Rachel est une journaliste d'investigation à Seattle dont la nièce adolescente meurt dans des circonstances mystérieuses avec trois amis, après avoir regardé une mystérieuse cassette vidéo. La légende dit que quiconque visionne cette cassette reçoit un appel téléphonique lui annonçant sa mort dans sept jours. Rachel retrouve la cassette, la regarde — et reçoit l'appel. Elle a désormais sept jours pour percer le secret de cette vidéo maudite, remonter jusqu'à son origine et briser la malédiction avant qu'il ne soit trop tard pour elle et pour son jeune fils.
Le Cercle est le remake américain du film japonais Ringu (1998) de Hideo Nakata, lui-même adapté du roman «Ring» de Koji Suzuki, publié en 1991. Le succès international de Ringu — qui avait redéfini les codes du film d'horreur asiatique et créé un sous-genre entier de J-Horror — avait immédiatement attiré l'attention des studios américains. DreamWorks et BenderSpink ont acquis les droits et confié la réalisation à Gore Verbinski, alors connu pour ses publicités et son premier film Mouse Hunt (1997). Le scénario américain de Ehren Kruger conserve la structure centrale de l'original — la cassette maudite, les sept jours — en l'adaptant à un contexte culturel américain et en approfondissant la backstory de Samara, la mystérieuse fillette au cœur de la malédiction.
Résumé des critiques professionnelles : Le Cercle a reçu des critiques très positives, la presse saluant la maîtrise atmosphérique de Gore Verbinski — cette façon de créer une angoisse diffuse et tenace bien au-delà des simples sursauts — et la performance sobre mais bouleversante de Naomi Watts. Beaucoup l'ont qualifié de remake qui égale voire dépasse son original japonais dans certains aspects.
Réception du public : Le film a été un triomphe commercial, rapportant 249 millions de dollars au box-office mondial pour un budget de 48 millions. Il a relancé l'intérêt d'Hollywood pour les remakes de films d'horreur asiatiques et a créé une vague de J-Horror américanisés.
Récompenses obtenues : Le film a reçu plusieurs nominations dans les cérémonies spécialisées en horreur, notamment les Saturn Awards, et a été salué comme l'un des meilleurs films d'horreur du début des années 2000.
Inspirations du réalisateur : Gore Verbinski voulait créer une atmosphère de malaise environnemental total — pas seulement des scènes de peur ponctuelles mais un univers entier baigné dans une lumière vert-gris, humide et froide, où la menace semblait imprégner chaque objet, chaque pièce. Il a travaillé avec le directeur de la photographie Bojan Bazelli pour créer cette palette visuelle unique.
Anecdote sur une scène particulière : La scène dans laquelle Samara sort de la télévision — l'image probablement la plus iconic du film d'horreur des années 2000 — a nécessité un tournage complexe avec l'actrice Daveigh Chase, dont les mouvements ont été modifiés numériquement pour obtenir cette façon inhumaine d'avancer. L'effet final a inspiré des dizaines d'imitations dans la culture populaire.
Le Cercle explore la malédiction virale — la cassette se propage comme un virus, chaque spectateur devenant potentiellement un vecteur de contamination. Cette métaphore de la contagion des médias est au cœur du film : c'est la vidéo elle-même qui tue, la technologie comme vecteur du mal. Le film aborde aussi la maternité sacrificielle — Rachel qui met tout en jeu pour protéger son fils. La violence faite aux enfants — l'histoire de Samara dit une enfance de souffrance et d'abandon — est le moteur émotionnel de toute la malédiction. Enfin, le film interroge la culpabilité face à la transmission du mal : que faire quand survivre implique de condamner quelqu'un d'autre ?
Rachel comprend que la seule façon de briser la malédiction est de faire des copies de la cassette et de les montrer à d'autres personnes — transmettant ainsi la malédiction pour la diluer. Cette résolution est délibérément ambiguë sur le plan moral : Rachel survit en condamnant potentiellement d'autres. La toute dernière image — Aidan qui regarde sa mère avec un regard qui suggère qu'il sait ce qu'elle a fait — est l'une des fins les plus glaçantes et les plus honnêtes de l'horreur américaine contemporaine.
The Ring (le cercle ou l'anneau) fait référence à plusieurs éléments simultanés : le cercle noir visible dans les images de la cassette, l'anneau qui se forme dans l'eau, et métaphoriquement la «chaîne» de contamination que la malédiction crée — chaque victime transmettant le virus à la suivante. Ce cercle est aussi une métaphore du destin cyclique et inéluctable : la mort tourne en rond, et personne ne peut en sortir.
Le Cercle reste l'un des films d'horreur les plus influents des années 2000, ayant déclenché une vague de remakes américains de films d'horreur asiatiques. Naomi Watts a depuis confirmé son statut d'actrice de premier plan. Gore Verbinski a ensuite réalisé la saga Pirates des Caraïbes. Une suite, Ring (Rings, 2017), a reçu un accueil très défavorable. L'original reste disponible en VOD.
Le Cercle est le remake du Ringu (1998) de Hideo Nakata — le voir après l'original est une expérience comparative fascinante. Pour la J-Horror americanisée, Ju-On : The Grudge (2004) de Takashi Shimizu suit exactement le même chemin de remake. Sinister (2012) de Scott Derrickson ou It Follows (2014) de David Robert Mitchell s'inscrivent dans la même veine de l'horreur atmosphérique à concept. Une suite, Le Cercle : Deux (2005), et un troisième volet, Rings (2017), ont suivi.