Éric et Ramzy sont deux laveurs de carreaux aussi maladroits qu'attachants, suspendus un soir au cinquante-deuxième étage de la Tour Montparnasse alors qu'ils accumulent un sérieux retard sur leur travail. Pendant ce temps, Stéphanie, en réalité l'organisatrice d'un plan machiavélique, prend en otage son oncle richissime et ses cousins lors d'un conseil d'administration nocturne, dans l'espoir de mettre la main sur sa fortune. Éric, tombé follement amoureux de l'une des victimes prises en otage, convainc son collègue Ramzy de tenter l'impossible pour sauver sa belle, sans posséder la moindre compétence héroïque pour y parvenir. Cette improbable tentative de sauvetage, parodiant ouvertement les grands films catastrophe hollywoodiens, va transformer la tour en terrain de jeu totalement chaotique.
La Tour Montparnasse infernale n'est pas tiré d'un livre mais d'un scénario original coécrit par Éric Judor et Ramzy Bedia eux-mêmes, aux côtés de Pierre-François Martin-Laval, Kader Aoun, Xavier Matthieu et du réalisateur Charles Nemes, marquant la toute première apparition du duo comique au cinéma en tant que personnages principaux après leurs succès à la télévision et sur scène. Le film assume pleinement sa filiation avec La Cité de la peur des Nuls, sortie sept ans plus tôt, revendiquant le même goût pour la parodie référentielle et l'absurde poussé jusqu'à ses limites les plus extrêmes. Le titre lui-même annonce cette démarche, mêlant les références explicites à Piège de cristal et à La Tour infernale, deux classiques du cinéma catastrophe et d'action américain des années 1970. Éric et Ramzy, qui s'étaient rencontrés en 1994 dans un bar avant de devenir un duo comique incontournable de la scène française, ont voulu transposer leur univers loufoque et potache habituel dans le cadre d'un long métrage parodiant ouvertement les superproductions hollywoodiennes. Le producteur Christian Fechner a soutenu ce projet ambitieux pour un budget de comédie française, permettant de recréer avec un certain sérieux technique les codes du film catastrophe qu'il s'agissait de parodier.
La critique s'est montrée partagée face à cette comédie assumément potache, certains observateurs saluant sa filiation avec l'esprit satirique du Splendid des années 1980 tout en reconnaissant un humour délibérément dénué de toute limite morale ou intellectuelle. D'autres critiques ont insisté sur le caractère générationnel du film, comparable selon eux aux comédies les plus débridées de Will Ferrell, des frères Farrelly ou de Sacha Baron Cohen, où c'est le personnage le plus abruti qui occupe le devant de la scène. Le travail de mise en scène de Charles Nemes a été relevé comme un atout technique indéniable pour ce type de comédie, capable de recréer avec un sérieux appliqué l'esthétique des films catastrophe parodiés. Le film a également été comparé de façon flatteuse à Dumb and Dumber pour sa déclinaison typiquement française de la comédie de duo de nazes confrontés à des méchants bien réels.
Le public a réservé un accueil très favorable au film, qui a rassemblé plus de deux millions d'entrées en France lors de sa sortie, se classant onzième film français le plus vu de l'année 2001. Les spectateurs ont particulièrement plébiscité l'énergie comique du duo Éric et Ramzy, ainsi que les nombreuses références parodiques aux grands films d'action et catastrophe américains disséminées tout au long du récit.
Le film a remporté le Prix du public au Festival d'humour de Montréal Juste pour rire en 2001, une reconnaissance décernée à Charles Nemes qui confirme l'accueil chaleureux réservé au film au-delà des frontières françaises. Devenu au fil des années un véritable film culte pour toute une génération, il a par ailleurs donné lieu à une préquelle, La Tour de contrôle infernale, réalisée par Éric Judor en 2016, qui n'a toutefois pas retrouvé le même succès populaire que l'original.
Éric Judor et Ramzy Bedia, qui s'étaient rencontrés dans un bar en 1994 avant de former leur duo comique, ont directement participé à l'écriture du scénario aux côtés de Charles Nemes, de Pierre-François Martin-Laval et des gagmen Kader Aoun et Xavier Matthieu, une équipe de talents réunis pour ce qui constituait leurs tout premiers pas au cinéma en tant que têtes d'affiche. Le film multiplie les références parodiques explicites à des classiques du cinéma d'action et catastrophe américain, notamment Piège de cristal, La Tour infernale, Matrix, Le Jeu de la mort, Indiana Jones et la Dernière Croisade et Speed, chacune de ces références étant détournée avec un humour volontairement absurde. Une séquence emblématique parodiant Speed met en scène des baskets censées exploser si leurs propriétaires ralentissent leur allure, un gag totalement dénué de logique mais assumé comme tel par les scénaristes. Le tournage a nécessité la reconstitution de décors en hauteur pour les scènes se déroulant sur la façade de la Tour Montparnasse, un défi technique important pour cette comédie au budget pourtant limité par rapport aux superproductions qu'elle parodiait. La musique du film a été composée par Jean-Claude Vannier, choix artistique surprenant pour une comédie aussi potache, qui a néanmoins contribué à l'ambiance générale du long métrage.
La Tour Montparnasse infernale explore avec un humour absurde et volontairement stupide les codes du film catastrophe et d'action hollywoodien, poussant la parodie jusqu'à l'accumulation délibérée d'incohérences et de non-sens assumés. Le film aborde aussi l'amitié virile entre deux personnages que rien ne prédestinait à l'héroïsme, contraints de se dépasser malgré leur incompétence manifeste pour tenter de sauver des vies. L'amour naissant et improbable occupe également une place importante, incarné par le coup de foudre d'Éric pour l'une des otages qui le pousse à sortir de sa zone de confort habituelle. Enfin, le film questionne, sur un registre purement comique, la cupidité et l'appât du gain à travers le personnage de Stéphanie, prête à orchestrer une prise d'otages sanglante pour s'emparer de l'héritage familial.
Après une succession de péripéties toutes plus absurdes les unes que les autres, Éric et Ramzy parviennent contre toute attente à déjouer le plan machiavélique de Stéphanie et à libérer les otages retenus prisonniers lors du conseil d'administration nocturne. Cette victoire improbable, obtenue davantage par chance et par accumulation de hasards heureux que par un véritable talent héroïque, confirme le statut de duo de bras cassés propulsés malgré eux au rang de sauveurs. Le film se referme sur une note résolument potache et festive, cohérente avec l'esprit d'ensemble du récit, sans jamais chercher à donner une véritable épaisseur dramatique à sa résolution finale.
Le titre La Tour Montparnasse infernale associe directement le nom du célèbre gratte-ciel parisien, décor principal de l'intrigue, au qualificatif infernale emprunté au classique du cinéma catastrophe américain La Tour infernale sorti en 1974. Ce titre-valise résume ainsi d'emblée la démarche parodique du film, qui transpose dans un cadre parisien bien réel les codes narratifs et visuels des grandes superproductions hollywoodiennes de films catastrophe et d'action. Le choix d'un gratte-ciel emblématique de Paris pour cette parodie ancre le film dans une identité résolument française, contrastant avec les décors américains habituels du genre qu'il s'emploie à détourner.
La musique du film a été composée par Jean-Claude Vannier, compositeur reconnu pour ses collaborations avec Serge Gainsbourg, un choix artistique qui a permis d'apporter une dimension musicale soignée à cette comédie par ailleurs résolument potache et parodique.
Sorti en France le 28 mars 2001, La Tour Montparnasse infernale a rassemblé plus de deux millions de spectateurs, devenant le onzième film français le plus vu de l'année. Le succès durable du film auprès de plusieurs générations de spectateurs a conduit à la réalisation d'une préquelle, La Tour de contrôle infernale, sortie en 2016 sous la direction d'Éric Judor, qui n'a toutefois pas retrouvé le statut culte de l'œuvre originale.
Les amateurs de cet humour potache et référentiel pourront se tourner vers La Cité de la peur d'Alain Berbérian, dont le film s'inspire directement dans son approche parodique de l'absurde, ou vers Dumb and Dumber des frères Farrelly, référence américaine incontournable du genre de la comédie de duo de personnages naïfs confrontés à des situations qui les dépassent complètement.