Charlie Hinton est un père au foyer dépassé par les événements qui se retrouve à devoir gérer seul ses enfants turbulents lorsque sa femme doit partir en déplacement professionnel. Sa vie vire au chaos total lorsqu'il doit également s'occuper du fils de sa voisine, un petit garçon adorable mais d'une énergie dévastatrice. Eddie Murphy retrouve son registre de comédie familiale dans ce film grand public sur les joies et les catastrophes de la paternité moderne.
Le Beau Gosse — titre original Daddy Day Camp — est la suite directe de Daddy Day Care (2003), comédie familiale avec Eddie Murphy qui avait rencontré un joli succès au box-office. Le projet de suite s'est développé naturellement dans le sillage de ce succès, cherchant à reproduire la formule tout en proposant un cadre différent — un camp de vacances plutôt qu'une garderie — pour renouveler les situations comiques. Betty Thomas, réalisatrice connue pour des comédies populaires comme Doctor Dolittle (1998) et 28 jours (2000), a été choisie pour ce registre de comédie familiale accessible. Le scénario, axé sur les catastrophes en cascade d'un camp de vacances mal géré, visait le même public familial que le premier film tout en amplifiant la dimension physique et visuelle de l'humour.
Résumé des critiques professionnelles : Le Beau Gosse a reçu des critiques particulièrement négatives, les journalistes le citant parmi les films les plus faibles de l'année 2007. Rotten Tomatoes lui a attribué un score d'environ 5 %, un résultat peu enviable. La presse a regretté l'absence d'Eddie Murphy du premier film et la qualité médiocre du scénario, jugeant le film en dessous des standards minimaux de la comédie familiale américaine.
Réception du public : Le public, en particulier les familles avec de jeunes enfants, a cependant accordé au film une attention plus clémente que la critique, le film ayant réalisé 13 millions de dollars au box-office malgré ses piètres notes critiques. Les enfants, moins exigeants sur la construction narrative, ont été sensibles aux gags physiques.
Récompenses obtenues : Le Beau Gosse a été nommé dans plusieurs catégories des Razzie Awards — les anti-Oscars récompensant les pires films de l'année — confirmant la sévérité du jugement des professionnels.
Difficultés de production : Le défi principal de la production a été de remplacer Eddie Murphy, qui avait incarné le personnage central dans le premier film et qui n'était pas disponible pour la suite. Ce changement de casting a contribué à déstabiliser une franchise qui reposait largement sur la personnalité et le charisme d'un acteur particulier.
Le Beau Gosse aborde avec légèreté la question de la paternité et du rapport des pères à leurs enfants dans une Amérique contemporaine où les rôles parentaux évoluent. Le film traite de la compétition entre les générations et entre des styles éducatifs différents, en opposant une vision décontractée et aimante de l'éducation à une conception plus stricte et militaire. La notion de transmission — ce que l'on transmet à ses enfants, que ce soit des valeurs ou simplement du temps et de l'amour — est le fil thématique le plus sérieux d'une comédie qui n'en fait pas grand usage.
La résolution de Le Beau Gosse est conforme aux attendus du genre : le camp est sauvé, les enfants sont heureux, le père a prouvé ses capacités et la famille est réconciliée. Cette fin prévisible et rassurante est exactement ce que cherche le public cible de cette comédie familiale — une confirmation que tout finit bien et que l'amour parental surmonte tous les obstacles.
Le titre français Le Beau Gosse constitue une traduction très libre du titre original Daddy Day Camp, perdant la référence au camp de vacances mais gagnant une ironie affectueuse sur le personnage du père débordé qui se prend pour plus compétent qu'il ne l'est. Ce titre joue sur l'autodérision et l'humour bon enfant qui caractérise le registre de la comédie familiale grand public.
Le Beau Gosse reste l'une des sorties les moins mémorables de la filmographie d'Eddie Murphy et de Betty Thomas, et n'a pas engendré de troisième volet. Il est surtout connu dans les cercles cinéphiles comme un exemple de suite inutile d'une franchise modeste. Eddie Murphy a depuis connu un renouveau critique avec Dolemite Is My Name (2019) et son retour dans la saga Bad Boys et Un prince à New York 2 (2021).
Daddy Day Care (2003), le premier film de la franchise avec Eddie Murphy, est le compagnon naturel de ce volet. Les Trois Hommes et un Couffin (1985) et sa suite sont les ancêtres français du genre du père dépassé par la paternité. Le Père Noël est une Ordure ou Père et Flic (2010) explorent la même veine comique de la paternité mise à l'épreuve. Jack et Julie (2011) de Dennis Dugan avec Adam Sandler partage le même registre de comédie familiale tout public.