Pierre est un jeune homme d'une distraction chronique, incapable de garder un emploi ou de mener une vie stable tant il enchaîne les maladresses. Malgré sa bonne volonté, ses étourderies successives lui font perdre poste après poste et compliquent sérieusement sa vie amoureuse. Son parcours chaotique le conduit de situation cocasse en situation cocasse, au grand désespoir de son entourage. Le film suit avec tendresse ce personnage attachant et totalement dépassé par le monde qui l'entoure.
Le Distrait marque les débuts de Pierre Richard à la réalisation, après plusieurs années passées comme comédien de théâtre et de cabaret où il avait développé son personnage d'éternel étourdi maladroit. Il coécrit le scénario avec Éric Ollivier et Alain Godard pour bâtir un film entièrement construit autour de ce personnage burlesque déjà rodé sur scène. L'ambition était de transposer au cinéma l'esprit du burlesque à la Tati tout en y ajoutant une touche plus moderne et personnelle. Ce premier film lui permet également de s'imposer durablement comme une figure du cinéma comique français des années 1970.
La critique de l'époque accueille favorablement ce premier film, saluant l'inventivité visuelle de ses gags et la fraîcheur d'un nouveau visage du cinéma comique français. Certains observateurs comparent d'emblée Pierre Richard aux grands burlesques muets pour son sens du timing et de la chute. Le film contribue à installer durablement son personnage de grand distrait dans l'imaginaire populaire. Le public français réserve un très bon accueil au film, qui devient un succès populaire et lance véritablement la carrière de Pierre Richard au cinéma. Il reste aujourd'hui une référence de la comédie française burlesque des années 1970. Le personnage principal, avec ses cheveux en bataille et sa maladresse attachante, devient rapidement iconique. Le film n'a pas obtenu de récompenses majeures, mais il constitue un jalon important dans la reconnaissance de Pierre Richard comme auteur et acteur.
Pierre Richard s'est directement inspiré de son propre numéro de scène et de sa personnalité réelle, réputée pour son étourderie, afin de construire ce personnage qui allait devenir sa marque de fabrique pour toute sa carrière. Réaliser, écrire et interpréter le rôle principal en même temps a représenté un défi considérable pour ce jeune cinéaste débutant, qui devait gérer la mise en scène tout en restant physiquement engagé dans des gags acrobatiques. Le tournage de plusieurs scènes de cascades légères, exécutées sans doublure par Pierre Richard lui-même, a nécessité de nombreuses répétitions pour garantir la sécurité de l'équipe. Certaines scènes de comédie physique, notamment celles impliquant des objets du quotidien détournés en gags, ont été largement improvisées sur le plateau à partir d'idées de Pierre Richard.
Le film aborde avec tendresse la marginalité douce d'un individu inadapté aux exigences du monde professionnel et social. La maladresse y devient presque une philosophie de vie, une façon différente et plus poétique d'habiter le réel. Le film questionne aussi, sur un ton léger, la place que la société réserve à ceux qui ne rentrent pas dans le moule attendu.
Le titre désigne directement le trait de caractère principal du personnage incarné par Pierre Richard, sa distraction permanente, qui structure l'intégralité du récit et des situations comiques du film.
On pourra rapprocher ce film des comédies de Jacques Tati comme Les Vacances de Monsieur Hulot, ainsi que des autres films de Pierre Richard tels que Le Grand Blond avec une chaussure noire.