Dans les années 1980, Simon et sa bande de copains d'enfance issus de Belleville décident de se lancer dans le grand banditisme. Fatigués des petits larcins de quartier, ils mettent au point des techniques de braquage de banques ultra-rapides et spectaculaires, sans jamais verser de sang. Surnommés le gang des postiches par les médias, ils narguent la police parisienne pendant des années en menant une double vie de pères de famille respectables et de flambeurs. Mais l'arrivée d'un commissaire obstiné et l'appât du gain de plus en plus fort vont précipiter leur chute inéluctable.
Le scénario s'inspire très librement de la véritable histoire du Gang des postiches, qui a terrorisé les banques parisiennes entre 1981 et 1986. Ariel Zeitoun souhaitait réaliser un grand film policier qui rende hommage au cinéma de genre français des années soixante-dix tout en y insufflant une énergie moderne. L'inspiration originale provient de la fascination du réalisateur pour la loyauté et les codes d'honneur qui unissaient ces truands d'un genre nouveau. Le cinéaste a rencontré plusieurs anciens enquêteurs pour coller au plus près de l'ambiance de la police de l'époque.
La critique professionnelle s'est montrée mitigée face à ce polar rythmé, oscillant entre la louange pour l'efficacité de la mise en scène et le regret d'une trop grande idéalisation des truands. La performance de Vincent Elbaz en chef de gang charismatique a été largement saluée pour son énergie contagieuse. Les nostalgiques des années quatre-vingt ont apprécié le travail minutieux sur les décors et les costumes d'époque. Le public a répondu présent dans les salles de cinéma, attiré par le parfum d'aventure et le suspense inhérent aux scènes de braquages minutieusement orchestrées. Le film a bénéficié d'un bon bouche-à-oreille auprès des amateurs de films de gangsters français classiques. C'est devenu un succès commercial honorable lors de sa sortie sur les écrans. Le film n'a pas récolté de distinctions majeures dans les grands festivals, mais il a permis de consolider la réputation d'Ariel Zeitoun en tant que réalisateur efficace et rigoureux de cinéma populaire de qualité.
Pour les besoins du film, l'équipe a dû recréer de fausses agences bancaires des années quatre-vingt avec des cabines téléphoniques et des voitures d'époque dans plusieurs rues de Paris. Vincent Elbaz et ses partenaires ont suivi un entraînement intensif au maniement des armes à feu avec des conseillers techniques issus de la police pour rendre les gestes crédibles. La fameuse scène du braquage de la rue du Docteur-Blanche a été tournée en plusieurs jours, nécessitant de bloquer une partie de la circulation parisienne pour orchestrer la fusillade finale. Gilles Lellouche s'est beaucoup amusé à porter les célèbres postiches et moustaches ridicules qui ont fait la célébrité historique de ce gang de braqueurs hors normes.
Le long-métrage traite de la fidélité absolue de l'amitié d'enfance face à la corruption de l'argent facile et du succès. Il explore le thème de la double vie et de la schizophrénie du criminel, tiraillé entre sa routine bourgeoise et l'adrénaline des braquages. Le film montre également l'évolution des méthodes policières face à la modernisation du banditisme.
La scène finale montre le fiasco du dernier braquage où la police, prévenue à l'avance, attend les criminels à la sortie de la banque, déclenchant une fusillade mortelle. Simon parvient à s'échapper temporairement mais se retrouve traqué de toutes parts, réalisant que l'époque du banditisme romantique est définitivement révolue. Cette fin amère marque la dissolution complète du groupe, scellant la fin d'une époque insouciante du crime.
Le titre évoque le déclin d'une ère, celle des grands gangs organisés à l'ancienne, qui ont laissé la place à une criminalité de banlieue plus violente et moins structurée à la fin du siècle.
Le film est régulièrement diffusé à la télévision française où il continue de séduire les amateurs de polars historiques inspirés de faits divers réels.
Mesrine de Jean-François Richet, Le Convoyeur de Nicolas Boukhrief, Les Lyonnais de Olivier Marchal.