Hal Larson est un homme superficiel et ordinaire qui suit scrupuleusement les conseils de son défunt père en ne sortant qu'avec des femmes au physique absolument parfait. Sa vie bascule le jour où il se retrouve coincé dans un ascenseur avec un célèbre gourou de l'audiovisuel qui lui fait subir une séance d'hypnose thérapeutique inattendue. Désormais, Hal ne perçoit plus que la beauté intérieure des gens qui se matérialise physiquement à ses yeux sous les traits de mannequins somptueux. C'est ainsi qu'il tombe éperdument amoureux de Rosemary, une jeune femme d'une immense générosité qu'il voit comme une silhouette de rêve, alors qu'elle souffre en réalité d'obésité morbide.
La genèse de cette comédie romantique américaine découle d'un scénario original coécrit par Sean Moynihan et les frères Farrelly, désireux d'aborder le genre de la farce sous un angle plus moral et humaniste. L'idée originelle était de bâtir une critique humoristique du culte des apparences et de la superficialité de la société hollywoodienne du début des années deux mille. L'inspiration des réalisateurs est venue de leur volonté constante de mettre en scène des personnages marginaux ou atypiques en bousculant les canons traditionnels de la beauté au cinéma. Ils ont imaginé ce concept d'hypnose visuelle comme un outil narratif idéal pour confronter le spectateur à ses propres préjugés esthétiques du quotidien. Le film n'est inspiré d'aucun livre ou fait réel, s'inscrivant comme une pure fable moderne sur la tolérance amoureuse. L'écriture s'est attachée à équilibrer les gags visuels burlesques, marque de fabrique du duo de cinéastes, avec une véritable tendresse émotionnelle inédite dans leur carrière. L'inspiration provient également du désir de confier à l'acteur Jack Black son tout premier grand rôle principal romantique à Hollywood.
Au moment de sa sortie officielle sur les écrans du monde entier à la fin de l'année 2001, l'œuvre a reçu un accueil globalement bienveillant mais contrasté de la part de la critique professionnelle. La presse spécialisée a salué l'audace du concept et la tendresse surprenante des frères Farrelly, qui délaissaient pour une fois l'humour purement scatologique pour livrer un message humaniste touchant. Les performances de Jack Black, plein d'énergie, et de Gwyneth Paltrow, d'une grande douceur, ont été chaleureusement applaudies par les journalistes. Cependant, certaines associations et critiques ont exprimé des réserves, craignant que le film ne tourne involontairement en dérision les personnes en surpoids à travers certains gags physiques. La réception du public a été un magnifique succès populaire au box-office mondial, les spectateurs étant séduits par cette belle histoire d'amour drôle et originale. Le long-métrage a engrangé plus de 141 millions de dollars de recettes mondiales, rentabilisant largement son budget de production. Côté distinctions artistiques, le film s'est distingué lors des Teen Choice Awards en récoltant plusieurs nominations majeures.
Le tournage s'est déroulé principalement dans la ville de Charlotte en Caroline du Nord, offrant un cadre urbain chaleureux et authentique pour les aventures sentimentales du héros. Une anecdote de tournage mémorable concerne la comédienne Gwyneth Paltrow, qui a dû porter une combinaison de maquillage prothétique monumentale pesant plus de dix kilos pour incarner la véritable Rosemary. L'actrice a raconté avoir marché incognito dans le hall d'un grand hôtel vêtue de ce costume, constatant avec tristesse que les gens évitaient totalement son regard ou l'ignoraient poliment. Les difficultés de production comprenaient la gestion technique des trucages visuels nécessaires pour alterner constamment entre la vision magnifiée d'Hal et la réalité du monde extérieur. Une anecdote sur une scène particulière concerne la séquence de la piscine où Rosemary fait un plongeon mémorable qui vide la moitié du bassin. Les techniciens ont dû fabriquer un système de pompage d'eau ultra-rapide en coulisses pour simuler l'impact comique de la scène de manière parfaite.
Le long-métrage explore de manière satirique le thème du culte de l'apparence, de la superficialité masculine et de l'importance absolue de la beauté intérieure en amour. L'œuvre dresse une critique féroce des préjugés sociaux liés au poids et au regard destructeur de la société moderne envers la différence physique. Le concept du conditionnement psychologique constitue l'un des axes majeurs du récit, le héros devant déconstruire l'éducation matérialiste de son père pour grandir spirituellement. De plus, le film aborde avec beaucoup de sensibilité les thèmes de l'estime de soi, de la confiance en soi et de l'amitié masculine mise à l'épreuve par le changement de mentalité.
La fin du film culmine lorsque l'effet de l'hypnose prend fin brutalement à cause de l'intervention jalouse de Mauricio, le meilleur ami d'Hal, replongeant ce dernier dans la réalité visuelle ordinaire. Hal cherche désespérément à retrouver Rosemary, terrifié à l'idée de ne plus l'aimer maintenant qu'il peut voir son véritable physique de femme forte. Lorsqu'il arrive enfin devant elle alors qu'elle s'apprête à partir pour une mission humanitaire à l'étranger, son regard se pose sur elle sans aucun artifice psychologique. Hal réalise avec émotion que son amour pour elle est resté intact et inchangé, car sa bonté d'âme a définitivement transformé sa propre vision du monde. Il lui déclare sa flamme publiquement, s'excusant pour ses erreurs passées et lui promettant de l'accompagner dans son voyage. La scène finale montre le couple s'éloignant joyeusement sous les acclamations de leurs amis, Hal ayant définitivement trouvé le bonheur loin des critères superficiels d'autrefois.
Le titre français, ""L'amour extra large"", joue de manière humoristique et littérale sur la corpulence de l'héroïne tout en désignant la grandeur d'âme et la générosité du sentiment amoureux qui s'affranchit des barrières physiques. En anglais, le titre original ""Shallow Hal"" (Hal le superficiel) se focalise de manière ironique sur le principal défaut initial du héros qu'il devra corriger tout au long de son aventure initiatique.
Le long-métrage demeure une comédie incontournable du début des années deux mille, régulièrement rediffusée avec succès à la télévision pour son message positif sur l'acceptation de soi et la tolérance corporelle.