Louis est un jeune homme brillant mais excentrique qui décide de devenir traiteur pour les plus grands restaurants parisiens malgré son manque d'expérience. Engagé par un chef renommé, il va révolutionner la gastronomie en créant des plats à base d'ingrédients improbables et délaissés. Son culot et sa créativité sans limites vont déstabiliser le milieu très conservateur de la haute cuisine. Accompagné de son fidèle assistant, il va prouver que le vrai talent n'a pas besoin de labels ni de reconnaissance officielle.
Le film n'est pas tiré d'un livre, mais s'inspire librement de la vie de François Vatel, le célèbre maître queux du XVIIe siècle, modernisée à notre époque. L'idée originelle est venue au réalisateur Éric Besnard qui voulait rendre hommage à la passion dévorante de ceux qui travaillent dans l'ombre des cuisines. Il a eu l'inspiration en observant le gaspillage alimentaire dans la restauration et l'intérêt grandissant pour les produits de récupération. Le personnage de Louis a été construit comme un héros romantique et fou, un artiste incompris qui défie les règles établies. Besnard s'est fortement inspiré des comédies américaines des années 80 pour donner un rythme trépidant et joyeux au récit. Il voulait filmer la cuisine comme un art martial, avec des gestes précis, rapides et presque magiques. Le scénario a été enrichi par des consultants culinaires pour que les recettes absurdes paraissent plausibles et appétissantes. C'est cette alliance entre la poésie de la création et la précision technique de la cuisine qui a motivé toute l'équipe. Le film est une ode à la créativité sous contrainte et au courage de suivre ses intuitions.
Les critiques professionnelles ont été mitigées, saluant l'énergie du film mais regrettant un scénario un peu léger et conventionnel. Les journalistes ont souligné le talent de Pierre Niney, qui porte le film à bout de bras grâce à son charisme foutraque. La direction d'acteurs d'Éric Besnard a été jugée efficace, parvenant à créer une dynamique de duo très sympathique avec Éric Elmosnino. Certains critiques gastronomiques ont cependant regretté que les plats présentés manquent parfois de réalisme culinaire. Le public a été conquis par cette comédie feel-good qui donne l'eau à la bouche et fait du bien au cœur. Les spectateurs ont adoré le côté décalé du héros et ses réparties cinglantes face aux snobs de la gastronomie. Le film a connu un joli succès commercial, particulièrement auprès des familles et des amateurs de bonne cuisine. Le bouche-à-oreille a été porté par les scènes de création culinaire qui donnent envie d'aller directement au restaurant. Le film n'a pas reçu de récompenses majeures, l'année 2015 étant particulièrement concurrentielle pour le cinéma français. Il a toutefois été nominé pour le César du meilleur espoir masculin pour Pierre Niney, récompensant sa présence scénique impressionnante. L'œuvre a remporté des prix dans des festivals de cinéma de divertissement, saluant sa légèreté et son optimisme. Les costumes et les décors de cuisine ont été primés par des associations de métiers de l'hôtellerie pour leur authenticité. Ces récompenses de secteur venaient couronner le travail minutieux de l'équipe artistique. Le film reste une valeur sûre de la comédie française à la télévision.
Éric Besnard s'est inspiré des films de Fred Astaire pour chorégraphier les déplacements de Pierre Niney dans la cuisine. Il a regardé de très près le documentaire "Jiro rêve de sushis" pour comprendre la gestuelle obsessionnelle des grands chefs. Le réalisateur voulait que chaque plan de préparation culinaire soit filmé comme une scène d'action, avec des gros plans très précis. Cette approche dynamique a transformé la cuisine en un véritable spectacle visuel palpitant. Le tournage a été un défi gastronomique, car l'équipe devait préparer de vrais plats à base d'ingrédients très inhabituels pour les caméras. Les cuisiniers consultants sur le plateau devaient constamment réinventer les recettes pour qu'elles soient à la fois belles et comestibles. Les acteurs ont dû apprendre à couper, émincer et flamber à une vitesse incroyable pour ne pas ralentir le rythme du film. La chaleur des fourneaux sur le plateau tournait parfois à l'étouffement, obligeant l'équipe à faire des pauses régulières. La scène où Louis prépare un plat devant le jury du concours a été tournée en une seule prise ininterrompue de plusieurs minutes. Pierre Niney s'est entraîné pendant des semaines avec un vrai chef pour mémoriser chaque geste de cette séquence complexe. Une erreur de manipulation lors d'une prise a failli provoquer un petit incendie sur le plateau, sauvé in extremis par un technicien. Les acteurs jouant les membres du jury devaient garder un visage sérieux alors que le plat qu'ils goûtaient avait un goût particulièrement surprenant. Le rôle de Louis a été écrit sur mesure pour Pierre Niney, dont la capacité à jouer des personnages excentriques avait impressionné le réalisateur. Éric Elmosnino a accepté le rôle de l'assistant car il adorait l'idée d'incarner le faire-valoir d'un génie incompris. Le rôle du chef tyrannique a été proposé à plusieurs acteurs comiques français avant d'être confié à un acteur plus dramatique. Le casting des figurants pour les scènes de banquet a nécessité de recruter de vrais professionnels de la haute gastronomie.
Le film aborde la passion créative et le besoin viscéral de s'exprimer à travers son art, même face au rejet des institutions. Il explore le mépris de classe et l'élitisme du monde de la gastronomie, dénonçant le snobisme de ceux qui dictent les normes du goût. La notion de gaspillage est centrale, le héros prouvant que les choses prétendues de moindre valeur peuvent devenir des œuvres d'art. L'œuvre interroge la définition du talent et de la légitimité, montrant que les diplômes ne font pas le génie. L'amitié et la loyauté sont mises en avant à travers le personnage de l'assistant, qui croit aveuglément en son ami. Le film célèbre aussi la transmission et le respect des produits de la terre, un hommage à la cuisine française traditionnelle revisitée. Le thème de l'outsider qui triomphe des puissants est traité avec une joie contagieuse très réconfortante. Enfin, il montre que le bonheur se trouve souvent dans la simplicité et le partage d'un bon repas.
Lors du climax, Louis participe au plus grand concours de cuisine de France, décidé à prouver sa valeur face aux plus grands chefs. Au lieu de préparer un plat raffiné et coûteux comme ses concurrents, il décide de créer une recette humble à base de légumes oubliés. Son plat provoque l'étonnement général, puis l'extase totale du jury qui reconnaît enfin son génie créatif. Louis remporte le concours, bouleversant les règles établies du monde de la gastronomie et forçant le respect de ses détracteurs. Plutôt que de rejoindre un grand restaurant étoilé comme on le lui propose, il choisit d'ouvrir un petit bistrot simple et convivial avec son assistant. La dernière scène le montre dans sa cuisine, entouré de ses proches, préparant des plats simples avec le même sourire émerveillé qu'au début du film. Cette fin prouve que sa quête n'était pas la gloire, mais la liberté de créer sans contrainte. Le spectateur quitte le film avec une sensation de plénitude et une forte envie de cuisiner. C'est une conclusion qui célèbre la victoire de l'authenticité sur la prétention.
Le titre "Le Goût des Merveilles" est une expression poétique qui lie le sens physique du goût à l'émerveillement. Le mot "goût" fait bien sûr référence à la gastronomie, cœur du récit, mais aussi au fait d'avoir du goût pour les belles choses. L'expression "des merveilles" évoque les merveilles du monde, soulignant l'ambition démesurée et l'aspect magique de la cuisine du héros. Ce titre promet au spectateur un voyage sensoriel et une expérience cinématographique réjouissante. Il s'oppose aux titres très techniques de la vraie gastronomie, choisissant la poésie plutôt que la précision. Le titre insiste sur l'émotion ressentie lorsqu'on goûte un plat exceptionnel, un peu comme un choc esthétique. C'est aussi un clin d'œil aux "Merveilleux", ces pâtisseries à la chantilly, ancrant le film dans la douceur gourmande. Au final, ce titre très attachant résume parfaitement la philosophie du film : trouver du prodigieux dans la simplicité.