Axel Foley est un inspecteur de police de la ville de Detroit, indiscipliné mais redoutablement efficace, dont la vie bascule lorsque son ami d'enfance est froidement assassiné sous ses yeux. Bien que sa hiérarchie lui interdise formellement de s'occuper de l'affaire, Axel décide de poser des congés et de suivre la piste des meurtriers jusqu'au quartier ultra-chic de Beverly Hills en Californie. Sur place, ses méthodes de la rue excentriques et directes se heurtent immédiatement à la rigidité procédurale de la police locale, qui charge les inspecteurs Rosewood et Taggart de le surveiller étroitement. Axel va alors mener une enquête parallèle explosive, utilisant son incroyable bagout pour infiltrer l'empire d'un puissant trafiquant d'art local.
L'idée originelle de ce chef-d'œuvre de la comédie policière est née au milieu des années 1970 dans l'esprit du producteur Danilo Bach, qui souhaitait écrire un film d'action pur sur un flic de quartier transféré dans une banlieue riche. Le scénario est ensuite passé entre les mains de la Paramount et du scénariste Daniel Petrie Jr., qui a choisi d'injecter une forte dose d'humour pour accentuer le choc culturel vécu par le protagoniste. Le projet a connu un développement extrêmement long et incertain, manquant plusieurs fois d'être annulé en raison de désaccords profonds sur le ton du film. L'inspiration du réalisateur Martin Brest est venue de la volonté de confronter l'Amérique ouvrière et brute de Detroit à l'opulence lisse, guindée et artificielle de la côté ouest. Le film a finalement trouvé sa forme définitive lorsque le studio a décidé de réécrire le script en urgence pour l'adapter au génie comique naissant d'Eddie Murphy. L'inspiration globale s'est nourrie de l'énergie de la culture pop urbaine du début des années 1980 pour créer un genre cinématographique hybride alors totalement inédit.
Résumé des critiques professionnelles : À sa sortie sur les écrans américains en décembre 1984, la presse cinématographique a accueilli le long-métrage avec un enthousiasme débordant, criant au génie comique face à la prestation d'Eddie Murphy. Les journalistes ont encensé l'équilibre parfait entre l'intrigue policière solide et les plages d'improvisation humoristiques de l'acteur principal. La mise en scène de Martin Brest a été saluée pour sa fluidité et sa capacité à rendre attachants les personnages secondaires de Rosewood et Taggart. La critique internationale a immédiatement reconnu le film comme un jalon historique de la comédie d'action américaine.
Réception du public : Le public a réservé un accueil triomphal et historique au film, provoquant des files d'attente interminables devant les cinémas pendant des mois complets. Les spectateurs ont été conquis par le rire emblématique d'Axel Foley, son arrogance jubilatoire face aux riches criminels et ses ruses mémorables comme le coup de la banane dans le pot d'échappement. L'œuvre est devenue un véritable phénomène de société, propulsant Eddie Murphy au rang de superstar mondiale absolue. Le film a engendré des recettes phénoménales de plus de 316 millions de dollars, devenant l'un des films classés R les plus rentables de l'histoire.
Récompenses obtenues : Le long-métrage a accompli l'exploit rare pour une comédie d'action d'obtenir une nomination officielle à l'Oscar du meilleur scénario original pour Daniel Petrie Jr. Il a également reçu deux nominations majeures aux Golden Globes en 1985, notamment dans la catégorie du meilleur film de comédie et du meilleur acteur pour Eddie Murphy. La production a remporté le prestigieux Grammy Award de la meilleure bande originale de film de l'année. Enfin, l'académie du cinéma britannique a nominé la partition musicale lors des célèbres BAFTA.
Inspirations du réalisateur : Martin Brest s'est inspiré du style documentaire de rue pour filmer les séquences initiales à Detroit afin de renforcer le réalisme social du personnage avant son arrivée dans l'univers artificiel et ultra-lumineux de Beverly Hills.
Difficultés de production : Le tournage a débuté dans l'urgence la plus totale, seulement deux semaines après le départ fracassant de la star initialement prévue pour le rôle principal. Les scénaristes devaient réécrire les scènes la veille pour le lendemain sur le plateau de tournage afin de remplacer les scènes d'action violentes par des dialogues humoristiques adaptés à Eddie Murphy. L'acteur John Ashton a confié que l'équipe technique avait d'immenses difficultés à garder son sérieux pendant les prises de vues à cause des improvisations constantes de Murphy. Le réalisateur Martin Brest a dû faire face à la pression constante des producteurs Don Simpson et Jerry Bruckheimer, qui surveillaient quotidiennement les rushes et exigeaient un rythme de montage de plus en plus serré. De plus, la ville de Beverly Hills a refusé d'accorder de nombreuses autorisations de tournage de nuit, forçant la production à recréer plusieurs décors de rues dans d'autres quartiers de Los Angeles.
Anecdote sur une scène particulière : La célèbre séquence de la "super-flicaille" où Axel Foley, Billy Rosewood et John Taggart sont assis dans une voiture et discutent de viande séchée a été presque entièrement improvisée par les trois acteurs. Judge Reinhold et John Ashton essayaient sincèrement de réciter leur texte, mais Eddie Murphy a commencé à se moquer d'eux en direct, créant une complicité hilarante. Le réalisateur était tellement hilare derrière son moniteur qu'il a dû mordre dans un mouchoir pour ne pas gâcher la prise sonore. Cette scène fortuite a défini la dynamique d'amitié du trio pour le reste de la saga.
Casting initialement prévu : Le projet a été développé pendant des mois pour Sylvester Stallone, qui avait réécrit le scénario pour en faire un film d'action ultra-violent et dramatique où le personnage principal s'appelait Axel Cobretti. Stallone a finalement quitté la production à quelques jours du tournage suite à des désaccords budgétaires majeurs, emportant ses idées pour créer plus tard le film Cobra. Des icônes comme Mickey Rourke ou Harrison Ford avaient également été approchées par le studio avant que le producteur Jeffrey Katzenberg ne suggère de confier le rôle à Eddie Murphy.
Le film traite du choc des cultures entre l'Amérique industrielle et les banlieues opulentes, de la bureaucratie rigide face à l'instinct de terrain et du deuil comme moteur de justice personnelle. Il utilise l'humour comme une arme sociale de subversion, permettant à un jeune inspecteur afro-américain de bousculer les codes d'un univers blanc, riche et ultra-privilégié.
Le dénouement se déroule dans la somptueuse propriété du milliardaire Victor Maitland, où Axel Foley a infiltré la demeure pour sauver son amie Jenny retenue en otage. Une fusillade générale éclate, rejointe par Rosewood et Taggart qui décident d'enfreindre les ordres de leur chef pour protéger Axel. Maitland utilise Jenny comme bouclier humain mais finit par être abattu conjointement par Axel Foley et le chef de la police locale, le capitaine Hubbard, venu en renfort. L'affaire de trafic de drogue est résolue et les policiers de Beverly Hills acceptent de maquiller le rapport officiel pour couvrir les entorses réglementaires d'Axel. La scène finale montre Billy et John raccompagnant Axel à son hôtel, où ce dernier leur propose de boire un dernier verre avant de repartir pour Detroit, scellant leur amitié indéfectible.
Le titre "Le flic de Beverly Hills" pose immédiatement l'ironie centrale du film : l'insertion d'un policier issu des bas-fonds de Detroit au cœur du quartier le plus luxueux du monde. C'est le résumé parfait du choc culturel qui anime l'intrigue.
La bande originale de Harold Faltermeyer est entrée dans l'histoire de la musique de film grâce au morceau synthpop instrumental "Axel F", composé sur des synthétiseurs analogiques cultes. Ce thème obsessionnel et entraînant est devenu un tube planétaire majeur, indissociable de l'identité visuelle du cinéma des années 1980.
Considéré par l'American Film Institute comme l'une des meilleures comédies de l'histoire du cinéma américain, le film continue d'influencer durablement le genre du buddy movie policier moderne par son écriture et son tempo comique.
48 heures, L'Arme Fatale, Midnight Run, Un fauteuil pour deux, Rush Hour, Bad Boys.