Lansky nous entraîne dans les derniers mois de la vie de Meyer Lansky, le célèbre et richissime parrain de la mafia juive américaine. Retiré en Floride et se sachant traqué par le FBI qui soupçonne l''existence d''une fortune cachée, le vieil homme décide de briser le silence. Il fait appel à un écrivain à court d''argent, David Stone, pour lui dicter ses mémoires et révéler sa vérité sans fard sur le syndicat du crime. Un jeu psychologique intense s''installe alors entre le vieux gangster manipulateur, l''auteur fasciné et les agents fédéraux prêts à tout.
La genèse de ce projet possède une résonance intime très forte puisque le réalisateur Eytan Rockaway est le fils de Robert Rockaway, un historien et professeur qui a véritablement interviewé Meyer Lansky avant sa mort. L''idée originale est née des cassettes d''entretiens réelles et des anecdotes personnelles que le père du cinéaste avait accumulées. Rockaway a voulu s''éloigner des fresques mafieuses spectaculaires à la Scorsese pour se concentrer sur l''autopsie psychologique d''un vieillard face à ses regrets et sa légende. Le choix d''Harvey Keitel, figure mythique du cinéma de gangsters, s''est imposé comme une évidence pour incarner la dualité de ce génie des mathématiques devenu le cerveau de la pègre.
La critique professionnelle a accueilli le film de manière nuancée, mais a été unanime pour saluer la performance magistrale et magnétique d''Harvey Keitel. Les journalistes ont souligné la justesse de son interprétation, pleine de retenue et de menace feutrée. La reconstitution historique des années 1930 et 1940 à travers les flashbacks a également été jugée très élégante, bien que certains aient regretté une structure narrative un peu trop classique.
Le public d''amateurs d''histoires de la mafia a beaucoup apprécié cette plongée cérébrale et intimiste, louant le face-à-face passionnant entre Sam Worthington et Keitel. Les spectateurs ont trouvé fascinante l''explication des mécanismes financiers que Lansky a inventés pour blanchir l''argent du crime. Les retours saluent un film de gangsters intelligent qui fait la part belle à la psychologie.
Le film a été mis à l''honneur dans plusieurs festivals de films policiers et indépendants aux États-Unis, où la prestation d''Harvey Keitel a souvent été saluée par des prix honorifiques pour l''ensemble de sa immense carrière dans le cinéma de genre.
Le réalisateur s''est inspiré des véritables notes de recherche de son propre père historien pour écrire les dialogues ciselés des scènes d''interviews en Floride.
Le tournage a dû relever le défi de recréer le Cuba flamboyant des années 1950 en pleine déchéance mafieuse, le tout avec un budget indépendant en tournant la majorité des scènes de casino dans des décors rétro de l''Alabama.
Le long-métrage explore la mémoire déformée par le temps, le besoin de rédemption morale avant la mort, la création des structures financières modernes du crime organisé et le coût humain de l''ambition démesurée sur la vie de famille.
La fin montre Lansky s''éteindre paisiblement sans que le FBI n''ait jamais pu trouver la trace de ses prétendus 300 millions de dollars. David Stone publie le livre en protégeant les derniers secrets du parrain, laissant planer le doute quant à savoir si cette fortune mythique n''existait en réalité que dans l''esprit des fédéraux, ultime pied de nez du gangster à l''Histoire.
Le titre porte simplement le nom de famille de son protagoniste principal, Meyer Lansky, soulignant qu''il s''agit d''un biopic intime centré sur l''homme derrière le mythe criminel du "comptable de la mafia".
Le film reste une œuvre prisée des passionnés d''histoire criminelle américaine pour sa fidélité historique rare concernant les relations entre Lansky et Lucky Luciano.
Les amateurs de confessions mafieuses apprécieront The Irishman de Martin Scorsese ou le classique Le Parrain, 2e partie pour sa description de l''implantation des casinos américains à La Havane.