Anéantie par une tragédie personnelle qu'elle ne parvient pas à surmonter, Edee décide de tout quitter pour s'isoler dans une cabane reculée au cœur des montagnes du Wyoming, coupée de toute civilisation. Mal préparée à affronter la rudesse de cet environnement sauvage, elle se retrouve rapidement en grand danger lorsque l'hiver s'installe. Miguel, un chasseur local, la découvre à moitié morte de froid et de faim et décide de l'aider à survivre, sans chercher à percer le mystère de son isolement volontaire. Une relation de confiance prudente se noue peu à peu entre ces deux êtres marqués chacun par leurs propres épreuves.
Le scénario, écrit par Jesse Chatham et Erin Dignam, s'inspire de la volonté de raconter un parcours de deuil et de résilience à travers l'épreuve physique de la survie en pleine nature sauvage. Robin Wright, qui signe ici son premier long-métrage en tant que réalisatrice après plusieurs expériences derrière la caméra à la télévision, a choisi ce projet pour sa dimension intime et pour l'occasion qu'il offrait d'explorer un personnage féminin en reconstruction loin de tout artifice narratif.
La critique américaine a salué la sobriété de la mise en scène de Robin Wright ainsi que sa performance d'actrice, tout en jugeant le scénario parfois trop elliptique sur les raisons profondes de l'isolement de son personnage. Le public a apprécié la dimension contemplative du film et la beauté de ses paysages montagneux, même si le rythme volontairement lent a pu dérouter une partie des spectateurs habitués à des récits plus classiques. Le film n'a pas été distingué par des récompenses cinématographiques majeures mais a confirmé Robin Wright comme une réalisatrice à suivre, saluée pour ses débuts derrière la caméra.
Robin Wright a tourné le film en pleine nature, dans des conditions climatiques réelles particulièrement rudes, afin de restituer avec authenticité l'isolement et la vulnérabilité de son personnage face aux éléments. La réalisatrice a dû composer avec les contraintes d'un tournage en montagne, incluant de véritables chutes de neige et des températures extrêmes qui ont exigé une préparation logistique importante pour toute l'équipe. Robin Wright a expliqué avoir voulu limiter au maximum les dialogues explicatifs, préférant laisser le silence et l'image raconter la douleur de son personnage plutôt que de recourir à des scènes de flash-back trop démonstratives.
Le film explore le deuil et la difficulté de continuer à vivre après une perte insurmontable, à travers le choix radical de son personnage de s'isoler totalement du monde et de ses semblables. Il aborde aussi la résilience et la reconstruction progressive de soi, rendue possible par une rencontre inattendue et une solidarité silencieuse entre deux êtres blessés.
Edee finit par accepter l'aide de Miguel et par s'ouvrir progressivement à une nouvelle forme de vie sociale, sans pour autant renoncer entièrement à son besoin de solitude et de reconstruction personnelle. Le film se termine sur une note d'apaisement plutôt que de résolution totale, suggérant que la guérison du deuil est un chemin long et non un aboutissement définitif.
Le titre Land, littéralement « la terre » ou « atterrir » en anglais, renvoie autant à la nature sauvage dans laquelle s'isole Edee qu'à l'idée d'un ancrage retrouvé, celui d'une femme qui doit réapprendre à « atterrir » dans sa propre vie après le traumatisme qui l'a submergée.
Le film reste cité comme une étape marquante dans la carrière de Robin Wright, qui a depuis poursuivi son travail de réalisatrice en parallèle de sa carrière d'actrice.
Le film peut être rapproché d'autres récits de survie et de reconstruction en pleine nature comme Into the Wild ou Wild, avec lesquels il partage une réflexion sur l'isolement volontaire comme réponse à une douleur intérieure.