Dans l'Australie coloniale sauvage du dix-neuvième siècle, le jeune Ned Kelly est poussé vers la criminalité par la misère de sa famille et l'oppression des autorités britanniques. Il prend la tête d'un gang de hors-la-loi travestis et rebelles qui sème la terreur parmi les forces de l'ordre. Devenu une icône populaire pour les opprimés, il s'engage dans une guérilla sanglante contre le système colonial en place. Le film adopte une esthétique punk et viscérale pour retracer cette trajectoire tragique.
Le réalisateur Justin Kurzel a basé son long-métrage sur le roman de Peter Carey, lauréat du Prix Booker, qui réinvente le mythe de Ned Kelly sous la forme de mémoires fictives. Kurzel souhaitait s'éloigner de l'imagerie traditionnelle du bushranger australien pour livrer une œuvre résolument moderne, brute et psychédélique. L'inspiration est venue de la colère de la jeunesse marginalisée de l'époque face à la corruption systémique de l'Empire. Le scénario a été écrit pour capturer la folie destructrice et la tragédie intime de cette rébellion désespérée.
La critique internationale a été impressionnée par la direction artistique audacieuse, la photographie crépusculaire et la mise en scène viscérale de Justin Kurzel. La performance physique intense de George MacKay a reçu des éloges unanimes, de même que l'apparition habitée de Russell Crowe. L'aspect punk et anti-conformiste de ce western du bout du monde a été salué pour son originalité stylistique. Le public amateur de westerns modernes et de drames biographiques sombres a été bousculé par la violence brute et le ton halluciné du film. Les spectateurs ont souligné la puissance des scènes d'action et la beauté tragique de la confrontation finale. Bien que déroutant pour certains puristes de l'histoire officielle, le film s'est imposé comme une œuvre marquante.
Justin Kurzel s'est beaucoup inspiré de l'énergie brute et de la rébellion esthétique des mouvements musicaux punk des années soixante-dix pour concevoir l'attitude du gang à l'écran. Le tournage s'est déroulé dans des conditions climatiques extrêmes dans l'État de Victoria, les acteurs devant évoluer au milieu de paysages glacials et boueux pour traduire la dureté de la vie de hors-la-loi. Pour créer une véritable cohésion de groupe avant le tournage, le réalisateur a obligé les acteurs du gang à former un groupe de musique rock et à se produire en secret dans des bars locaux.
Le western explore le déterminisme social, l'oppression coloniale britannique, la construction de la légende médiatique, la masculinité toxique et l'amour maternel destructeur.
La fusillade finale apocalyptique montre Ned Kelly revêtu de sa célèbre armure de fer artisanale, faisant face seul à l'armée coloniale, acceptant sa mort inévitable pour faire entrer son nom dans l'éternité mythologique.
Le titre met l'accent sur la dimension collective de la rébellion, transformant une fuite criminelle individuelle en une véritable armée de résistants populaires contre l'ordre établi.
Le film est régulièrement salué lors des rétrospectives dédiées au renouveau du cinéma de genre australien pour la force unique de son parti pris esthétique.
Ce long-métrage partage l'ambiance sauvage et stylisée de productions comme L'Assassinat de Jesse James de Andrew Dominik ou encore The Proposition de John Hillcoat.