Dans le royaume légendaire de Mahishmati, un jeune homme prénommé Shiva découvre qu'il est le fils du grand guerrier Baahubali, héritier légitime du trône qui a été trahi et assassiné. Guidé par une mystérieuse femme guerrière, il apprend son héritage royal et s'engage dans une quête pour détrôner l'usurpateur Bhallala Deva qui a pris le pouvoir. Intercalant des flashbacks sur l'histoire de son père, le film déploie une épopée mythologique indienne d'une ampleur spectaculaire sans précédent dans le cinéma indien. Le premier volet d'un diptyque qui allait révolutionner le cinéma indien et conquérir le monde entier.
Baahubali est né de la vision de S.S. Rajamouli, l'un des cinéastes les plus admirés du cinéma indien, qui souhaitait créer une épopée mythologique à la hauteur des grandes fresques épiques de Hollywood — tout en ancrant le film dans la tradition narrative et visuelle du cinéma indien. L'idée de départ était simple mais vertigineuse : raconter l'histoire d'un royaume légendaire de l'Inde ancienne avec des moyens de production et des effets visuels qui rivaliseraient avec n'importe quelle production américaine. Le scénario, co-écrit par Rajamouli et son père V. Vijayendra Prasad, puisait dans la tradition des grandes épopées hindoues — le Mahabharata et le Ramayana — pour créer un récit original qui en respecterait l'esprit de grandeur morale et de conflits dynastiques. Le film a été tourné simultanément en télougou et en tamoul, deux des langues principales du cinéma indien du Sud, avant d'être doublé en hindi et dans d'autres langues pour une diffusion nationale et internationale. Le budget de cinq cents crores de roupies représentait à l'époque l'investissement le plus important de l'histoire du cinéma indien, signal clair de l'ambition démesurée du projet. Rajamouli avait pris deux ans pour développer le scénario et planifier chaque séquence avant le début du tournage, cherchant à atteindre une perfection formelle qui laisserait le public sans voix.
Résumé des critiques professionnelles : Baahubali a reçu un accueil critique exceptionnel en Inde et dans le monde, les journalistes saluant une œuvre qui repoussait les frontières du cinéma indien et démontrait que Bollywood — ou plus précisément le cinéma de Tollywood, l'industrie cinématographique telougou — pouvait rivaliser avec les plus grandes productions mondiales. La direction artistique, les effets visuels et la grandeur épique du film ont été particulièrement célébrés. À l'international, des critiques d'Hollywood ont salué la qualité de la production sans réserve.
Réception du public : Le film a connu un succès commercial absolument phénoménal, devenant le film indien le plus rentable de l'histoire à sa sortie avec des recettes dépassant six milliards de roupies. Il a attiré un public massif non seulement en Inde mais aussi dans les communautés indiennes de la diaspora mondiale et a même réussi à attirer un public non-indien curieux de découvrir ce phénomène cinématographique. La question "Pourquoi Katappa a-t-il tué Baahubali ?" posée à la fin du premier volet est devenue l'un des cliffhangers les plus commentés de l'histoire du cinéma mondial.
Récompenses obtenues : Baahubali a remporté de nombreux Filmfare Awards et National Film Awards, notamment pour ses effets visuels, sa direction artistique et son succès populaire exceptionnel. Il a été soumis à la sélection indienne pour les Oscars et a reçu des reconnaissances dans de nombreux festivals de cinéma asiatiques.
Inspirations du réalisateur : S.S. Rajamouli a déclaré s'être inspiré des grandes épopées hollywoodiennes — notamment Le Seigneur des Anneaux de Peter Jackson et Gladiator de Ridley Scott — mais aussi des traditions narratives de l'épopée hindoue et des peintures mythologiques indiennes pour créer l'esthétique visuelle unique de Baahubali. Il voulait que le film soit à la fois universellement accessible et profondément ancré dans la culture indienne.
Difficultés de production : Le tournage de la séquence d'ouverture — la cascade monumentale — a nécessité la construction d'une chute d'eau artificielle de plusieurs dizaines de mètres de haut qui a pris des mois à ériger. Les effets visuels du film ont mobilisé plusieurs studios spécialisés indiens et internationaux travaillant simultanément pendant plus de deux ans. Le tournage a duré plus de trois ans au total en raison de la complexité des séquences.
Anecdote sur une scène particulière : La séquence de la cascade du début du film, dans laquelle le jeune Shiva escalade à mains nues une cascade monumentale, est devenue immédiatement iconique. Rajamouli a déclaré que cette scène avait été l'idée originale de tout le projet — il avait imaginé un homme escaladant une cascade et avait ensuite construit toute l'histoire autour de cette image fondatrice.
Baahubali est une épopée sur le droit et le devoir du héros à réclamer son héritage et à rétablir une justice dynastique bafouée, dans la tradition des grandes narrations mythologiques de l'Inde ancienne. La fidélité et la trahison sont les forces morales centrales du récit, le destin du royaume de Mahishmati étant déterminé par la loyauté ou la déloyauté de ses guerriers et de ses conseillers. Le sacrifice comme valeur suprême — plusieurs personnages sacrifient leur vie ou leur bonheur pour protéger ce qu'ils aiment — est un thème omniprésent qui s'inscrit dans la tradition de l'épopée indienne. Le film explore également la question du pouvoir juste versus le pouvoir usurpé, opposant deux visions de la royauté : celle qui sert le peuple et celle qui opprime. La femme guerrière et la figure maternelle protectrice sont des archétypes féminins forts qui donnent au film une dimension plus complexe que le simple récit de chevalerie masculine.
Le premier volet se termine sur un cliffhanger monumental — la révélation que Katappa, le garde du corps le plus loyal du royaume, a lui-même tué Baahubali — sans fournir aucune explication, laissant le spectateur avec une question qui a littéralement occupé des millions de fans pendant deux ans. Cette fin est l'une des décisions narratives les plus audacieuses du cinéma mondial contemporain, Rajamouli ayant volontairement conçu le premier film comme une installation qui ne prend son sens complet qu'avec le second volet. La question "Pourquoi Katappa a-t-il tué Baahubali ?" est devenue un phénomène culturel en Inde et dans la diaspora mondiale.
Baahubali signifie littéralement en sanskrit "celui qui a des bras forts" ou "celui dont les bras sont puissants" — une désignation qui renvoie à la force physique et guerrière du héros mais aussi, dans la tradition épique hindoue, à la puissance morale et spirituelle d'un être d'exception. Ce titre ancre immédiatement le film dans la tradition de l'épopée mythologique indienne où les noms des héros décrivent leurs qualités essentielles. La légende désignée dans le titre original désigne à la fois le personnage et la tradition narrative dans laquelle il s'inscrit.
La bande originale de Baahubali, composée par M.M. Keeravani, est l'une des plus majestueuses et des plus épiques du cinéma indien contemporain. Keeravani a créé une partition orchestrale monumentale qui mêle les instruments traditionnels indiens aux orchestres symphoniques occidentaux pour créer un son unique correspondant à la grandeur visuelle du film. Le thème principal, repris sous différentes variations tout au long du film, est devenu l'une des musiques les plus reconnaissables du cinéma indien de la décennie. Les chansons du film — notamment Manohari et Sivuni Aana — ont connu un succès populaire extraordinaire bien au-delà du film lui-même, contribuant significativement à la fascination mondiale pour cette épopée.
La franchise Baahubali a transformé durablement le paysage du cinéma indien, démontrant que les productions du Sud de l'Inde pouvaient rivaliser avec Bollywood et même dépasser ses ambitions. S.S. Rajamouli est désormais reconnu comme l'un des plus grands réalisateurs du cinéma mondial contemporain, notamment depuis le succès international de RRR. Des projets d'adaptation en série télévisée de l'univers Baahubali sont en développement. Le film continue d'être étudié dans les écoles de cinéma comme exemple de storytelling épique à grande échelle.
Baahubali 2 : La Conclusion de S.S. Rajamouli (2017) est la suite directe et indispensable, qui répond à la question laissée ouverte par ce premier volet. RRR de S.S. Rajamouli (2022) est le film suivant du réalisateur et a connu un succès encore plus grand à l'international. Le Seigneur des Anneaux de Peter Jackson (2001-2003) est la référence épique hollywoodienne à laquelle Baahubali se compare le plus directement. Gladiator de Ridley Scott (2000) partage la même dynamique de l'héritier légitime qui doit reconquérir son trône contre un usurpateur. Enfin, Padmaavat de Sanjay Leela Bhansali (2018) représente une autre grande épopée du cinéma indien qui s'inscrit dans le sillage de Baahubali.