Un astronome découvre qu'une planète errante est en route de collision avec la Terre et que l'impact surviendra dans quelques mois, condamnant l'humanité entière. Face à l'incrédulité des institutions, un groupe de scientifiques et d'industriels décide de construire une arche spatiale capable de transporter une poignée de survivants vers la planète compagnon encore habitable. La course contre la montre s'engage dans un contexte de panique sociale croissante et de conflits moraux sur qui sera choisi pour embarquer. Le film est l'un des premiers grands films catastrophe de science-fiction de l'histoire du cinéma américain.
Le film est adapté du roman éponyme de Philip Wylie et Edwin Balmer, publié en 1933, dont la dimension apocalyptique avait profondément marqué plusieurs générations de lecteurs. Le producteur George Pal a lancé ce projet après le succès de La Guerre des mondes, souhaitant explorer une autre forme de catastrophe planétaire à travers les possibilités nouvelles des effets spéciaux de l'époque. Rudolph Maté a été choisi pour sa maîtrise de la tension narrative et son expérience de la photographie de cinéma. Le contexte de la guerre froide donnait à ce récit de survie planétaire une résonance particulièrement forte, l'anéantissement de l'humanité par une force extérieure semblant soudainement plausible. Le scénario explore des dilemmes éthiques sur la sélection des survivants, questionnant les valeurs morales en situation de fin du monde. Le tournage s'est appuyé sur des effets spéciaux visuellement impressionnants pour l'époque.
La critique a salué l'ambition du projet et la qualité des effets spéciaux pour l'époque, alors à la pointe de ce qui était techniquement réalisable. Plusieurs observateurs ont souligné la pertinence des dilemmes moraux soulevés par le récit, bien au-delà d'un simple film catastrophe. Le film a été considéré comme une référence fondatrice du genre du film catastrophe de science-fiction américain. D'autres critiques ont jugé les personnages secondaires moins aboutis que la dimension spectaculaire du récit. Le public a été impressionné par les séquences catastrophiques visuellement spectaculaires pour leur époque. Le succès commercial a été solide, confirmant l'engouement du public américain pour les films de fin du monde de la période de la guerre froide. De nombreux spectateurs ont été particulièrement touchés par la dimension de choix moral au cœur du récit. Le film reste une référence affective pour plusieurs générations d'amateurs de science-fiction classique. Le film a remporté l'Oscar des meilleurs effets spéciaux lors de la cérémonie suivant sa sortie. Il a également reçu une nomination pour la direction artistique. Cette reconnaissance institutionnelle a confirmé l'excellence technique du film pour son époque. Il reste régulièrement cité dans les rétrospectives consacrées aux débuts du film catastrophe de science-fiction américain.
Rudolph Maté et son équipe ont dû développer des techniques d'effets spéciaux pratiques entièrement nouvelles pour représenter de manière convaincante la destruction de la Terre et le décollage de l'arche spatiale. La scène du décollage final de l'arche a nécessité la construction d'une rampe de lancement miniature extraordinairement détaillée. Le film a été produit avec un budget relativement modeste pour l'ampleur de ses ambitions visuelles, ce qui a contraint l'équipe à une grande inventivité technique. Plusieurs séquences catastrophiques ont été réalisées grâce à des maquettes détaillées filmées en accéléré. Le roman original avait une suite, Après le choc des mondes, mais une adaptation de celle-ci ne vit jamais le jour malgré le succès du premier film.
Le film aborde la survie de l'espèce humaine face à l'extinction planétaire, les dilemmes moraux de la sélection en situation de catastrophe et la capacité des hommes à dépasser leurs divisions face à une menace commune.
L'arche spatiale parvient à se poser sur la planète compagnon qui s'avère habitable, les quelques dizaines de survivants descendant sur cette terre nouvelle pour recommencer l'aventure humaine depuis zéro, le film se refermant sur une note d'espoir malgré la destruction totale de la Terre.
Le titre désigne directement l'événement central du récit, la collision entre la Terre et la planète errante fonçant vers elle, catastrophe à la fois physique et métaphore de l'anéantissement d'un monde pour en permettre un autre.
Le film reste une référence fondatrice régulièrement citée dans l'histoire du film catastrophe de science-fiction.
La Guerre des mondes (1953), Armageddon, Melancholia.