Trois anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale racontent à leurs petits-enfants leurs exploits, réels ou largement enjolivés, durant le conflit. Emprisonnés à la suite d'un conseil de guerre, ils se retrouvent en cellule avec un colonel allemand fait prisonnier par deux résistants. Ce dernier leur confie l'existence d'un trésor caché dans la Kommandantur locale. Pour tenter de récupérer ce magot, les trois compères vont devoir se déguiser en soldats allemands et s'improviser résistants malgré eux.
Le film constitue à la fois une suite et un préquel des deux précédents succès des Charlots consacrés à l'univers des bidasses, en imaginant cette fois les aventures des grands-pères des personnages initiaux durant la Seconde Guerre mondiale. Michel Vocoret succède à Claude Zidi à la réalisation, ce dernier ayant marqué de son empreinte les deux premiers volets de la saga. Le projet cherche à capitaliser sur la formule comique ayant fait le succès des précédents films tout en se déplaçant dans un nouveau contexte historique. Luis Rego, qui avait quitté la troupe des Charlots après le premier film, effectue à cette occasion son retour aux côtés de ses anciens camarades. Le film s'inscrit dans la tradition de la comédie de parodie militaire, ici transposée à l'époque de l'Occupation.
Le film reçoit un accueil critique très défavorable à sa sortie, plusieurs observateurs le jugeant daté et représentatif d'un style de comédie dépassé face au renouveau alors porté par des troupes comme Le Splendid. La presse souligne notamment le décalage entre l'humour potache proposé et les nouvelles attentes du public comique français du début des années 1980. Certains critiques considèrent ce film comme l'un des plus faibles de la filmographie des Charlots. Le public réserve également un accueil très en retrait au film, qui ne réunit qu'un peu plus d'un million de spectateurs, loin des scores obtenus par les précédents films de la troupe. Ce résultat marque un tournant dans la popularité des Charlots au cinéma, dont aucun film ultérieur n'atteindra plus un tel niveau de fréquentation. Le film reste depuis largement oublié du grand public. Le film n'a obtenu aucune récompense lors de sa sortie.
Michel Vocoret et les Charlots ont voulu prolonger la formule comique ayant fait leur succès en la transposant cette fois dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale, un registre alors déjà largement exploité par d'autres comédies françaises de l'époque. Le tournage a nécessité la transformation de la mairie de Belloy-en-France en Kommandantur, avec des drapeaux nazis installés de part et d'autre de l'entrée du bâtiment, ce qui a provoqué la colère d'anciens combattants locaux. Ces derniers ont organisé un défilé de protestation qui a bloqué le tournage, obligeant le réalisateur et les Charlots à intervenir personnellement pour apaiser la situation et pouvoir poursuivre le film. Luis Rego, absent depuis le premier volet de la saga, a accepté de revenir pour ce troisième film aux côtés de ses anciens camarades, dans le rôle d'un sergent.
Le film s'amuse de la mémoire, souvent enjolivée, des exploits de guerre transmis de génération en génération au sein d'une même famille. Il questionne également l'absurdité de la guerre à travers un traitement volontairement burlesque et déréalisé du conflit et de l'Occupation. La camaraderie et la solidarité entre les personnages face à l'adversité traversent aussi tout le récit, fidèle à l'esprit des précédents films de la saga.
Les trois compères parviennent finalement à s'emparer du trésor caché dans la Kommandantur, non sans avoir traversé une série de péripéties rocambolesques impliquant nonnes, résistants et soldats allemands peu perspicaces. Le film se referme sur une note résolument légère et comique, fidèle à l'esprit bon enfant de la saga des bidasses. Cette conclusion privilégie le divertissement pur plutôt qu'une quelconque portée dramatique liée au contexte historique du récit.
Le titre annonce directement la volonté de prolonger la franchise à succès initiée par Les Bidasses en folie, en marquant le retour des mêmes personnages, ici incarnés par la génération précédente de leur famille.
Les amateurs de ce film apprécieront Les Bidasses en folie et Les Bidasses s'en vont en guerre, les deux précédents films de la saga, ainsi que Papy fait de la résistance de Jean-Marie Poiré pour son traitement comique similaire de l'Occupation.