Quelques amis de lycée, dispersés depuis plusieurs années, se retrouvent à l'occasion de l'accouchement de la compagne de leur ami Tomasi, mort peu de temps auparavant d'une overdose. Réunis dans la salle d'attente de la maternité, ils replongent dans leurs souvenirs communs, remontant jusqu'à leur dernière année de lycée en 1975. Entre premières amours, révolte étudiante et découverte du rock, cette plongée dans le passé ravive autant la nostalgie que les blessures encore ouvertes. Cette naissance à venir devient ainsi le prétexte d'un bilan collectif sur le passage à l'âge adulte et le deuil de la jeunesse insouciante.
Le Péril jeune a été conçu par Cédric Klapisch dans le cadre d'une collection télévisuelle produite par Arte intitulée « Les Années lycée », avant de bénéficier d'une sortie en salles grâce au soutien de Pierre-Ange Le Pogam, alors en poste chez Gaumont. Le scénario, coécrit avec deux amis d'enfance du réalisateur, Santiago Amigorena et Alexis Galmot, puise directement dans les souvenirs personnels des trois auteurs concernant leurs propres années de lycée. Klapisch voulait raconter avec sincérité et tendresse une génération post-soixante-huitarde, dont l'esprit de rébellion peinait à trouver une cause à laquelle se rattacher pleinement. Ce film à petit budget, tourné intégralement à Paris, a permis de révéler plusieurs jeunes acteurs alors inconnus, promis par la suite à de brillantes carrières. Le réalisateur souhaitait capturer avec justesse l'atmosphère particulière du milieu des années 1970, entre manifestations étudiantes et éveil de la conscience politique adolescente. Diffusé d'abord à la télévision en 1994, le film n'obtiendra sa reconnaissance publique la plus large qu'après sa sortie en salles l'année suivante.
La critique a salué la sincérité et la justesse de ce second long métrage de Cédric Klapisch, particulièrement apprécié pour sa capacité à retranscrire avec authenticité l'atmosphère des années lycée. Les dialogues, jugés jubilatoires par de nombreux observateurs, ont été particulièrement mis en avant, tout comme les rapports souvent cocasses entre les différents personnages. La révélation de jeunes acteurs alors inconnus, à commencer par Romain Duris, a également été largement soulignée par la presse spécialisée. Dans l'ensemble, le film a été perçu comme une œuvre annonciatrice du style si particulier que Klapisch développera plus tard dans L'Auberge espagnole.
Le public a réservé un accueil chaleureux à ce film, qui a rencontré un succès notable avec environ 650 000 entrées en France malgré son petit budget initial. Le Péril jeune est rapidement devenu un film culte pour toute une génération de spectateurs, particulièrement les adolescents des années 1990 qui se sont reconnus dans cette évocation nostalgique de la jeunesse. Cette popularité durable a permis au film de connaître de nombreuses rediffusions télévisées au fil des décennies suivantes.
Le Péril jeune a remporté le Fipa d'or ainsi que le prix de l'humour au festival de Chamrousse, consacrant ainsi la qualité de cette première collaboration entre Cédric Klapisch et sa troupe de jeunes comédiens. Ce succès critique et public a définitivement lancé la carrière du réalisateur, ouvrant la voie à ses futurs succès populaires.
Cédric Klapisch s'est appuyé sur ses propres souvenirs de lycée, coécrivant le scénario avec deux amis d'enfance, pour livrer un récit à forte dimension autobiographique sur la jeunesse post-soixante-huitarde des années 1970.
Le tournage, mené avec un budget très modeste dans le cadre d'une collection télévisuelle produite par Arte, s'est déroulé en seulement vingt-cinq jours, une contrainte de temps qui a nécessité une préparation particulièrement rigoureuse de la part de toute l'équipe.
La scène de gymnastique dans la cour du lycée, difficile à tourner pour le jeune Romain Duris encore inexpérimenté, a nécessité l'intervention personnelle de Cédric Klapisch pour recentrer son jeune acteur sur le sérieux du travail malgré l'ambiance chahuteuse qui régnait sur le plateau.
Cédric Klapisch signe lui-même un discret caméo dans son propre film, interprétant le rôle du jeune père sortant de la maternité, une habitude récurrente chez le réalisateur dans l'ensemble de sa filmographie.
Le Péril jeune explore la nostalgie d'une jeunesse révolue, à travers le regard rétrospectif porté par des amis désormais adultes sur leurs années de lycée. Le film interroge également le deuil, incarné par la mort prématurée de Tomasi, dont l'absence plane sur l'ensemble du récit. La révolte étudiante et l'engagement politique adolescent, hérités de mai 1968, constituent un autre axe thématique central de l'œuvre. Le film aborde aussi les premières amours et les émois adolescents, avec une tendresse et un humour caractéristiques du cinéma de Klapisch. L'amitié durable, capable de résister au passage du temps et aux drames de l'existence, occupe également une place importante dans le récit. Enfin, le film questionne le passage à l'âge adulte, symbolisé par la naissance à venir qui sert de fil conducteur à toute l'intrigue.
Le film se termine sur la naissance de l'enfant de Sophie, la compagne de Tomasi, événement qui vient clore symboliquement le cycle du deuil entamé par la mort de leur ami commun. Cette naissance, survenant au terme d'une longue nuit de souvenirs partagés entre les amis réunis à la maternité, symbolise la continuité de la vie malgré la perte et la douleur. Le groupe d'amis, réuni pour l'occasion, retrouve à travers cet événement heureux une forme de cohésion et de solidarité qu'ils avaient partiellement perdue avec le temps. Cette conclusion optimiste contraste avec la gravité du deuil qui traverse une grande partie du récit, offrant une note d'espoir sur l'avenir de cette génération. Klapisch choisit ainsi de clore son film sur un cycle de vie qui recommence, plutôt que sur la tristesse de la perte évoquée tout au long du récit.
Le titre Le Péril jeune joue sur l'expression consacrée « péril en la demeure », détournée avec ironie pour évoquer les dangers et les turbulences propres à la jeunesse. Ce jeu de mots, caractéristique de l'humour de Cédric Klapisch, souligne avec légèreté les tourments réels traversés par les personnages du film. Il évoque également la notion de risque et d'incertitude propre à l'adolescence, période charnière où se jouent les premiers choix déterminants d'une existence. Ce titre installe enfin une tonalité à la fois grave et légère, fidèle au ton d'ensemble du film qui mêle nostalgie, humour et émotion.
Le film a bénéficié d'une ressortie en salles près de trente ans après sa sortie initiale, confirmant son statut de classique intergénérationnel toujours apprécié par un public nostalgique comme par de nouveaux spectateurs découvrant l'œuvre.
Les amateurs de récits nostalgiques sur la jeunesse apprécieront L'Auberge espagnole, autre grand succès de Cédric Klapisch prolongeant cette exploration de la jeunesse et de ses désillusions. Chacun cherche son chat, également signé Klapisch, partage cette même tendresse pour les personnages en quête de repères dans leur existence. La Boum de Claude Pinoteau offre une autre évocation marquante de l'adolescence française, bien que dans un registre plus léger. Les Quatre Cents Coups de François Truffaut partage cette même sincérité dans l'évocation de la jeunesse et de ses tourments.