Jean-François est un homme trentenaire timide, maladroit et profondément romantique, mais totalement incapable d'aborder les femmes qui lui plaisent. Amoureux fou de la belle et insaisissable Élisabeth, il décide de prendre son destin en main pour briser sa solitude chronique. Il se tourne alors vers un ami exubérant et sûr de lui qui prétend détenir les secrets infaillibles de la séduction moderne. En appliquant des techniques de drague outrancières et contraires à sa vraie nature, Jean-François s'enfonce dans un engrenage de quiproquos sentimentaux cocasses et parfois douloureux.
L'idée originelle est née de l'observation ironique par le réalisateur Guy Mazarguil des nombreux guides de séduction et des coachs de drague qui ont fleuri au début des années 2000. Le cinéaste s'est inspiré de ses propres doutes sentimentaux et de ceux de son entourage pour écrire une comédie de mœurs moderne sur la misère affective urbaine. Il voulait explorer le décalage comique entre ce que la société impose aux hommes en matière de virilité et la réalité de leur sensibilité intérieure. L'inspiration est venue de la volonté de faire une comédie romantique à la française qui soit à la fois légère, touchante et un brin sociologique sur les relations amoureuses contemporaines.
La critique professionnelle a accueilli cette petite comédie de mœurs avec une bienveillance mesurée lors de sa sortie discrète en salles. Plusieurs journalistes ont salué la performance de Mathieu Demy, parfait dans son costume d'anti-héros touchant, gauche et un peu dépassé par les événements. L'humour axé sur les situations embarrassantes et les dialogues ciselés a été souligné comme le point fort du film. Toutefois, une partie de la presse a regretté un manque d'ambition visuelle et une trame narrative un peu trop prévisible qui rappelle certains téléfilms légers. Le public a réservé un accueil confidentiel au long-métrage, qui n'a pas bénéficié d'une large combinaison d'écrans à l'échelle nationale. Les spectateurs ayant fait le déplacement ont apprécié la fraîcheur du ton et la dimension attachante des personnages principaux auxquels il est facile de s'identifier. Le film a connu une seconde vie plus chaleureuse lors de ses exploitations en vidéo et sur les plateformes de diffusion. Il reste perçu comme une œuvre sympathique et sans prétention sur les névroses amoureuses. Le film n'a pas obtenu de distinctions ou de récompenses marquantes dans les festivals cinématographiques.
Guy Mazarguil s'est inspiré du cinéma de Woody Allen pour structurer ses dialogues rythmés et mettre en scène la névrose urbaine de son personnage principal. Les difficultés de production étaient principalement liées au budget restreint du film, ce qui a imposé un calendrier de tournage très serré de seulement quelques semaines en région parisienne. L'équipe a dû faire preuve de beaucoup d'ingéniosité pour maximiser les décors réels en intérieur. Une scène particulièrement amusante est celle du cours de drague en public, qui a donné lieu à de nombreuses improvisations de la part des comédiens, provoquant de grands éclats de rire sur le plateau. Pour le casting initialement prévu, le réalisateur avait pensé à d'autres visages de la comédie française avant que le choix évident de Mathieu Demy ne s'impose pour amener cette mélancolie indispensable au rôle.
Le long-métrage traite principalement de la quête d'authenticité dans les rapports amoureux et du danger de jouer un rôle pour plaire à tout prix. Il explore la timidité maladive, la solitude dans les grandes villes modernes et la pression sociale liée aux stéréotypes de genre masculins. Le film montre avec humour que la vulnérabilité et la sincérité restent les meilleures armes de séduction.
La fin du film voit Jean-François abandonner définitivement toutes les techniques de séduction artificielles qu'on lui a enseignées après avoir accumulé les catastrophes. C'est en se montrant totalement nu, maladroit et honnête face à la femme qu'il aime qu'il parvient enfin à la toucher profondément. Cette conclusion positive délivre un message classique mais efficace : le véritable amour ne s'obtient pas par la manipulation ou les faux-semblants, mais en acceptant ses propres faiblesses avec dignité.
Le titre fait référence de manière ironique aux prétendues règles scientifiques ou artistiques de la drague moderne que le film s'amuse à déconstruire point par point pour privilégier le hasard des sentiments.
Le film est parfois cité dans les dossiers thématiques qui analysent l'évolution de la comédie romantique française au début du XXIe siècle.
Changement d'adresse de Emmanuel Mouret, Des filles et des crosses, Mensonges et trahisons de Laurent Tirard.