Alice est une jeune femme d'origine modeste qui quitte sa campagne normande pour tenter sa chance dans le milieu de la mode à Paris. Lors d'une escapade estivale, elle rencontre Antoine, un jeune homme issu de la haute bourgeoisie parisienne passionné de photographie. Une idylle passionnée s'installe rapidement entre eux, ouvrant à Alice les portes d'un univers feutré et intellectuel qu'elle ne connaît pas. Mais les barrières sociales invisible et les attentes de leurs familles respectives vont rapidement mettre leur amour à rude épreuve.
Le projet est issu d'une écriture originale menée par la réalisatrice Julie Lopes Curval, qui souhaitait explorer de front les mécanismes du déterminisme social à travers une romance contemporaine. L'idée originelle était de filmer la trajectoire d'une jeune femme qui s'émancipe par l'art et le travail manuel d'excellence. La cinéaste s'est inspirée de ses propres observations sur la persistance des classes sociales dans la société française actuelle, malgré une apparente mixité. L'apprentissage des métiers de la broderie fine a servi de colonne vertébrale pour nourrir l'évolution psychologique du personnage principal féminin.
La presse professionnelle française a accueilli le film de manière plutôt bienveillante, saluant la délicatesse de la mise en scène et la justesse de l'interprétation d'Ana Girardot. Plusieurs critiques ont apprécié le traitement nuancé des différences de classes, évitant ainsi les caricatures grossières habituellement liées à ce genre de récit. On a loué la beauté de la lumière et la mélancolie douce qui émane des décors normands. Le grand public, amateur de drames intimistes et de chroniques sociales ciselées, s'est montré réceptif à cette œuvre pleine de charme. Sans être un immense blockbuster commercial, le long-métrage a réalisé une carrière tout à fait honorable dans les salles d'art et essai. Le film a été présenté avec les honneurs dans plusieurs festivals nationaux de renom.
La metteuse en scène s'est inspirée des tableaux impressionnistes pour composer les plans de la première partie du film se déroulant sur les côtes de Normandie. La production a installé ses caméras dans de véritables ateliers de haute couture pour filmer les gestes précis de la dentelle avec un souci pointilleux d'authenticité. Lors du tournage des scènes de dîners bourgeois, les comédiens ont été invités à improviser certaines répliques pour accentuer le sentiment de malaise social d'Alice. Concernant la distribution des rôles, la complicité immédiate entre Ana Girardot et Bastien Bouillon lors des premiers essais a immédiatement convaincu la cinéaste de leur confier les rôles principaux.
Le long-métrage explore en profondeur le sentiment d'illégitimité sociale, le transfuge de classe et la quête d'identité artistique personnelle. Il met en lumière comment le milieu d'origine façonne notre rapport au monde, à l'art et influence durablement la trajectoire de nos sentiments amoureux.
La fin du film marque une rupture salutaire et une émancipation pour Alice, qui choisit de se concentrer pleinement sur son propre destin artistique plutôt que de se fondre dans le moule imposé par le milieu d'Antoine. Sa réussite professionnelle finale symbolise sa victoire personnelle et l'affirmation de son autonomie face au beau monde.
Le titre utilise une pointe d'ironie douce pour désigner la haute bourgeoisie parisienne tout en soulignant la fascination esthétique que ce milieu exerce sur l'héroïne à son arrivée.
Le long-métrage est régulièrement rediffusé sur les chaînes de télévision culturelles et reste étudié pour sa justesse sociologique et la qualité de sa direction artistique.
On peut rapprocher cette œuvre de chroniques amoureuses et sociales de la Nouvelle Vague ou de drames récents comme « L'Esquive » d'Abdellatif Kechiche pour son regard acéré sur la jeunesse.