À l'aube de la Première Guerre mondiale, dans un village de Picardie, quatre orphelins inséparables, Lucas, Luigi, Lucien et Ludwig, forment la bande des Lulus au sein de l'abbaye de Valencourt. Lorsque l'orphelinat est évacué en urgence face à l'avancée du front, les quatre garçons manquent à l'appel et se retrouvent livrés à eux-mêmes derrière les lignes ennemies. Bientôt rejoints par Luce, une jeune fille séparée de ses parents, ils décident coûte que coûte de rejoindre la Suisse, ce « pays jamais en guerre ». Leur périple, empreint de toute l'innocence et la naïveté de leur âge, les confronte à une aventure à laquelle rien ni personne ne les avait préparés.
La Guerre des Lulus est l'adaptation cinématographique de la série de bandes dessinées à succès créée par le scénariste Régis Hautière et le dessinateur Hardoc, publiée chez Casterman depuis janvier 2013. Le projet est né de la découverte de la bande dessinée par Éric Boquého, producteur des Films du Lézard, qui a proposé le projet au réalisateur Yann Samuell, déjà auteur de plusieurs œuvres consacrées à l'enfance comme La Guerre des boutons. Yann Samuell explique s'être senti personnellement appelé par ce projet en repensant à une photographie célèbre d'un enfant perché sur un char lors de la Libération de Paris en août 1944, photographie représentant son propre père récemment décédé au moment où il préparait le tournage. Le réalisateur a pris certaines libertés par rapport à la bande dessinée originale, ajoutant notamment le personnage de Louison et une scène de guerre inédite, tout en restant fidèle à l'esprit général de l'œuvre de Régis Hautière, qui lui a laissé une grande latitude créative pour cette adaptation.
Le film a reçu un accueil critique globalement positif, salué comme une adaptation réussie de la bande dessinée originale, portée par un casting impeccable mêlant comédiens confirmés comme Isabelle Carré, Didier Bourdon et François Damiens, et jeunes acteurs convaincants. Certains observateurs ont toutefois établi une comparaison peu flatteuse avec le précédent film de Yann Samuell sur un thème similaire, La Guerre des boutons de 2011, jugé moins abouti par la critique. Le public s'est montré très enthousiaste, saluant l'émotion et l'humour du récit ainsi que la beauté des décors picards mis en valeur par la mise en scène. La Guerre des Lulus n'a pas été distinguée par des récompenses cinématographiques majeures, mais une suite est déjà écrite et pourrait voir le jour si le premier film rencontre son public.
Le tournage a débuté le 2 août 2021 dans les Hauts-de-France, notamment dans l'Aisne où l'abbaye de Saint-Michel-en-Thiérache a servi de décor à l'orphelinat, ainsi que dans la Somme et le Nord pour d'autres scènes clés du récit. Le personnage de Moussa, tirailleur du Dahomey interprété par Ahmed Sylla, apparaissait déjà dans une histoire courte des Lulus publiée en 2018 dans une revue picarde, mais sa présence a été jugée essentielle par le réalisateur pour cette adaptation cinématographique. Les auteurs originaux de la bande dessinée, Régis Hautière et Hardoc, ont laissé à Yann Samuell une grande liberté créative pour son adaptation, qu'il a lui-même qualifiée de « réappropriation » plutôt que de simple transposition fidèle. Le tournage a mobilisé un casting mêlant comédiens adultes confirmés et jeunes acteurs, tous habitués à travailler sous la direction de Yann Samuell, réputé pour sa capacité à diriger de jeunes interprètes.
La Guerre des Lulus explore l'innocence de l'enfance confrontée à la brutalité et à l'absurdité de la Première Guerre mondiale, ainsi que la solidarité et l'amitié indéfectible qui unit un groupe d'orphelins livrés à eux-mêmes. Le film aborde également les rencontres inattendues avec des figures marginales de la guerre, comme le déserteur allemand Hans, illustrant que l'humanité peut transcender les lignes de front. La quête d'un ailleurs pacifique, incarnée par le rêve de rejoindre la Suisse, traverse également tout le récit.
À la fin du film, les Lulus, accompagnés de Luce, parviennent au terme d'un périple semé d'embûches à échapper aux dangers de la guerre et à se rapprocher de leur objectif, la Suisse neutre. Cette conclusion, empreinte d'espoir malgré la gravité du contexte historique, célèbre la capacité de résilience et d'entraide de ces enfants livrés à eux-mêmes en pleine tourmente. Le film se termine sur une note ouverte, laissant entrevoir la possibilité d'une suite qui pourrait approfondir la suite de leurs aventures.
Le titre La Guerre des Lulus désigne le surnom collectif donné aux quatre orphelins Lucas, Luigi, Lucien et Ludwig, dont les prénoms commencent tous par la même syllabe, formant ainsi la bande unie des « Lulus ». Ce titre associe la légèreté enfantine évoquée par ce surnom affectueux à la gravité du contexte de la Première Guerre mondiale, contraste qui structure l'ensemble du récit.
Les amateurs de La Guerre des Lulus pourront se tourner vers La Vie et rien d'autre de Bertrand Tavernier, pour son évocation de l'après Première Guerre mondiale, ou vers Le Grand Voyage de Bill Douglas, pour son regard sur l'enfance confrontée aux bouleversements historiques.