Prix de la mise en scène au Festival de Cannes. Le film a également décroché quatre nominations aux Oscars et remporté plusieurs Golden Globes prestigieux.
L'inspiration du réalisateur s'est nourrie de visites répétées à l'hôpital maritime de Berck où Bauby avait été soigné. Schnabel tenait absolument à s'imprégner de l'atmosphère réelle des lieux pour restituer la vérité brute du quotidien. Les difficultés de production résidaient principalement dans le défi technique de filmer à travers le point de vue exclusif d'un œil unique. L'équipe a dû concevoir des lentilles spéciales et des cadrages complexes pour simuler le clignement de la paupière. Une anecdote marquante concerne la scène de la baignoire thérapeutique qui fut extrêmement intense à tourner pour l'acteur principal. L'immobilité absolue requise dans l'eau froide a demandé à Mathieu Amalric une concentration et une endurance physique hors du commun. Pour le casting initialement prévu, le rôle principal avait d'abord été proposé à Johnny Depp. Ce dernier a finalement dû décliner l'offre en raison d'un conflit d'emploi du temps avec le tournage de Pirates des Caraïbes.
Le film explore de manière magistrale le thème de l'isolement physique et de la liberté intellectuelle absolue. Il traite également de la force de l'imagination et des souvenirs comme outils d'évasion face à la souffrance. Le rapport au corps, la communication non verbale et la dignité humaine face à la déchéance physique sont au cœur du récit. Enfin, l'œuvre aborde avec pudeur l'importance des liens familiaux et de l'accompagnement soignant.
La fin du film coïncide avec l'achèvement du livre et la mort de Jean-Dominique Bauby, survenue seulement dix jours après sa publication. La caméra s'élève symboliquement, brisant le cadre subjectif claustrophobique qui dominait jusqu'alors le récit. Cette libération visuelle symbolise l'envol de l'esprit du protagoniste, enfin délivré de sa prison charnelle grâce à son œuvre littéraire. Le spectateur reste sur une note de triomphe spirituel plutôt que sur une simple tragédie médicale.
Le titre repose sur une métaphore puissante opposant le scaphandre au papillon. Le scaphandre représente la lourdeur, l'immobilité et la prison de fer que constitue le corps paralysé de Bauby. Le papillon, à l'inverse, incarne la légèreté de son esprit, son imagination fertile et ses souvenirs qui continuent de voler librement. C'est le contraste poignant entre l'enfermement physique total et l'évasion mentale absolue.
La bande originale bénéficie d'une mention spéciale grâce aux compositions épurées de Paul Cantelon qui soulignent la mélancolie du récit. L'utilisation judicieuse de morceaux préexistants de U2, Velvet Underground et Tom Waits apporte une texture rock et nostalgique unique au film.
Le film reste aujourd'hui une référence absolue dans les écoles de cinéma pour l'utilisation de la caméra subjective. Il est régulièrement projeté dans les milieux médicaux pour sensibiliser le personnel soignant au syndrome d'enfermement.
Intouchables, Une merveilleuse histoire du temps, My Left Foot, Mar adentro.