Une équipe de scientifiques et de militaires américains se lance dans un projet technologique d'une ampleur sans précédent : renflouer l'épave du Titanic enfouie à près de quatre mille mètres de profondeur dans l'Atlantique Nord. L'enjeu est crucial, car les cales du paquebot mythique contiendraient un métal rare indispensable pour alimenter un système de défense laser ultra-secret capable de protéger le pays. Alertés par l'opération, les services secrets soviétiques décident d'intervenir en pleine guerre froide pour saboter la mission ou s'emparer du trésor. Une course contre la montre s'engage au milieu des tempêtes océaniques et des complots d'espionnage.
Le long-métrage est l'adaptation cinématographique du roman à succès à suspense écrit par Clive Cussler, publié en 1976 sous le titre Renflouez le Titanic !. L'idée originelle découlait de la fascination mondiale persistante pour le naufrage du paquebot, bien avant que son épave ne soit réellement découverte en 1985 par Robert Ballard. Le producteur Lew Grade a investi des sommes colossales pour concrétiser cette aventure technologique maritime sur grand écran. L'inspiration est venue de la volonté de créer un grand blockbuster combinant la guerre froide, l'espionnage géopolitique et l'ingénierie maritime spectaculaire. À l'époque, l'hypothèse que le navire soit resté intact au fond de l'eau permettait toutes les fantaisies scénaristiques.
La critique professionnelle a accueilli le film avec beaucoup de froideur et d'ironie lors de sa sortie sur les écrans. Les journalistes ont sévèrement pointé du doigt les faiblesses du scénario, jugé trop lourd et manquant de rythme dramatique malgré des enjeux géopolitiques majeurs. Si les maquettes du navire et les effets spéciaux de renflouement ont été salués pour leur ambition technique, ils n'ont pas suffi à sauver le film d'un sentiment d'ennui généralisé. Le producteur Lew Grade a déclaré après coup qu'il aurait été moins cher de vider l'océan Atlantique plutôt que de financer ce film. Le grand public a boudé les salles de cinéma, entraînant un échec financier cuisant au box-office mondial par rapport au budget investi. Les spectateurs ont été déçus par le manque d'action concrète et le traitement un peu trop austère de l'intrigue d'espionnage. Cependant, la séquence spectaculaire où le Titanic émerge enfin des eaux est restée gravée dans la mémoire des amateurs de cinéma de genre. Le long-métrage a trouvé au fil des décennies une place nostalgique chez les passionnés de l'histoire du Titanic. Le film n'a reçu aucune distinction positive majeure et a été nommé dans les premières éditions des cérémonies parodiques récompensant les pires productions.
Jerry Jameson s'est inspiré des grands films de divertissement catastrophe des années soixante-dix pour orchestrer les scènes de tension à bord des navires de surface. Les difficultés de production ont été catastrophiques pour le studio, le coût de construction d'une immense maquette réaliste du Titanic à l'échelle un quart ayant explosé les prévisions budgétaires initiales. L'équipe a dû bâtir un bassin d'eau géant spécial à Malte pour filmer les scènes maritimes complexes. Une anecdote de tournage rapporte que l'auteur du livre original, Clive Cussler, a été tellement furieux des modifications apportées à son histoire qu'il a refusé pendant des années que d'autres de ses romans soient adaptés au cinéma. Pour le casting, des acteurs respectés comme Jason Robards ont été engagés pour apporter une crédibilité dramatique aux rôles de commandants et de politiciens.
Le récit explore les tensions paranoïaques de la guerre froide, la militarisation de la recherche scientifique et la course aux armements entre les grandes puissances. Il traite également de l'obsession humaine pour le Titanic, perçu comme un symbole de démesure technologique brisé par la nature. La logistique industrielle et le dépassement des limites de l'ingénierie maritime constituent le moteur de l'intrigue.
La fin du film montre le Titanic enfin remorqué jusqu'au port de New York, accomplissant symboliquement son voyage interrompu en 1912. Cependant, lorsque les scientifiques ouvrent enfin les coffres secrets pour récupérer le fameux métal rare, ils réalisent que le minéral n'a jamais été chargé à bord du navire avant son départ de Southampton. Le précieux trésor était en réalité caché depuis le début dans un petit cimetière d'une île isolée. Cette conclusion ironique montre l'inutilité de cette guerre technologique et remet l'accent sur la dimension humaine de l'histoire.
Le titre français accentue la dimension de conflit militaire et d'affrontement sous-marin au cœur des grands fonds, tandis que le titre original, Raise the Titanic, décrivait de manière littérale l'objectif spectaculaire de la mission.
La bande originale magnifique composée par John Barry est unanimement célébrée comme un chef-d'œuvre absolu, son thème lyrique et nostalgique capturant à la perfection le mystère et la majesté tragique du paquebot émergeant des flots.
Le film suscite toujours l'intérêt des cinéphiles pour l'ambition démesurée de ses effets spéciaux physiques pré-numériques et sa place unique dans la filmographie liée au Titanic.
A la poursuite d'Octobre Rouge de John McTiernan, Le Mystère de la Stringray, Abyss de James Cameron.