Charles, écrivain alcoolique reclus dans sa maison isolée, voit débarquer un jour un visiteur étrange qui se présente comme étant son propre cancer, venu personnellement l'informer de sa gravité. Cette incarnation insolite de la maladie s'installe progressivement dans son quotidien, l'obligeant à affronter directement sa propre mortalité à travers un dialogue absurde et grinçant. Sa gouvernante, témoin impuissante de cette situation surréaliste, tente de préserver un semblant de normalité au sein du foyer. Le film mêle avec un humour noir caractéristique réflexion existentielle sur la maladie et fantaisie surréaliste.
Bertrand Blier souhaitait aborder le sujet grave du cancer à travers un dispositif totalement inattendu, donnant littéralement corps à la maladie sous la forme d'un personnage à part entière venu dialoguer avec le malade. L'idée originale, profondément singulière, permettait au réalisateur de traiter avec un humour noir caractéristique un sujet habituellement traité avec gravité au cinéma. Blier, fidèle à son goût pour l'absurde et la provocation, a voulu construire un dialogue philosophique sur la mortalité sous une forme totalement inédite. Le scénario explore la relation complexe entre le malade et sa maladie personnifiée, oscillant entre confrontation et étrange complicité. Jean Dujardin et Albert Dupontel ont été choisis pour incarner ce duo improbable entre l'écrivain et l'incarnation de son propre cancer. Le tournage s'est déroulé dans une maison isolée, décor unique renforçant le huis clos existentiel du récit.
La critique s'est montrée partagée, certains saluant l'audace radicale du dispositif tandis que d'autres jugeaient le concept too étrange ou difficile d'accès pour le grand public. Plusieurs observateurs ont souligné la performance habitée de Jean Dujardin, dans un registre éloigné de ses rôles comiques habituels. Albert Dupontel a également été remarqué pour son interprétation singulière de l'incarnation du cancer. D'autres critiques ont salué l'originalité totale du concept, rare dans le cinéma français contemporain. Le public s'est montré déconcerté par l'étrangeté du dispositif, le film ayant trouvé un succès commercial limité malgré la notoriété de son casting. De nombreux spectateurs ont néanmoins salué l'audace du sujet traité avec autant d'originalité. Le film a surtout trouvé un écho favorable auprès des amateurs habituels du cinéma de Bertrand Blier. Sa réception reste profondément clivante, à l'image de l'ensemble de la filmographie du réalisateur. Le film a reçu plusieurs nominations aux César, notamment pour son scénario original totalement inédit. Jean Dujardin et Albert Dupontel ont été salués par certains critiques pour leur performance singulière. Le film n'a cependant pas remporté de récompense majeure lors de la cérémonie. Il reste cité comme une œuvre radicale et clivante dans la filmographie tardive de Bertrand Blier.
Bertrand Blier s'est appuyé sur son goût habituel pour l'absurde et la provocation pour construire ce dispositif totalement inédit personnifiant la maladie elle-même. Le tournage dans une maison isolée a permis de renforcer l'aspect huis clos existentiel voulu par le réalisateur pour ce dialogue philosophique singulier. Jean Dujardin a dû composer avec un registre dramatique inhabituel pour lui, loin de ses rôles comiques qui l'avaient révélé au grand public. Albert Dupontel s'est particulièrement investi dans la construction de son personnage insolite, incarnation à la fois menaçante et étrangement amicale de la maladie. Plusieurs scènes ont nécessité un savant dosage entre humour noir et gravité existentielle pour préserver l'équilibre voulu par Blier. Le tournage s'est globalement déroulé dans une ambiance habitée par l'exigence artistique caractéristique du réalisateur.
Le film aborde la confrontation avec la mortalité, l'alcoolisme comme fuite existentielle et le dialogue impossible mais nécessaire avec sa propre maladie.
Charles finit par accepter la présence de son cancer personnifié comme une part inévitable de son existence, choisissant d'affronter sa mortalité avec une forme de dignité résignée plutôt que de continuer à la fuir dans l'alcool, le film se concluant sur une acceptation mélancolique de la finitude humaine.
Le titre fait référence au bruit des glaçons dans le verre d'alcool de l'écrivain, symbole sonore récurrent de sa dépendance et de sa fuite face à la réalité de sa maladie.
Le film reste cité comme une œuvre radicale et clivante dans la filmographie tardive de Bertrand Blier.
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