Dimanche, 12 juillet 2026
Dernières actualités
Le Mexicain

Le Mexicain

2001 États-Unis
Synopsis

Jerry Welbach, malchanceux chronique qui travaille à contrecœur pour la mafia, est envoyé au Mexique pour récupérer un pistolet ancien légendaire appelé Le Mexicain — une arme dont la légende dit qu'elle porte malheur. Pendant ce temps, sa petite amie Sam, qui voulait qu'il quitte enfin la mafia pour commencer une vraie vie avec elle, est kidnappée par Winston, un tueur à gages attendrissant qui doit la garder en otage pour s'assurer que Jerry remplira sa mission. Deux histoires parallèles et décalées qui finissent par se rejoindre dans un dénouement aussi imprévu qu'hilarant, dans un film qui joue avec affection sur les codes du film de gangsters et de la comédie romantique.

Genèse du film

Le Mexicain est né du scénario original de J.H. Wyman, qui cherchait à créer un film qui marie de façon inattendue la comédie romantique et le film de gangsters — deux genres qui ne semblent a priori pas aller ensemble mais dont la confrontation pouvait produire quelque chose de radicalement original. Gore Verbinski, qui n'avait encore réalisé que des publicités et un premier long métrage (Ringo à la rescousse), voyait dans ce projet complexe l'occasion de montrer sa capacité à gérer plusieurs registres en même temps — l'action, l'humour, le romantisme et la réflexion sur la nature des relations amoureuses. L'idée d'envoyer Brad Pitt au Mexique pour une quête absurde tout en mettant Julia Roberts dans les mains d'un tueur à gages attendrissant permettait d'exploiter les talents comiques des deux superstars dans des registres où on ne les attendait pas toujours. James Gandolfini, encore en plein triomphe avec Les Soprano, apportait au rôle de Winston une douceur inattendue qui subvertissait immédiatement l'image du tueur professionnel. Le pistolet mexicain avec sa légende de malédiction fonctionnait comme un MacGuffin hitchcockien qui permettait de faire se croiser des personnages qui n'auraient jamais dû se rencontrer.

Critiques et réception

Résumé des critiques professionnelles : Le Mexicain a reçu un accueil critique très partagé, les journalistes admirant l'originalité du mélange des genres et la complicité des acteurs tout en trouvant que le scénario ne tenait pas toutes ses promesses et que les deux fils narratifs ne s'équilibraient pas parfaitement. La relation entre Julia Roberts et James Gandolfini a été unanimement citée comme la révélation du film, leur chimie inattendue et délicieuse éclipsant souvent la relation principale entre Roberts et Pitt.

Réception du public : Le film a connu un succès commercial très solide grâce à l'attrait commercial du duo Brad Pitt — Julia Roberts, deux des stars les plus populaires de l'époque réunies pour la première fois dans le même film. Le public a généralement apprécié le ton décalé et la générosité de l'humour, même si certains spectateurs ont été déstabilisés par un film qui refusait de choisir clairement entre ses différents registres.

Récompenses obtenues : Le Mexicain n'a pas été distingué dans les grandes cérémonies. La performance de James Gandolfini a cependant été mentionnée dans plusieurs publications comme une contre-emploi réussi et savoureux.

Anecdotes de tournage

Inspirations du réalisateur : Gore Verbinski s'est inspiré des films de gangsters des années 1990 — notamment Pulp Fiction de Tarantino — et des comédies romantiques à la manière de Richard Curtis pour créer un hybride qui emprunte à ces deux traditions sans s'y soumettre. Il voulait un film imprévisible dont le ton changerait au gré des scènes sans perdre sa cohérence.

Difficultés de production : Gérer deux plateaux de tournage en parallèle — au Mexique pour Brad Pitt, aux États-Unis pour Julia Roberts et James Gandolfini — représentait un défi logistique et artistique important, chaque plateau devant avoir sa propre identité visuelle tout en maintenant une cohérence d'ensemble. Le décalage de calendrier entre les deux équipes a parfois rendu le montage final complexe.

Anecdote sur une scène particulière : Les scènes de dialogue entre Julia Roberts et James Gandolfini, notamment la conversation dans la chambre de motel, ont été en partie improvisées, la complicité naturelle entre les deux acteurs permettant des échanges qui dépassaient largement ce que le scénario avait prévu. Ces moments d'improvisation sont parmi les plus mémorables du film.

Casting initialement prévu : Le rôle de Winston avait été envisagé pour d'autres acteurs avant que James Gandolfini ne soit choisi. Son acceptation du rôle, qui lui permettait de montrer un registre radicalement différent de Tony Soprano, a immédiatement changé la nature du film en lui donnant une douceur et une profondeur inattendues.

Thèmes abordés

Le Mexicain est fondamentalement un film sur les couples et sur la difficulté de faire coïncider ce que l'on est avec ce que l'autre attend de nous — Sam veut que Jerry quitte la mafia mais Jerry ne sait pas faire autre chose, et cette incompatibilité est le vrai moteur dramatique du film. La malédiction du pistolet mexicain fonctionne comme une métaphore de la malchance systémique qui semble s'acharner sur Jerry, un personnage dont les bonnes intentions sont systématiquement sabordées par des circonstances qui le dépassent. L'amitié improbable entre Sam et Winston — deux personnes aux univers totalement incompatibles — est le contrepoint émotionnel du film, une relation fondée sur une honnêteté mutuelle que la relation principale n'atteint pas toujours. Le film explore aussi la question de la loyauté dans des contextes moralement compromis, Jerry et Winston devant naviguer entre leurs obligations criminelles et leurs désirs personnels. Enfin, le destin et le hasard comme forces actives dans une vie sont omniprésents dans un film où tout semble se passer mal puis se résoudre d'une façon que personne n'avait prévue.

⚠️ Attention : cette section révèle les éléments majeurs de l'intrigue.

Explication de la fin

La résolution du film réconcilie Jerry et Sam après les épreuves qui ont mis leur relation à l'épreuve, Jerry ayant finalement accompli sa mission et Sam ayant survécu à son kidnapping avec une nouvelle perspective sur leur relation — en grande partie grâce aux conversations avec Winston qui lui a donné des conseils sur l'amour et le compromis. La légende du pistolet mexicain reçoit une explication qui réconcilie le romantique et l'absurde, confirmant que Le Mexicain est d'abord et avant tout une histoire d'amour déguisée en aventure de gangsters. La fin chaleureuse et optimiste répond aux attentes de la comédie romantique tout en ayant maintenu pendant deux heures le spectateur dans l'incertitude sur l'issue.

Signification du titre

Le Mexicain désigne le pistolet ancien dont la récupération constitue la mission de Jerry — une arme qui porte en elle une légende d'amour et de malédiction qui résonne avec l'histoire d'amour du film. Mais "Le Mexicain" désigne aussi le contexte géographique — le Mexique où se déroule une partie de l'action — et une certaine atmosphère de mystère et d'exotisme que le titre évoque. L'ironie du titre est que ce pistolet légendaire, qui semble si important pendant tout le film, n'est finalement que le prétexte qui permet à l'histoire d'amour de se dénouer.

Actualités

Le Mexicain reste un film apprécié mais injustement sous-estimé dans les filmographies respectives de Brad Pitt, Julia Roberts et James Gandolfini. Gore Verbinski a depuis réalisé la franchise Pirates des Caraïbes et le controversé Lone Ranger, confirmant son goût pour les projets ambitieux et hybrides. La performance de James Gandolfini en tueur à gages touchant reste l'une des anecdotes les plus mémorables d'un film dont la réputation a grandi avec le temps.

Films Similaires

Pulp Fiction de Quentin Tarantino (1994) partage le même goût pour les gangsters au comportement inattendu et les dialogues décalés sur des sujets banaux. True Romance de Tony Scott (1993) explore une romance improbable dans un contexte de crime organisé avec le même mélange de violence et de tendresse. Midnight Run de Martin Brest (1988) partage la même dynamique de deux personnages incompatibles contraints de cohabiter dans un road trip involontaire. Out of Sight de Steven Soderbergh (1998) mêle comédie romantique et thriller de gangsters avec plus de sophistication narrative. Enfin, Snatch de Guy Ritchie (2000) partage l'humour noir et le ton décalé dans un univers de malfaiteurs aux comportements absurdes.