Dans le Londres du début des années 1960, l'antiquaire Mark Easterbrook mène une existence confortable jusqu'à ce que son nom soit retrouvé sur une étrange liste dissimulée dans la chaussure d'une femme assassinée. Peu après, un prêtre appelé au chevet d'une mourante recueille un terrible secret avant d'être lui-même tué sur le chemin du retour. Plusieurs des noms figurant sur la liste correspondent à des personnes récemment décédées que Mark connaissait, tandis que d'autres pourraient bien désigner de futures victimes. Son enquête le mène jusqu'au Cheval Pâle, une auberge isolée où trois femmes mystérieuses semblent détenir un pouvoir occulte capable de tuer à distance.
Le Cheval pâle est l'adaptation du roman du même nom publié par Agatha Christie en 1961, un texte que la scénariste Sarah Phelps a choisi de retravailler en profondeur pour cette nouvelle production de la BBC, à qui l'on doit déjà plusieurs adaptations remarquées de la romancière britannique. Phelps s'est notamment éloignée du roman original en écartant le personnage récurrent d'Ariadne Oliver, alter ego autoparodique d'Agatha Christie elle-même dans plusieurs de ses œuvres, pour resserrer le récit sur le seul point de vue de Mark Easterbrook. La mise en scène a été confiée à Leonora Lonsdale, qui a choisi de jouer sur une ambiance trouble et anxiogène entre thriller psychologique et fantastique suggéré, sans jamais trancher explicitement sur la réalité ou non des pouvoirs surnaturels évoqués par le récit. Le roman original a par ailleurs eu un retentissement bien réel au-delà de la fiction : sa description précise des symptômes d'un empoisonnement au thallium a permis, dans les années qui ont suivi sa publication, de sauver plusieurs vies en aidant des lecteurs ou des soignants à identifier ce type d'empoisonnement.
La critique britannique a salué la mise en scène soignée de cette nouvelle adaptation signée Sarah Phelps, tout en se montrant partagée sur les libertés prises avec le roman original d'Agatha Christie, certains observateurs regrettant l'absence du personnage d'Ariadne Oliver pourtant central dans le texte de la romancière. Les prestations de Rufus Sewell et Kaya Scodelario ont généralement été appréciées, de même que l'atmosphère trouble instaurée autour de l'auberge du Cheval Pâle et de ses occupantes énigmatiques. Le public français, qui a découvert la mini-série sur la chaîne C8 fin 2020, s'est montré plus mitigé, plusieurs spectateurs regrettant le format très court de deux épisodes qui donne parfois l'impression de visionner un simple téléfilm plutôt qu'une véritable série. Les amateurs des précédentes adaptations d'Agatha Christie par Sarah Phelps ont toutefois retrouvé avec plaisir la tonalité sombre caractéristique de ses précédents travaux.
Sarah Phelps, déjà responsable de plusieurs adaptations remarquées d'Agatha Christie pour la BBC comme Témoin à charge ou Témoin indésirable, a délibérément choisi d'écarter le personnage d'Ariadne Oliver du roman original afin de resserrer le récit sur la seule perspective de Mark Easterbrook, quitte à s'éloigner sensiblement du texte de la romancière.
Le Cheval pâle explore la frontière trouble entre rationalité et croyance au surnaturel, à travers un personnage principal confronté à des morts en apparence inexplicables qui pourraient tout aussi bien relever de la sorcellerie que d'un complot bien terrestre. La série interroge aussi la culpabilité et les secrets enfouis, chaque victime potentielle semblant liée par un passé commun dont Mark ignore encore toute l'étendue.
Le Cheval pâle est le nom de l'auberge isolée où résident les trois femmes soupçonnées de pratiquer une forme de magie noire capable de provoquer la mort à distance, un lieu qui devient le centre de gravité mystérieux de toute l'intrigue.
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