Célestine, une jeune femme de chambre au caractère bien trempé, entre au service d'un vieux bourgeois normain et de sa famille. Entre les murs de cette demeure oppressante, elle observe les névroses et les secrets inavouables de ses maîtres. Son regard acéré et son indépendance d'esprit vont peu à peu perturber l'ordre établi de cette maisonnée. Elle se retrouve bientôt tiraillée entre ses devoirs et ses propres désirs de liberté.
Ce film est une adaptation du célèbre roman d'Octave Mirbeau, publié en 1900. Benoît Jacquot avait déjà envie de porter cette œuvre à l'écran depuis longtemps. Il s'est inspiré de la version précédente de Luis Buñuel pour trouver sa propre voie. Le réalisateur a voulu ancrer son récit dans un réalisme cru et sombre. L'idée originelle était de montrer la condition féminine à travers le prisme de la domesticité. Jacquot a été fasciné par la dualité du personnage de Célestine. Il a choisi de situer l'action dans une Normandie brumeuse et oppressante. Cette atmosphère lourde permet de souligner les tensions sociales et sexuelles de l'époque. Le cinéaste a ainsi créé une œuvre à la fois fidèle et profondément personnelle.
Résumé des critiques professionnelles : La presse a globalement salué la mise en scène élégante et la direction d'acteurs de Benoît Jacquot. L'interprétation de Léa Seydoux a été particulièrement remarquée pour sa justesse et sa subtilité. Certains critiques ont toutefois trouvé l'adaptation un peu trop froide et distante. Réception du public : Le public a été partagé face à cette vision très personnelle du roman classique. Les amateurs de drames d'époque ont apprécié la reconstitution soignée et l'ambiance oppressante. Cependant, le rythme lent a pu en dérouter certains. Récompenses obtenues : Le film a été sélectionné pour concourir à l'Ours d'or lors du Festival de Berlin. Il a également reçu plusieurs nominations pour ses costumes et sa direction artistique.
Inspirations du réalisateur : Benoît Jacquot s'est beaucoup inspiré des tableaux de l'époque pour composer ses cadres. Il a voulu capturer la lumière particulière de la Normandie pour renforcer le malaise. Difficultés de production : Le tournage en décors naturels a été compliqué par les conditions météorologiques changeantes. L'équipe a dû faire face à de nombreuses intempéries pour maintenir la continuité. Anecdote sur une scène particulière : La scène du meurtre a été tournée en une seule prise pour maximiser l'impact émotionnel. Casting initialement prévu : Léa Seydoux était le premier choix de Jacquot pour incarner la complexe Célestine. Vincent Lindon a également été contacté très tôt pour le rôle du mystérieux Joseph. Le casting a été finalisé rapidement grâce à l'enthousiasme des acteurs pour le projet.
Le film explore la condition féminine, les rapports de domination sociale et les désirs refoulés. Il met en lumière l'hypocrisie de la bourgeoisie et la complexité des relations maître-domestique au début du vingtième siècle.
À la fin du film, Célestine finit par épouser Joseph, le cocher, non par amour, mais par calcul et désir de stabilité sociale. Elle prend ainsi le contrôle de la situation, inversant les rôles de domination et montrant qu'elle a parfaitement assimilé les codes de cette société pour mieux les utiliser à son avantage.
Le titre fait référence au format du roman original d'Octave Mirbeau, qui se présentait comme les mémoires intimes d'une domestique. Il souligne le point de vue subjectif et intime de l'héroïne sur le monde qui l'entoure.
Le film est sorti en France en février 2015 et a été présenté en compétition officielle à la Berlinale.
Madame de... de Jean Aurel, Belle de Jour de Luis Buñuel, Les Dames du Bois de Boulogne de Robert Bresson.